15/04/2009

Et pourquoi pas une détente entre amis ?

De la part de Michel AMAND:

POUR UNE FOIS N'ATTENDEZ PAS DE CE BLOG UNE INFORMATION A CARACTERE SEXOLOGIQUE.

NOUS AURONS NOTRE ASSEMBLEE GENERALE LE VENDREDI 24 04 09. MAIS IL Y A UN TEMPS AUSSI POUR L'AMUSEMENT;

ET JE VOUS PROPOSE DE NOUS RETROUVER ENTRE AMIS LE DIMANCHE 26 04 09 POUR UN RALLYE EN VOITURE OU A MOTO. QU'ON SE LE DISE.

AU PLAISIR DE VOUS Y RETROUVER...

Le Président et les membres du Lions Club Bruxelles Saint Hubert vous invitent à participer à son
RALLYE TOURISTIQUE,
Convivial,
Familial,
Ludique,
DANS LE BRABANT WALLON ET ENVIRONS
Pour passer une après-midi dans la bonne humeur, l’amusement, la découverte…
A l’arrivée, il y aura possibilité de se restaurer ou de boire un verre entre amis (non compris dans l’inscription).
De plus, lors de la proclamation des résultats, de nombreux lots seront distribués.
L’ensemble des bénéfices réalisés sera intégralement destiné aux oeuvres que nous soutenons.
PAF : 20€ par voiture (chauffeur compris)
10€ par moto
5€ par occupant supplémentaire
Pré-inscription : - jusqu’au 22 avril 2009
- par paiement au compte du LC Bruxelles Saint-Hubert : 068-2229172-42
avec la mention : Rallye 2009 + nom de l’équipage + nombre participants supplémentaires .
Inscription - sur le lieu de départ du rallye
Renseignements : Mail : willysenden@skynet.be ou pascal@leblois.be
Tél. : 02/660.33.38
Mobile : 0485/63.72.90
Départ : le dimanche 26 avril 2009 devant l’église de Corbais (plan en annexe) à 13h00.
Départ pré-inscrit : au même endroit avec votre feuille d’inscription remplie
Visitez aussi notre blog : http://lionsbsh.skynetblogs.be/
Empruntez la E411 sortie n°9 Corroy-le-grand.
Vous vous dirigez vers Louvain-la-Neuve et au rond-point prenez la nationale 4
vers Gembloux et Corbais.
Après 1.6 km, magasin Saint André sur votre droite, aux feux, avant Champion,
tournez à gauche vers Corbais ( rue Haute ).
Continuez tout droit et à la grande ferme blanche
sur votre gauche, prenez à droite à hauteur de la cabine électrique (rue de la
Tour, puis rue de l’Eglise).
Nous vous attendons sur le parvis de l’église.
Par la présente je m'inscris à participer au rallye touristique organisé par le Lions Club
Bruxelles Saint Hubert.
Tout au long du parcours, je m'engage à respecter le code de la route et celui de la
bonne conduite.
En aucun cas, le Lions Club Bruxelles Saint Hubert ne sera tenu pour responsable
de tout incident ou accident qui pourrait survenir lors de cette journée.
NOM PRENOM
ADRESSE
E-MAIL
Code Postal Localité
Tél: GSM:
N° plaque immatriculation du véhicule:
Nombre de passagers:
Date Signature
Equipage N°
RALLYE 2009 - INSCRIPTION

CETTE MANIFESTATION EST ORGANISEE AU PROFIT DES ENFANTS DU PENSIONNAT HENRI JASPAR DONT JE SUIS LE DIRECTEUR. EN EFFET, LES CHAMBRES DES ENFANTS ONT BESOIN D'ETRE REMEUBLEES, ET SANS SOUTIEN...

SI VOUS ETES INTERESSE, CONTACTEZ MICHEL AMAND 0475 43 37 06

19:29 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

06/03/2009

INAUGURATION DU SERVICE DE SEXOLOGIE A MONT GODINNE

A BLOQUER DANS VOS AGENDAS

                                                          

                       

 

 

 

 

 

 


Programme de la Matinée du 25/04/2009

 

« La médecine sexuelle au cœur de nos préoccupations »

 

 

08h30                                               Accueil

09h00      Prof P. Laloux                Introduction

                 Modérateurs : Dr Y. Mouton (UOAD) & M. Amand (SSUB)

09h20      Dr F. Godenir                  Sexologie et interdisciplinarité

09h40      Dr M. Osseman              « Pas ce soir, j’ai la migraine… »

10h00      Prof F. Lorge                  « Dysfonction sexuelle chez l’homme après chirurgie »

10h20                                                   Pause-café

                 Modérateurs : Dr P. Eeckeleers (SSMG) &Mme V. Nezer (Guidance UCL - LLN)

10h40      Prof Ph. Hanson             « Et nos patients handicapés, … »

11h00      Mme Ch. Etienne            Comment vivre sa sexualité avec « un sein en moins et

                                                        un cancer en plus ? 

11h20       Dr O. Donnez                 L’hystérectomie affecte-t-elle la sexualité ?

11h40       Prof Ch. Reynaert         Comment communiquer en Sexologie : une réflexion

                                                        éthique

12h00                                              Walking dinner

                                                              

 

Accréditation en éthique et en économie demandée

 

 

 ?

Cliniques UCL Mont-Godinne

Auditoires Spineux

Av. Dr G. Thérasse, 1

5530 YVOIR

 

Renseignements et inscription :

081/42.30.21

USS@uclouvain.be

 

18:17 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Conférence de Chris Paulis à Liège

vous convie à venir assister à la conférence
LES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES
par Madame Chris Paulis, Docteur en Anthropologie de l’Université de Liège
et Madame Khadidiatou Diallo, Présidente et fondatrice du GAMS Belgique
(Groupement pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles Féminines).
Le mardi 17 mars 2009 à 20h
à la Maison de la Laïcité de Liège
Rue Fabry 19 à 4000 Liège
entrée libre
Renseignements : 04/252.60.90 • ml-Fabry@teledisnet.be
LA MAISON DE LA LAÏCITÉ DE LIÈGE

17:53 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

COTISATIONS ABP

Les membres de l'ADES qui ont cotisé à l'ABP via l'ADES peuvent continuer à le faire en 2009.  Liesbeth MANALIS paie la cotisation de l'association à l'ABP, moyennant quoi, nous pouvons encore cotiser à l'ABP via l'ADES, au prix de 50€ au lieu de 62,50€ comme individu isolé.

 

Pour les années suivantes, nous informerons les membres de la procédure qui sera envisagée.

 

Michel AMAND

Président.

17:48 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2009

L'ADES A REMPLI SA TÂCHE

Chers amis, chers collègues,

 

Le 13 mars 1997, un groupe d'étudiants de l'Institut d'Etudes de la Famille et de la sexualité de l'Université de Louvain-la-Neuve, soutenus par quelques enseignants, déposaient les statuts de l'ADES, Association des Diplômés et Enseignants en Sciences de la Famille et de la Sexualité. Leur but, favoriser une réflexion anthropologique au sens large et des pratiques préventives et curatives en matière de famille et de sexualité.

Durant plus de dix ans, grâce en particulier à Colette Jadot qui en assurait le secrétariat, mais aussi à tous ses administrateurs successifs,l'association s'est montrée dynamique sur les fronts de ce champ d'activités.  Et puis les canaux de communication ont changé, les relais avec le corps professoral de l'Institut se sont peu à peu fatigués, les nouveaux membres se sont fait plus rares, tandis que les objectifs principaux de l'asbl étaient relayés par d'autres et que la nécessité de fédérer les forces apparaissait.  La reconnaissance du statut et du titre de sexologue ont été repris comme thème de lutte par la SSUB.  La Société des Sexologues Universitaires de Belgique s'ouvrait aux chercheurs et enseignants.  Elle devenait de plus en plus cette instance fédératrice dont nous avions besoin en Belgique francophone. L'ouverture en parallèle à des associations plus larges comme l'ASCliF (Association des Sexologues Cliniciens Francophones ) ou la BeSSM ( Société Belge de Sexologie Médicale ) avec développement de synergies efficaces notamment dans l'organisation de colloques en 2005 à Bruxelles, en 2007 à Mons et en 2009 à Bruxelles, répondait à un des objectifs de l'ADES.

Nous avons donc remplacé le bulletin papier envoyé par poste, par une information faite de mails et d'annonces ou de textes publiés sur le blog. Celui-ci n'a certes pas toujours été optimal, mais j'ai enfin pu recevoir les mots de passe nécessaires et c'est avec plaisir que je l'utilise à nouveau. Nous avons décidé de supprimer les cotisations des membres en 2009, puisque nous avions diminué les frais. Et aujourd'hui le projet serait de fusionner nos forces avec celles de la SSUB. Nous amènerions dans notre pannier queques économies, mais aussi un savoir faire dans trois domaines:  organisation de séminaires de réflexion ou de formation; rubrique d'information en temps réel et blog interactif.  

Les échéances se rapprochent et les administrateurs vont bientôt proposer ce processus à l'Assemblée Générale.  Les 28 membres en ordre de cotisation 2008 seront invités à se prononcer mais d'ores et déjà, si vous souhaitez réagir, vous ppouvez adresser vos mails au secrétariat (ades.asbl@hotmail.com), m'envoyer un mail à michel.amand@telenet.be ou utiliser l'espace de messages et de commentaires du blog.

Bonne réflexion

 

Michel AMAND

Président de l'ADES

   

21:43 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/04/2008

conférence du 19 mars 2008 à l'ADES: Sabrina BAUWENS

Couple et plaisir.

 

J’ai été extrêmement étonnée quand l’ADES m’a proposé de faire une intervention ce jour. En effet, qu’est-ce que moi, petite sexologue liégeoise, pouvait apporter à son assemblée avec ses 6 années de pratique et de recherches sexologiques ?

Pourtant j’ai accepté et avec les semaines qui défilaient, je me suis vite dit qu’il y avait d’innombrables choses à dire, voire que les 20 minutes qui m’étaient accordées n’allaient pas être suffisantes. Ma curiosité et mon regard sur le monde ont pris le dessus pour me pousser à jeter les mots sur le clavier. Mais dans quel ordre les mettre ? Comment orchestrer mes idées ? Qu’importe, je me lance, je lâche prise comme on dit chez nous…

 

Je vais donc vous proposer une réflexion personnelle, basée sur ma pratique mais aussi sur les nombreuses expériences professionnelles que j’ai pu acquérir pendant ces années : collaboration avec des journalistes, études de tendances, collaboration avec la France ou le Japon, …

 

Loin de moi l’idée de critiquer, de faire des amalgames ou des généralisations, juste vous livrer des observations, des impressions qui bercent mon quotidien et peut être aussi le vôtre…

 

Couple et plaisir :

 

Voilà deux thèmes magnifiques, vastes, décortiqués par tous depuis des siècles et qui, pourtant, sont toujours indémodables. Certains m’ont soufflé que les sujets étaient « bateau », presque surannés, que tout avait été dit depuis longtemps. Je restais sceptique …

Deux mots pleins d’images, de fantasmes, de rêves et d’illusions. Chaque être humain ne peut les entendre titiller à son oreille sans avoir immédiatement une émotion ou un souvenir qui lui saute à la tête.

Ces mots sont le sujet de livres, revues, articles, émissions de télévision et radio, études, poèmes, peintures, mais encore de conférences, débats, tables rondes, colloques, de symposiums… Et j’en oublie certainement. Tout le monde a quelque chose à dire, à rajouter, à approfondir sur la question.

 

Et pourtant, malgré ces années de paroles et d’écriture, les cabinets de sexologues et autres spécialistes ne désemplissent pas d’hommes et de femmes mal dans leur couple, mal dans leur plaisir. Après autant de pages et de mots sur le sujet du plaisir dans le couple, on n’a toujours pas trouvé les solutions, les pistes pour les aider. Le chemin du plaisir à deux ressemble plutôt à la route de briques jaunes dans le « Magicien d’Oz » au lieu d’un Thalys nommé Nirvana.

 

Après pas mal d’années universitaires et d’études approfondies sur le sujet, je pensais pouvoir aborder la chose avec mes patients. Voilà pourtant 6 années que je suis en perpétuelle évolution, questionnement à ce sujet.

Qui sont les couples d’aujourd’hui ?

De quoi ont-ils besoin pour évoluer ? Et pour nourrir leur sexualité ?

Ont-ils enfin trouvé le chemin du plaisir ?

Savent-ils comment fonctionnent leur corps et leur sexualité ?

 

La liste de questions peut encore continuer…

Et le pire, c’est que les réponses sont noires et décourageantes : Les couples sont perdus, déséquilibrés, paumés dans cette société qui les font courir dans touts les sens. Ils n’y trouvent plus ou peu de repères, en ont une vision galvaudée, leur réalité est tronquée, ils sont partis dans un marathon à la performance.

 

Prenons un peu de hauteur et regardons la société médiatique et internautique.

Le sexe et son cortège de plaisir sont omniprésents. Le mot sexe est le plus tapé sur Google (recherche du mot SEXE sur Google = 300 millions de pages, contre 6 millions pour PORNOGRAPHIE). On cherche donc sur Internet une source de plaisir, une explication à son manque de libido, qui est devenu une des raisons les plus courantes de séparation dans les couples, avant même une recherche d’emploi ou de logement.

 

La plupart des couples ne s’arrêtent pas là, achat de magazine féminin, masculin, de santé pour trouver la recette miracle d’un plaisir constant qui sauvera leur couple de la routine de la vie. Les programmes de TV sont aussi fouillés pour ne pas manquer l’émission sur ce sujet brûlant.

 

Les sources de soi-disant information sexologique foisonnent et noient la population. Combien ne sont il pas dans nos salles d’attente, la peur au ventre, venant déverser leur plainte de ne pas être comme leur couple d’ami ou encore de ne pas jouir comme dans les magazines ou les films porno ? Beaucoup trop malheureusement…

 

Allons encore un peu plus loin… arrêtons-nous sur le vocabulaire d’aujourd’hui qui est là pour soi-disant aider, pour définir les choses du sexe.

Le plaisir doit être profond, exaltant, transcendant, jouissif, explosif, ardent, violent, … Non je n’ai pas pris le dictionnaire des synonymes, j’ai juste regardé dans quelques revues de ces dernières semaines. Chaque mot donne une couleur différente au terme plaisir, chacun y voit ce dont il rêve et non la réalité corporelle, physiologique de cette réaction humaine. Les gens vivent leur sexualité comme en regardant la « Star Académie » : dans un rêve de perfection, de luxe, sans contrainte ni questionnement.

Combien de frustration de ne pas voir les murs trembler dans une chambre illuminée de feux d’artifices par la fusion des corps brûlants, réveillant par la même occasion la bête qui est en nous. Voilà comment une de mes patientes est venue me dire en pleurant : « Moi je n’ai pas ça, je suis donc anormale, sauvez-moi… »

Ne parlons même pas des fausses rumeurs de découvertes sexologiques… il parait que les femmes auraient 2 points G, l’un tout aussi détectable que l’autre, comme sur une carte routière, elles pourraient éjaculer sur demande et vivre des orgasmes de plus de 20 minutes.

 

Combien de couples, d’hommes, de femmes ne sont pas perdus se voyant définis comme « hétérosexuel », « bisexuel », « homosexuel », mais aujourd’hui on va plus loin en parlant de « Métrosexuel » (Autrement dit, le métrosexuel est un homme urbain de n'importe quelle orientation sexuelle ayant un sens développé de l'esthétique, qui dépense énormément de temps et d'argent dans son apparence et son style de vie) ou de « übersexuel » (über signifiant en allemand « au-dessus de ») est un homme à l'apparence macho ou virile, mais qui l'entretient soigneusement. De type barbe de trois jours, poils dépassant de la chemise, l'homme se tourne un peu moins vers lui-même et un peu plus vers les autres).

Alors, quand on découvre des articles parlant d’androgynes, d’hermaphrodites, de travestis, transsexuels, drag king, drag queen, transformistes, new half ou encore shemales, avouez qu’il y a de quoi y perdre son latin.

 

Les magazines et autres démonstrations « Upper at home » (sorte de démonstrations « tupperware » du sexe à domicile) nous font là aussi rentrer dans un monde digne de celui d’Alice au pays des Merveilles. La sexualité, l’érotisme rime avec : Butt Plug, de Love Pillows, Cockring, … Nous sommes là aussi bien loin des vibromasseurs vendus pudiquement dans les 3 Suisses sous le label de « masseur pour le cou et le visage » et des exercices de Kegel enseignés sur les bancs universitaires.

Les couples, pour avoir plus de plaisir, doivent utiliser encre au chocolat, huile de massage comestible, baume de plaisir, fouet « soft » et canard vibrant pouvant être connecté à son lecteur MP3. Des catalogues de plus de 50 pages présentent ces nouveaux joujoux (enfin pas si nouveau que ça pour certain…).

Quelques exemples :

  • Œuf vibrant en titane avec télécommande à distance

  • Vibromasseur de forme différente (lapin, dauphin, sainte vierge, fantôme, épis de maïs, sucette, chenille, pâquerette, sphère, pinceau, rouge à lèvre, …) lumineux, à tête tournante, rechargeable dans la voiture et waterproof

  • Godemiché en quartz rose avec queue de renard tintée

  • Menottes en cristaux

  • Culotte vibrante

 

Les sextoys (jouets sexuels) donnent l’illusion que la sexualité est un jeu d’enfant que l’on doit agrémenter des dernières trouvailles du moment. Une véritable mode faisant l’effet d’une vague déferlante. Ces objets sont actuellement vendus comme des révélateurs de jouissance pouvant guérir tous les problèmes sexologiques. Des techniques de vente à la pointe du marketing (couleurs, formes, produits éphémères, ..) et des formations pour démonstratrices sont mise au point pour faire parler les femmes de leur problème de couple pour leur faire signer un bon de commande pour un kit complet de réveil de plaisir perdu.

 

Au niveau littérature, en ce qui concerne les livres de vulgarisation, ce n’est pas non plus entre « La sexualité pour les nuls » et les « Osez » de la Musardine Paris que notre population va trouver une vision objective de son intimité. « Coucher pour réussir », « l’échangisme », « le triolisme », « Tourner son film X à plusieurs », « le SM pour tous » … sont présentés dans ces petits livres de poche comme simple et utile pour s’épanouir dans un couple.

 

Les positions sexuelles du Kama Sutra ont été revisitées pour plus de nouveauté. La poésie est au RDV mais rarement l’explication : Le bond du tigre, l’union de l’huître, étreinte du Panda, chameau étouffé, l’embrassement du lait et de l’eau, l’étoile du matin, l’étoile du soir, le mélange des graines de sésames et de riz, …

 

Je pourrais aussi vous parler de la notion de couple à proprement parler … Avant il y avait les couples mariés et les célibataires. Aujourd’hui, il y a d’innombrables possibilités d’être à deux.

Il y a le mariage, juste civil et/ou religieux, païen, celtique, médiéval, le contrat de cohabitation légale, les unions libres, les couples de vacances, les couples juste pour le sexe, les spécialistes des breaks à répétition, les « chacun chez soi » avec ou sans enfant, le foyer commun, les couples à distance, les couples virtuels d’Internet, les couples « Cleenex » (quand ça ne va plus, on change), etc.

 

Et puis, comme j’entends au moins deux fois par semaine dans mon cabinet : « Dite Madame, je dors déjà avec ma femme, je bosse, j’ai mes occupations, mes enfants, mes copains, … et vous me demandez de passer plus de temps avec ma femme pour approfondir notre intimité !!! Mais vous ne vous rendez pas compte, vous, c’est impossible, je n’ai pas le temps »

Il est important pour chaque conjoint d'avoir une vision claire des attentes personnelles projetées sur son couple. Quelles sont ces attentes ?

  • Un état amoureux permanent ?

  • Une sérénité permanente, l'absence de dissension ?

  • Une vie sociale active, une réussite professionnelle, avec l'appui du conjoint ?

  • Un lieu sécurisant pour les enfants ?

  • Une harmonie familiale englobant les parents, les enfants, les petits enfants ?

  • Une réussite financière ?

  • Un partage de loisirs ?

  • Une harmonie sexuelle ?

  • Une guérison radicale de ses problèmes personnels ?

Même si ce n’est pas représentatif du reste de la population, j’ai posé la question des attentes aux 17 couples suivis ces 6 derniers mois, des couples de 16 ans jusque 57 ans : aucun ne savait répondre à cette question et tous m’ont regardé comme si j’étais une extraterrestre.

Le couple d’aujourd’hui n’a plus le temps, veut tout tout de suite et est littéralement perdu dans son époque. Les plaintes sexologiques sont, pour la plupart d’entres eux, le manque de désir, de plaisir, lié à la peur, aux blocages de n’être pas comme les autres, anormal par rapport à la société, « culture » ambiante ou magazine hebdomadaire, qui rassure une semaine et angoisse la semaine suivante..

 

Les personnes viennent nous voir en dernier ressort car il est tellement plus facile d’aller voir le sexologue « Gaël », le sexologue « ami », le sexologue «  radio » ou pire, certaines démonstratrices de sextoys qui vient jusqu’à domicile. Nous pouvons dire qu’ils sont une sorte de concurrent, non sur un plan financier, mais sur l’objectivité et la réalité de leur information qui font bien trop souvent des ravages sur le public.

 

Il est donc grand temps pour nous, réels et officiels sexologues de s’informer sur ces multiples messages et nouveaux dictas de la sexualité de couple.

 

Comment me demanderez-vous ?

En travaillant en collaboration entre nous. Une réelle collaboration. Personnellement, j’ai tenté le coup sur Liège en proposant à quelques sexologues de se réunir une ou deux fois par mois pour aborder ce type de sujet. Mais rien n’a bougé, pas le temps, pas le besoin, chacun est resté dans son petit cabinet avec son savoir personnel.

 

Nous avons la chance de pouvoir utiliser des tremplins comme l’ADES pour justement faire passer des infos entre nous, confronter nos avis, nous enrichir, continuer nos réflexions, … et nous faire connaître du public en qualité de spécialiste. C’est ça aussi la formation « continue » des sexologues que nous sommes.

Utilisons la revue et le site Internet de l’ADES pour nous instruire mutuellement et faire connaissance de ces nouveaux détracteurs, des nouvelles tendances, objets, ouvrages que peut être nos patients auront en main.

Nous devons nous tenir au courant des nouveautés en matière de sexualité, de message de prévention, d’avancée scientifique auprès des plannings, centre de recherche, de statistiques, … que ce soit au niveau belge qu’européen.

 

Les choses bougent, vite, très vite, partout et tout le temps, nous nous devons, pour nos patients et pour nous même, d’être à la pointe de l’information.

Certains spécialistes en matière de tendance disent que nous entrons dans une nouvelle aire en matière d’intimité et d’érotisme. Il est grand temps de nous ouvrir et de retrouver notre curiosité d’étudiant, avide de savoir et de découverte.

 

Sabrina Bauwens

Sexologue

www.sexologieliege.be

 

 

5


 

17:50 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/04/2008

AUX ASSISES FRANCAISES DE SEXOLOGIE ET DE SANTE SEXUELLE

Conférence Assises Françaises de Sexologie et de Santé Sexuelle à Strasbourg du 3 au 6 avril 2008.


C'est le sujet d'une conférence interactive, gratuite et ouverte à tous, organisée aux assises françaises de sexologie le 4 avril 2008 à Strasbourg. L'amour, le couple, la sexualité sont les trois thèmes qui seront abordés par le Pr Pierre Costa (chirurgien urologue et président de l'AIHUS), le Pr Didier Jacqmin, les Drs Marie Chevret-Méasson et Sylvain Mimoun.

Nous avons tous au fond de notre cœur le souhait de rencontrer l'amour et de former un couple. Lorsque nous pensons avoir trouvé notre compagnon, nous défendons notre bonheur de toutes nos forces. Mais le temps qui passe, les problèmes quotidiens, les différences avec l'autre font que les crises s'installent. 
Alors, se posent les questions suivantes (qui seront abordées lors de la conférence) :


Le couple est-il fait pour durer ?

La plupart des psys pensent que le couple est fait pour durer… un certain temps. Ils estiment qu'il est facile à faire durer quelques années, mais que le couple pour la vie est bien plus difficile à faire tenir. C'est un rêve pour beaucoup d'entre nous, un rêve qui, si l'on veut le voir se réaliser, demande d'y investir de l'énergie. Car s'entendre parfaitement bien pour toute une vie, sans nuage, est impossible. Approcher cet idéal demande des ajustements permanents. C'est ce qui produit les crises de couple, les toutes petites crises comme les graves différents. L'ajustement est parfois facile, parfois douloureux, et quelquefois impossible. 



Devons-nous lutter pour lui ou nous séparer ?

La réponse n'est pas simple, car cela dépend de chacun. Lutter pour maintenir uncouple vaut la peine, sauf si l'on se sent se perdre dans cette lutte.
Les ajustements sont donc toujours possibles jusqu'à un certain point. Pour que la lutte pour le couple soit productive et positive, il faut que les deux partenaires s'ajustent et y trouvent chacun leur compte. Si l'un des deux écrase l'autre systématiquement, la rupture risque de survenir tôt ou tard. 
Ainsi, pour durer, un couple doit apporter à chacun de ses membres plus de positif que de négatif. Pour avoir envie de rester deux, il faut trouver des avantages affectifs, ou de toute autre nature, et ces bénéfices sont ce qui nourrit le couple. Ces avantages sont matériels, impossible de le nier, affectifs, sexuels, familiaux, sociaux, psychologiques...


Quelle est la place de la sexualité dans le couple et comment réagir lorsqu'un trouble sexuel apparaît ?

La sexualité est le lieu même du couple, la seule activité qui soit totalement spécifique au couple. Un problème sexuel peut parfois être le signe de difficultés de couple qui s'expriment alors à travers le corps dans cet espace sexuel. Mais des troubles sexuels, complètement médicaux au départ, peuvent aussi entraîner de grosses difficultés de couple et rejaillir sur la relation amoureuse des deux partenaires. Et cela se produit à cause des angoisses, des non-dits, des suppositions sur les origines du trouble. Ces suppositions peuvent par exemple être : ' Je ne suis peut-être pas à la hauteur '. ' Peut-être que l'autre me trompe '. ' Je ne suis plus désirable '. Ces suppositions ou les pensées que l'on prête à l'autre peuvent être totalement fausses et cependant entraîner une grave distance entre les deux partenaires du couple
Alors, réagir, c'est prendre en compte les problèmes et non se voiler la face en pensant que si l'on ne parle pas d'un problème, c'est qu'il n'existe pas.


Existe-t-il des solutions ?

Bien sûr, et les solutions sont de plus en plus pratiques. Traiter les troubles sexuels devient de plus en plus efficace (par exemple, les troubles de l'érection), mais aussi s'informer sur le fonctionnement sexuel et psychologique du couple. C'est ce à quoi s'applique la sexologie française actuelle pour que tous les individus et tous les couples vivent au mieux leur sexualité.

La médecine moderne et la sexologie se veulent optimistes et de grands progrès réalisés ces dernières années nous permettent d'espérer.


' Question d'amour ? Question de couple ?

Une conférence publique ouverte à tous, gratuite et interactive est organisée par l'AIHUS (Association Inter-Hospitalo Universitaire de Sexologie) à Strasbourg, au Palais des Congrès le vendredi 4 avril 2008 de 18h30 à 20 heures. 
Les intervenants répondront aux questions du public qui pourra les inscrire sur les papiers spécialement distribués de manière à conserver un anonymat respectueux.


31/03/2008

Dr Catherine Solano

18:57 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/03/2008

INSCRIPTION AU COLLOQUE IESF DES 18 ET 19 04 08

Différences des sexes et vies sexuelles d’aujourd’hui

Bulletin d’inscription

Colloque de l’Institut d’Études de la famille et de la sexualité des 18 et 19 avril 2008

Nom et prénom : ........................................................................................................................

Adresse : ..................................................................................................................................

.............................................................................. Téléphone :............................................

Profession : ...............................................................................................................................

О Participera au colloque et verse la somme de 55 € (en ce compris le repas sandwiches du midi

et les actes du colloque) sur le compte n° 310-0445528-93 de l’IEFS.

О S’inscrit à l’atelier :

 n° 1 - La clinique sexologique : des hommes avec des demandes féminines et des femmes

avec des besoins masculins

 n° 2 - Construction du masculin et du féminin dans l’enfance et l’adolescence – la

différence des gamètes remplacera-t-elle la différence des sexes ?

 n° 3 - Peut-on parler de désexualisation ?

 n° 4 - Construction et déconstruction de l’identité sexuelle parmi des populations

immigrées.

N.B. Pour les étudiants, sur présentation de la carte d’étudiant, le coût est de 5 € sans repas.

L’inscription est toutefois obligatoire.

À renvoyer au Secrétariat de

L’Institut d’études de la famille et de la sexualité

Place du Cardinal Mercier, 10

B-1348 Louvain-la-Neuve

13:58 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

colloque de l'IESF

Nos sociétés et leurs institutions se basent sur

une donnée qui semblait inaltérable jusqu’à il y

a peu : homme et femme sont renvoyés l’un vers

l’autre par l’attrait sexuel, se mettent en couple

et font des enfants. Observons-nous à présent un

changement structurel de la relation des sexes,

voire de la fonction sexuelle en soi ? La permissivité

généralisée de presque toutes les formes de

sexualité se situe dans un mouvement sociétal

plus général : la culture est entrée dans un état

de révision constante des traditions et des modes

de vie qui, de ce fait, sont devenus réflexifs.

Chacun serait « libre » de vivre selon son choix

personnel.

Les intervenants sont invités à dresser un état

des lieux des modifications relatives à la façon

dont la différence des sexes se met en place dans

notre société, et à aborder quelques-unes de leurs

conséquences.

Les changements actuels concernent non seulement

les identités des hommes et des femmes

et leurs rôles respectifs, mais posent également

la question des enfants à venir. Comment se

construisent de nos jours les petites filles et les

petits garçons ? Comment, dans ce contexte en

pleine mouvance, développer des pratiques cliniques

appropriées ?

Notre approche interdisciplinaire permettra

d’aborder ces questions à travers des éclairages

multiples, notamment sociologiques, éthiques,

philosophiques, psychologiques, sexologiques et

psychanalytiques.

Loin de s’adresser seulement à un public spécialisé,

les interventions et les débats s’ouvriront à un

public de cliniciens, politologues, démographes,

assistants sociaux et autres acteurs concernés par

le bien-être des familles, à la recherche de repères

et d’outils pour mieux les comprendre.

Différences des

sexes et vies

sexuelles

d’aujourd’hui

XXXIVe Colloque de l’IEFS

Institut d’Etudes de la Famille et de la

Sexualité

Université Catholique de Louvain

avec le soutien du FNRS

Lieu: Auditoire Socrate 11, Place du Cardinal

Mercier, 1348 Louvain-la-Neuve

( Parking Grand-Place )

Renseignements : IEFS

tél. 32 10 474402, fax 32 10 474404

iefs-info@psp.ucl.ac.be

Participation aux frais

Vendredi : entrée libre

Samedi : 55
e, y compris le repas-sandwiches

et les actes du colloque qui seront envoyés

ultérieurement.

5
e pour les étudiants sur présentation de la

carte

Compte bancaire: 310-0445528-93

Louvain-la-Neuve

Vendredi 18 et samedi 19 avril 2008

Nos sociétés et leurs institutions se basent sur

une donnée qui semblait inaltérable jusqu’à il y

a peu : homme et femme sont renvoyés l’un vers

l’autre par l’attrait sexuel, se mettent en couple

et font des enfants. Observons-nous à présent un

changement structurel de la relation des sexes,

voire de la fonction sexuelle en soi ? La permissivité

généralisée de presque toutes les formes de

sexualité se situe dans un mouvement sociétal

plus général : la culture est entrée dans un état

de révision constante des traditions et des modes

de vie qui, de ce fait, sont devenus réflexifs.

Chacun serait « libre » de vivre selon son choix

personnel.

Les intervenants sont invités à dresser un état

des lieux des modifications relatives à la façon

dont la différence des sexes se met en place dans

notre société, et à aborder quelques-unes de leurs

conséquences.

Les changements actuels concernent non seulement

les identités des hommes et des femmes

et leurs rôles respectifs, mais posent également

la question des enfants à venir. Comment se

construisent de nos jours les petites filles et les

petits garçons ? Comment, dans ce contexte en

pleine mouvance, développer des pratiques cliniques

appropriées ?

Notre approche interdisciplinaire permettra

d’aborder ces questions à travers des éclairages

multiples, notamment sociologiques, éthiques,

philosophiques, psychologiques, sexologiques et

psychanalytiques.

Loin de s’adresser seulement à un public spécialisé,

les interventions et les débats s’ouvriront à un

public de cliniciens, politologues, démographes,

assistants sociaux et autres acteurs concernés par

le bien-être des familles, à la recherche de repères

et d’outils pour mieux les comprendre.

Différences des

sexes et vies

sexuelles

d’aujourd’hui

XXXIVe Colloque de l’IEFS

Institut d’Etudes de la Famille et de la

Sexualité

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avec le soutien du FNRS

Lieu: Auditoire Socrate 11, Place du Cardinal

Mercier, 1348 Louvain-la-Neuve

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Renseignements : IEFS

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Participation aux frais

Vendredi : entrée libre

Samedi : 55
e, y compris le repas-sandwiches

et les actes du colloque qui seront envoyés

ult

Nos sociétés et leurs institutions se basent sur

une donnée qui semblait inaltérable jusqu’à il y

a peu : homme et femme sont renvoyés l’un vers

l’autre par l’attrait sexuel, se mettent en couple

et font des enfants. Observons-nous à présent un

changement structurel de la relation des sexes,

voire de la fonction sexuelle en soi ? La permissivité

généralisée de presque toutes les formes de

sexualité se situe dans un mouvement sociétal

plus général : la culture est entrée dans un état

de révision constante des traditions et des modes

de vie qui, de ce fait, sont devenus réflexifs.

Chacun serait « libre » de vivre selon son choix

personnel.

Les intervenants sont invités à dresser un état

des lieux des modifications relatives à la façon

dont la différence des sexes se met en place dans

notre société, et à aborder quelques-unes de leurs

conséquences.

Les changements actuels concernent non seulement

les identités des hommes et des femmes

et leurs rôles respectifs, mais posent également

la question des enfants à venir. Comment se

construisent de nos jours les petites filles et les

petits garçons ? Comment, dans ce contexte en

pleine mouvance, développer des pratiques cliniques

appropriées ?

Notre approche interdisciplinaire permettra

d’aborder ces questions à travers des éclairages

multiples, notamment sociologiques, éthiques,

philosophiques, psychologiques, sexologiques et

psychanalytiques.

Loin de s’adresser seulement à un public spécialisé,

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public de cliniciens, politologues, démographes,

assistants sociaux et autres acteurs concernés par

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Différences des

sexes et vies

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XXXIVe Colloque de l’IEFS

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Nos sociétés et leurs institutions se basent sur

une donnée qui semblait inaltérable jusqu’à il y

a peu : homme et femme sont renvoyés l’un vers

l’autre par l’attrait sexuel, se mettent en couple

et font des enfants. Observons-nous à présent un

changement structurel de la relation des sexes,

voire de la fonction sexuelle en soi ? La permissivité

généralisée de presque toutes les formes de

sexualité se situe dans un mouvement sociétal

plus général : la culture est entrée dans un état

de révision constante des traditions et des modes

de vie qui, de ce fait, sont devenus réflexifs.

Chacun serait « libre » de vivre selon son choix

personnel.

Les intervenants sont invités à dresser un état

des lieux des modifications relatives à la façon

dont la différence des sexes se met en place dans

notre société, et à aborder quelques-unes de leurs

conséquences.

Les changements actuels concernent non seulement

les identités des hommes et des femmes

et leurs rôles respectifs, mais posent également

la question des enfants à venir. Comment se

construisent de nos jours les petites filles et les

petits garçons ? Comment, dans ce contexte en

pleine mouvance, développer des pratiques cliniques

appropriées ?

Notre approche interdisciplinaire permettra

d’aborder ces questions à travers des éclairages

multiples, notamment sociologiques, éthiques,

philosophiques, psychologiques, sexologiques et

psychanalytiques.

Loin de s’adresser seulement à un public spécialisé,

les interventions et les débats s’ouvriront à un

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Vendredi 18 et samedi 19 avril 2008

 pour les étudiants sur présentation de la

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érieurement.

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13:52 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/01/2008

UNE FORMATION AVEC BERNADETTE GARCIN MARROU

ADES  asbl

 ATELIER    ARTS – MOTS – NID Dans la suite des Journées-Rencontres de l’ASCLIF à Bruxelles en 2005 et du colloque de la SSUB à Mons en 2OO7 nous  vous proposons un approfondissement de ce travail psychocorporel lors d’un atelier de 3 jours avec Bernadette Garcin Marrou. Le travail se réalise d’abord par une expérimentation corporelle, sensible, individuelle, à deux ou en groupe (méthodes de relaxation, Feldenkraïs, mises en situation, interactions) avant de poser une base théorique et un échange sur les pratiques.L’évolution se fait à partir d’une grille de lecture énergétique en 7 points qui permet de passer en revue l’ensemble des champs de conscience et d’expérience de l’Etre. Pour préserver la qualité du travail, le nombre de participants est limité à 10/12L’inscription engage chacun à être présent à l’entièreté de l’atelier.  L’animatrice :Bernadette Garcin Marrou est psychomotricienne et sexologue clinicienne (titulaire du DU de Sexologie Médicale) ; elle exerce en sexologie depuis plus de 20 ans et a une longue expérience de la transmission de son savoir. Lieu : 15 avenue Eugène YSAYE – 1070 Anderlecht. Dates :  vendredi 11, samedi 12 et dimanche 13 avril 2008 de 9H à 17H Prix   :   250 euros            L’inscription sera prise en compte dès réception d’un acompte de         100 euros  à verser sur le compte ADES  000 – 1513647 – 59                            IBAN : BE84 0001 5136 4749                                      BIC    : BPOTBEB1         Le solde devra être payé le premier jour de l’atelier. Matériel : à apporter :  1 matelas mousse, 1 essuie éponge, un vêtement chaud Renseignements et inscriptions : liesbeth@manalis.be ou 0495/68 19 19                   

20:51 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/01/2008

Assemblée Générale de l'ADES

 

L'ASSEMBLEE GENERALE DE L'ADES AURA LIEU LE 19 MARS 2008 A 19 HEURES A L'INSTITUT D'ETUDES DE LA FAMILLE ET DE LA SEXUALITE.

Place Cardinal Mercier, 10 - 1348 Louvain-la-Neuve.  Local C206.

13:23 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/01/2008

un atelier nous est proposé

Cercle de femmes sur le thème de la sexualité

  Souvent nous nous posons mille questions, parfois nous avons honte de notre passé, de nos envies, de nos fantasmes, de nos blocages, nous ne savons pas comment nous situer par rapport à l’autre, oser dire oui, oser dire non …parfois nous croyons devoir ressentir des sensations comme les autres, nous adapter à une normalité, mais  y’a-t-il une normalité ?  Et quel est notre désir ?…   Nous proposons un cercle de femmes durant un week-end pour parler en toute confidentialité de ce sujet si intime : notre sexualité.  Pour cela, nous créerons  ensemble un espace de confiance. Ces deux journées nous permettront de partager nos ressentis, nos peurs, nos craintes, nos contraintes, nos joies ou nos douleurs, et d’avancer ensemble sur ce continent si mystérieux du plaisir au féminin. 

Le  partage avec d’autres permet d’éclairer, de se donner des libertés, des pistes de compréhension, de se rendre compte des points communs, des audaces comme des freins …

Nous alternerons des moments de partage avec des exercices de découvertes basés sur le ressenti et le lâcher-prise.  En avançant dans la connaissance de nous-mêmes, nous nous offrons des choix plus conscients sur ce que nous voulons vivre.  Les animatrices : -Carolle Graf, Psychothérapeute Gestalt,thérapie individuelle et de couple (systémique brève)Animatrice de groupe depuis 1990 sur les thèmes dela communication dans le couple, la sexualité féminine et les émotionsCo-auteure de «Mais tu ne m¹avais jamais dit ça» (1998),«La colère, cette émotion mal aimée» (2002) et«Comment bien se disputer en couple» (2005) et - Florence Loos, Psychothérapeute SexologueLicenciée en sciences de la famille et de la sexualité, formée au conseil conjugal, à l’animation de groupes de femmes par Paule Salomon, aux constellations familiales et, parmi d’autres choses, à des techniques de sophrologie, animatrice en éducation affective et sexuelle dans les écoles   Lieu : Dilbeek (Bruxelles) Date : samedi 23 et dimanche 24 février 2008, de 10 h à 18h  Prix : 160 euros (100 euros d’arrhes à l’inscription) Renseignements et inscriptions : florence.loos@skynet.be ou 0495/24.05.65  

21:35 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/10/2007

info du bulletin de l'ADES


L’ AEMTC vous présente ses journées scientifiques 2007 sur le thème :

“Familles et Couples en TCC”

Vendredi 23 novembre : ATELIERS DE FORMATION en PSYCHOTHéRAPIE
“Avons-nous désappris les techniques de l’apprentissage operant ? ”
“La thérapie de couple selon les données cognitivo-comportementales et systémiques”
“Applied Behavior Analysis : Pratiques d’intervention en famille chez l’enfant à problèmes”

Samedi 24 novembre : JOURNéE SCIENTIFIQUE
“La médiation familiale”
“Perspectives scientifiques de l’Applied Behavior Analysis dans l’intervention précoce”
“La thérapie de couple”
TABLE RONDE : “Psychoéducation et Mobilisation des ressources familiales”

 
!!!!! Merci de bien vouloir diffuser ce programme à un maximum de vos collègues et amis !!!!!


**************************************************************************************************

ASSOCIATION POUR L'ETUDE,                                REVUE FRANCOPHONE
LA
MODIFICATION                                 DE CLINIQUE COMPORTEMENTALE
ET LA
THERAPIE DU COMPORTEMENT                                  ET COGNITIVE

                 Aemtc/RFCCC - Gestion Administrative et Trésorerie
                    rue Saint Laurent, 9, 4000 - Liège - BELGIQUE
                                 Tel/Fax   ++32 4 221 06 29
                             Courriel   aemtc.rfccc@scarlet.be
                         WEBsite  http://www.ulg.ac.be/aemtc     

**************************************************************************************************
Pour vous rendre à la Clinique Le Domaine de Braine l’Alleud :
Chemin Jean Lanneau 1420 Braine-l'Alleud
Si vous ne parvenez pas à ouvrir ce lien, cliquez sur le lien suivant :
http://www.viamichelin.com/viamichelin/fra/dyn/controller... <http://www.viamichelin.com/viamichelin/fra/dyn/contro...  <http://www.viamichelin.com/viamichelin/fra/dyn/contro...  <http://www.viamichelin.com/viamichelin/fra/dyn/contro...  
Si vous souhaitez loger à proximité :
1420 Braine-l'Alleud
Si vous ne parvenez pas à ouvrir ce lien, cliquez sur le lien suivant :
http://www.viamichelin.com/viamichelin/fra/dyn/controller...

22:17 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/09/2007

IV PSALTI A ECRIT

Iv Psalti

Anne

Carrière

DIFFUSION HACHETTE

50-4832-7 / 2007-IX

18 (Prix France TTC)

Couverture : Thierry Müller

Illustration : © Nicolas Fructus

Photo auteur : © Mathieu Jaïs

ISBN : 978-2-8433-7473-9

-:HSMIOD=XYX^:

Peut-on entretenir le feu du désir dans les couples qui

durent ? Une sexualité heureuse entre partenaires au

long cours est-elle possible ?

Oui, répond Iv Psalti, qui souligne qu’on peut encore préférer,

même après quinze ans de vie commune, le gros câlin à la

migraine ou à un bon bouquin.

Pour quelles raisons, passé le stade de la lune de miel et de l’amour

passion, la plupart des couples connaissent-ils une baisse de

fréquence des rapports sexuels ? Comment y remédier ?

Qu’attendent respectivement les hommes et les femmes de la

relation sexuelle, et de la relation tout court ?

Sexophile, sexophobe ou intermittent du sexe : où vous situezvous

actuellement ?

Ménopause et andropause = sexe en pause ?

En étudiant la dynamique érotique de différents couples de

longue durée et en analysant leur maturité et leurs motivations

sexuelles, Iv Psalti nous livre les clés du bonheur à deux. Il nous

expose comment certaines personnes arrivent à maintenir, pendant

toute leur vie, leur désir sexuel intact – et même mieux : en

progression ! Loin des idées reçues, il fait un plaidoyer pour une

sexualité hédoniste, et milite pour l’harmonie du couple et l’épanouissement

individuel.

Anne Carrière

Iv Psalti

Quête ou reconquête de la sexualité

dans les couples qui durent

Né en 1955 à Istanbul, Iv Psalti vit en Belgique.

Docteur en sciences biomédicales, il est spécialisé

en infertilité. Il est également sexologue clinicien.

Il est marié et père de deux enfants.

01-COUV PSALTI.indd 1 20/08/07 14:30:09

10:29 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2007

Le bulletin de l'ADES

Le bulletin de l'ADES est sur le point de changer de formule et apparaîtra sur ce blog, sous forme d'informations hebdomadaires.  Les responsables des parutions sont Gersende Piette et Michel Amand, administrateurs.

18:04 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/02/2007

Une conférence de Vinciane DESPRET le 15 03 07

 

Les séminaires 06-07 “Penser et agir entre les mondes”

 

Vinciane Despret déconstruit les méthodologies dans la rencontre de l’autre pour mieux les reconstruire, montrer qu’il s’agit de constructions et faire face aux situations d’ici et d’ailleurs : la confrontation des mondes n’est pas toujours exotique, une multiplicité de traditions coexiste au sein d’une même culture. Avec l’humour qui la caractérise, elle débattra avec nous des gaffes, maladresses et bévues comme outils heuristiques pour découvrir du neuf sur soi et sur l’autre : « quand ça grince, ça apprend ».

 

« L’à côté de la plaque : thérapie, rencontres et émotions »

 

avec

Vinciane Despret

Psychologue et philosophe ; auteur (entre autre) de « Ces émotions qui nous fabriquent. Ethnopsychologie de l’authenticité » (Les Empêcheurs de Penser en Rond, 1999), de « Quand le loup habitera avec l’agneau » (Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2001) et de « L’histoire du cheval qui savait compter » (Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2004)

 

le jeudi 15 mars 2007 de 20h00 à 22h00

au CEFA-UO, avenue du Parc 89 à 1060 Bruxelles

 

Participation aux frais : 5 € (membres adhérents : gratuit, étudiants et chômeurs : 2 €)

22:49 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2007

10 ème colloque de la SSUB: 28 04 07 à Mons

10ème congrès de la

Société des Sexologues Universitaires de Belgique - SSUB

Samedi 28 avril 2007

En collaboration avec le Service de Psychologie Clinique de l’UHM

Avec le soutien de la Commission Communautaire française et de la RégionWallone

Ateliers de formation en sexologie clinique

Quand le désir manque…

16:46 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/02/2007

CONFERENCE

Objet: JEUDI 15/02/07 : SOIREE-DEBAT CLINIQUE DU COUPLE - P. DE NEUTER & D. BASTIEN

 




 




 

 
L’Unité "Clinique du Couple"

du Centre Chapelle-aux-Champs

 

vous invite à son séminaire ouvert 2006-2007

 

"Et si on parlait d'amour…"

 

Si les symptômes se transforment, si la conjugalité se précarise, l'amour est toujours le voile magique et mystérieux  nommé par les sujets pour donner sens à leur souffrance. Nous avons dès lors demandé à des collègues psychanalystes de venir nous parler d'amour, en déployant leurs questions cliniques autour de la lecture singulière d'un film ou d'un roman.

  

Jeudi 15 février 2007 de 19h30 à 22h


Soirée organisé à l'occasion

de la sortie de presse, chez Erès, de

 

"Clinique du Couple"

 

de Patrick De Neuter et Danielle Bastien.

 

Avec la contribution de Sandra Bao, Monique Schneider, Jacqueline Schaeffer et Alain Valtier.

 

Responsables : Danielle Bastien et Marie-Pascale Dierickx

Membres de l'Unité :

Danielle Bastien, Docteur en psychologie et psychanalyste

Natacha Debecker, psychiatre

Gérald Deschietere, assistant psychiatre

Nicolas Dewez, psychiatre

Marie-Pascale Dierickx, psychologue

Christophe Janssens, psychologue

Christiane Vos, assistante sociale

 

 




Lieu : Centre Chapelle-aux-Champs, local B.018




(Clos Chapelle-aux-Champs 30 - 1200 Bruxelles)




Inscriptions souhaitées: Fleur Laloux - 02/764.39.45




Accréditation demandée




Entrée : 8€, gratuit pour les étudiants munis de leur carte 06-07





 

 
 


 



 

 

 

 

 

 

 

 

 



Pr. Patrick De Neuter.
Université de Louvain - Faculté de Psychologie et Sciences de l'
Education.
Unité de psychologie clinique: anthropologie,
psychopathologie, psychothérapie. (UCL/PSP/CAPP).
Place du Cardinal Mercier, 10
B - 1348 LOUVAIN-LA-NEUVE
Tél. 32 (0)10.47.90.55 secrétariat : 47.86.48 ou 42.79
patrick.deneuter@psp.ucl.ac.be
________________________________________________________
Adresse privée : 111, rue des Aduatiques à 1040 Bruxelles.
Tél. : 32 (0)2 733 61 48 Fax : 32 (0)2 734 45 49

16:12 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/02/2007

conférence de Madame FILION

Lorraine Filion *

QUELLE PLACE A / À L'ENFANT

dans les décisions de divorce et de

modalités d'hébergement ?

Le Département "Enfants et leur Famille" du

Centre Chapelle-aux-Champs

vous propose :

Le mardi 13 mars 2007

à 20h30

* Médiatrice familiale à Montréal, responsable du Service de Médiation et

d'Expertise du Centre Jeunesse de Montréal près la Cour Supérieure du

Québec, présidente de l'Association Internationale Francophone des

Intervenants auprès des familles séparées (AIFI).

Prix : 8€ (5€ pour les membres de l’APSY-UCL – 3€ pour les étudiants sur

présentation de leur carte 06-07)

Lieu : Pavillon des Conférences

Clos Chapelle-aux-Champs, 19 - 1200 Bruxelles (métro Vandervelde)

Renseignements et réservations : Fleur Laloux – Tél. 02/764.39.45

E-mail: fleur.laloux@apsy.ucl.ac.be

CENTRE CHAPELLE-AUX-CHAMPS a.s.b.l.

Service de Santé mentale agréé par la COCOF

UCL

Université

catholique

de Louvain

Faculté de Médecine

15:27 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/12/2006

Mémoires d'étudiants de l'IEFS

Voici le début d'une suite de présentation de mémoires d'étudiants de l'IEFS.  Certains d'entre eux pourraient faire l'objet d'une présentation au prochain séminaire de l'ADES.

 

Université Catholique de Louvain-La-Neuve

Institut d’Etudes de la Famille et de la Sexualité

                                                                                                                                             Session de juin 2006

 

L’enfant victime d’abus sexuel face à l’épreuve du judiciaire

 

 

Promoteur : M. Baruffol                                    Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade de licenciée en sciences de la famille et de la sexualité par Audrey Boclinville

 

 

                Un enfant, lorsqu’il est entendu comme victime présumée ou comme témoin dans le cadre d’une enquête pénale pour faits de mœurs, peut vivre une épreuve très pénible. Ce mémoire a pour objectif de décrire et d’analyser les procédures mises en place pour optimaliser la recherche de la vérité tout en réduisant au maximum les conséquences traumatiques pour l’enfant.

 

Dans un premier temps, nous décrivons les notions d’abus sexuel, nous découvrons quel sens peut être donné à la déclaration d’un enfant confronté de près ou de loin à l’abus sexuel. Nous nous centrons ensuite sur l’intervenant qui est confronté à cette déclaration, sur sa formation et sur les mécanismes psychologiques auxquels il est soumis. Ensuite, nous nous penchons sur les facteurs de crédibilité qui déterminent la véracité de la déclaration de l’enfant abusé. Nous développons les différentes approches diagnostiques utilisées par les experts désignés pour rendre un avis sur la fiabilité du récit de l’enfant. Nous découvrons enfin la procédure d’analyse de validité de la déclaration (SVA) mise au point par plusieurs chercheurs (Undeutch, Koehnken, Steller, Raskin, Esplin, Yuille).

 

Une deuxième partie s’ouvre sur l’analyse de 20 auditions judiciaires d’enfants témoins ou présumés victimes d’abus sexuel ayant été entièrement retranscrites et analysées par un expert selon la méthode SVA. A travers le récit de ces enfants et l’étude de ces données, nous avons essayé de mettre en lumière les différents éléments principaux issus du récit de l’enfant par rapport à l’abus, de la situation d’audition et enfin, du rapport d’expertise; les dimensions sociales, juridiques et psychologiques sont abordées. La place qui est donnée à l’enfant dans cette procédure judiciaire est analysée. Les constats que nous en avons dégagés ne sont certainement pas univoques ni définitifs, le nombre de cas étudiés étant certainement trop restreint. Toutefois, les résultats montrent que l’enfant exposé à une situation d’audition vidéofilmée et assujetti à une expertise psychologique est entendu dans sa singularité. L’analyse de ces cas illustre tous les pièges dans lesquels peut tomber l’enquêteur au cours de l’audition, notamment en raison du malaise lié à l’évocation d’une sexualité adulte avec l’enfant. Dans cette évaluation de la crédibilité du récit de l’enfant, l’expert utilise d’autres outils qui apportent une complémentarité à l’analyse SVA. La procédure SVA tend à objectiver les dires de l’enfant mais reste tributaire de l’analyse interrelationnelle de sa situation afin que l’enfant ne devienne lui-même “objet d’expertise”.

 

22:45 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/11/2006

Quelques extraits du congrès de l'AIHUS à Marseille en mars - avril 2006.

QUELQUES EXTRAITS DES NOTES PRISES AU 36EME SEMINAIRE DE SEXOLOGIE CLINIQUE DE L’AIHUS – MARSEILLE 03-04/2006.

 

Internet et les relations de couple.  Joseph Lévy. UQUAM. Montréal.

 

Le développement des réseaux internet offre à l’exercice de la sexualité, l’anonymat, l’accès facile et à des prix abordables.

Dans le contexte contemporain d’une mutation des modèles de la famille et de la sexualité, plusieurs études montrent une augmentation du nombre de célibataires dans la société.  Au Québec, leur nombre passe de 65 à 90% entre 1970 et 1996.

Cette célibatisation de la société pour des raisons évidentes de marché – chaque individu isolé doit s’équiper suffisamment, ce qui double les besoins par rapport à une société formée de ménages- va de pair avec une recherche de l’intimité, de la relation pure et s’appuie sur une sexualité plastique, tandis que 70% des célibataires disent avoir envie de fonder un couple.

 

La technologisation de la rencontre via des sites spécialisés ou des « match making » basés sur des questionnaires préalables qui visent à optimiser les convergences entre les individus, comporte de nombreux avantages :  (3% d’utilisateurs disent avoir épousé quelqu’un rencontré sur le site)

-elle utilise des critères spécifiques

-elle diminue les contraintes liées aux rôles de genre

-elle minimise le rôle de l’apparence physique

Mais elle rencontre aussi des inconvénients :  (42% font état d’une ou plusieurs mauvaises rencontres)

-les relations sont superficielles et à la fois surinvesties, ce qui multiplie les déceptions

-il y a risque de compulsion et de dépendances

 

Deux études menées respectivement en milieux hétérosexuel et homosexuel montrent les résultats suivants :

En milieu hétéro :  on en a marre d’être seuls ; ras-le-bol des bars ; on peut rechercher des relations amoureuses ou des « fuck-friends ».

Le but des participants est d’augmenter le nombre de partenaires potentiels.  Mais vu la disproportion entre utilisateurs féminins et masculins, ces derniers retrouvent la compétition entre hommes.  Les usagers disent ne pas mentir pour ne pas décevoir et figurer sur des listes « noires ».  Ils soignent leur marketting.

La tendance est à la recherche de modèles grands et minces, et de partenaires sans enfants.

Le « clavardage » devient un nouveau langage à apprendre, fluide, rapide, sans détours.

Les risques d’agressions sexuelles ne sont pas plus fréquents que dans d’autres types de rencontres.  Et les utilisateurs se prémunissent en avertissant leur entourage des rendez-vous éventuels.  Ils enregistrent les numéros de téléphone reçus.

Le temps moyen entre une inscription sur le site et une première rencontre est de deux semaines.

L’inconvénient majeur réside dans les déceptions ainsi que dans le manque de chimie interpersonnelle à la base de la rencontre.

En milieu homo :  on constate plutôt une recherche d’actes sexuels spécifiques versus relations véritables.

 

Les impacts sur le couple sont une augmentation des relations extramaritales, une dépendance à la connexion sur ces sites de rencontre et une augmentation de la pornographie comme référence commune à propos de sexualité.

Couples infertiles et sexualité.  Michèle NAOURI .  Paris.

 

Dans la question du désir d’enfants, les couples peuvent se sentir perdus après 3 mois d’arrêt de la contraception, alors que l’infertilité est constatée médicalement après 18 mois d’essais infructueux.

Le taux de 25% de fécondabilité humaine est mal accepté par les couples confrontés à un délai.  Souffrance et colère, diminution progressive de la fréquence des relations sexuelles quand la sexualité devient reproductive et programmée, la vie amoureuse s’en trouve altérée.  Les femmes décrivent moins de désir, moins d’orgasmes.  Il faut procréer, ce n’est plus érotique.  Une des causes rencontrées :  l’endométriose avec dyspareunie augmentée en cas de stress psychologique par exemple suite à des chocs émotionnels ou des abus sexuels.

Les hommes s’enferment dans le silence, fuient dans le sport, se sentent responsables.  Ils en arrivent à souffrir de troubles de l’érection et de l’éjaculation avec diminution de la libido.

Le couple est envahi de reproches mutuels et de problèmes sexuels.

 

Les tests puis la P.M.A. consacrent l’omniprésence du médecin vécu par l’homme comme un rival et ces pressions s’ajoutent à celles de l’entourage familial.

 

Il y a souvent un problème sexuel sous-jacent et l’érotisme souffre encore plus de la P.M.A.

 

 

Le couple vieillissant :  état des lieux.  Gérard RIBES Psychiatre sexologue.  Lyon.

 

En 2010 , ¼ du monde aura plus de 60 ans.  Y a-t-il une sexualité des séniors quand la longévité et la qualité de la vie augmente ?  Y a-t-il un droit au plaisir, au désir, à la lubrification ?

 

En 2000 en France, 79% des hommes et 51% des femmes vivent en couple.  Les difficultés sexuelles sont principalement liées au veuvage.  Les divorces augmentent actuellement chez les quincagénaires, mais ils se remettent quasi tous en couple et 64% se disent satisfaits..

 

Du point de vue de la sexualité, une forte satisfaction se marque au début du couple puis diminue jusqu’à la retraite où la satisfaction repart chez les 60 à 80 ans.

 

Pour maintenir une sexualité satisfaisante chez les âgés voire les très âgés, il s’agit de ne pas les désexualiser.

 

Les difficultés sont liées au manque de partenaire ou à ne pas se sentir sexuellement attractif.

 

 

Prise en charge des difficultés sexuelles des sujets âgés.  Béatrice CUZIN.  Bordeaux.

 

Il s’agit d’évaluer la demande du couple et de modifier le cas échéant leur sexualité par des facteurs de correction en tenant compte d’une prise en compte diagnostique de leurs particularités.

La prise en charge vise à une bonne information sexuelle et à une bonne hygiène de vie.  Il faudra éventuellement changer les traitements en cours, fournir une aide à l’érection et un traitement hormonal substitutif féminin.  Chez les femmes de plus de 70 ans :  testostérone, DHEA ou soja.  Mais aussi recommander de monter chaque jours 2 étages ou de faire 20 minutes de marche quotidienne.

Les femmes parlent de leur sexualité.  Marie CHEVRET-MEASSON.  Lyon.

 

Un questionnaire portant sur 6000 femmes en France tend à remettre en question certains préjugés à propos de la sexualité féminine.

 

83% d’entre elles ont connu un homme qui avait une panne sexuelle.  Et ce à tout âge. Elles dédramatisent, mais seraient favorables à des traitements pour résoudre ces problèmes.

La fréquence de leurs relations sexuelles leur convient-elle ?  Oui à 62%.  Les autres voudraient plus de R.S.  51% l’expriment, Elles prennent les devants et ont des exigences.  La pénétration est importante mais pas indispensable (elle l’est plus pour les plus de 50 ans ).

La panne d’érection est surtout contrariante dans son attitude à lui.  Pour 55% des femmes, ce n’est pas grave et 48% lient la panne à l’âge.  73% en parlent.  Quant au vécu par rapport au traitement, 39% apprécient si c’est fait dans la discrétion, 15% sont indifférentes, alors que pour 12% ce n’est pas facile et pour 5% très difficile d’imaginer son partenaire en érection grâce à une aide médicamenteuse.

 

« L’homme aurait plus confiance en lui » apparaît comme une des principales attentes citées par rapport à un traitement.

Que faire pour soutenir ces femmes ?  les rencontrer, les écouter, les encourager.

 

 

Quel couple pour les femmes aujourd’hui ?  Philippe Brenot.

 

Le couple d’aujourd’hui a une trentaine d’années au sens où son imaginaire est différent de celui de nos parents ou de nos grands-parents.  Depuis 1970, il y a appauvrissement de la relation maritale.  Le couple n’est plus pensé « pour la vie ».

Une constante de toutes les sociétés réside dans l’infériorisation de la femme et si à partir de 1970, la durée du couple diminue et l’espérance de vie augmente, le taux masculin de recombinaison est important avec pour conséquences une augmentation du nombre de femmes seules.

Il y a un foisonnement de styles de conjugalité.  Des couples familiaux, parentaux, conjugaux, érotiques ?  L’exigence érotique est devenue de plus en plus importante renforcée par un véritable terrorisme des médias.

Nos arrières-grands-parents étaient dans le monde des femmes et dans le monde des hommes, séparés.

Puis les femmes qui ont eu 20 ans en 1960 voulaient la reconnaissance égalitaire, la liberté et la fidélité.

Celles qui ont eu 20 ans en 2000 ont connu une évolution passant par le féminisme, les comportements libertaires, le sida, l’erratisme et la maîtrise de la relation.

Leurs attentes visent à passer d’une vie matérielle ou matérialiste à l’amour et à l’érotisme.

Une partie non négligeable des femmes veulent rester sous une certaine domination masculine.

 

Et les hommes ?  Il y a eu abandon partiel de leur position dominante suivie d’une difficile reconstruction.  Ils refusent de se remettre totalement en qustion, mais sont plus pères que maris.  Et l’inversion des rôles conjugaux et parentaux est parfois mal acceptée par les générations actuelles de femmes.

De plus il est difficile pour les jeunes garçons de s’identifier à des pères faibles.  Il n’est ni assez tendre, ni … assez solide !

 

Il y a le couple attendu, idéal, construit sur l’expérience, et basé sur un désir d’amour, d’érotisme, de tendresse et de communication.  Et d’autre part le couple effectif, la réalité du couple vécu à deux, au quotidien avec ses nécessités d’ajustement, ses désillusions.

 

La mise en présence de ces deux sujets désirants à maturité psychique et érotique, exige de chacun l’écoute des attentes de l’autre afin de construire un imaginaire commun du couple.

 

 

Ethologie de l’inceste.  Boris CYRULNIK.

 

L’étude des êtres vivants et de l’inceste met en évidence que les relations sexuelles incestueuses sont biologiquement possibles mais insupportables dans la représentation tellement c’est transgressif.

 

Freud et Lévy-Strauss en ont fait un marqueur de passage de la nature à la culture. 

Un être vivant répond à des stimulations endogènes et exogènes pour déclencher un comportement, mais il répond aussi à des représentations en lien avec sa mémoire.  Un processus de familiarité se met donc en place.  Les représentations verbales, les récits, les mythes définissent l’inceste et le pénalisent.

Chez les animaux, il y a aussi des empêchements de nature neuro-physiologique :

-les oiseaux ne connaissent pas de relations sexuelles entre siblings d’une même couvée ;

-chez les mammifères, si une femelle élève son petit, celui-ci sera en malaise pendant la période d’oestrus suivante ;

-chez les babouins, les frères et sœurs s’évitent en période d’oestrus, mais aussi les pères et les filles, les mères et les fils.

L’inceste est donc un événement rare.

 

Par contre chez les bovins et les chats, l’empêchement n’a pas fonctionné et le phénomène est plus fréquent.

Chez les humains en attachement sécure, les sujets mâles seront séduits par une femelle.  Mais l’énoncé verbal existe dans toutes les cultures pour interdire l’inceste.  L’inhibition structure la société. 

Or on observe des exceptions à l’interdit de l’inceste, ainsi qu’une déstructuration sociale liée aux progrès de l’individu.

Chez les Inuit, le vrai sexe, c’est le sexe imaginaire.  Il y a le sexe anatomique, le sexe social, le sexe religieux…

Il y a eu en Egypte des incestes « vertueux » pour rester entre « vertueux ».

Les Masdéens s’accouplent entre eux pour éviter les rapports avec des musulmans.

Les musulmans peuvent épouser leurs cousins.

Toutes les sociétés interdisent des formes d’incestes variables et les sanctions varient aussi.  Si une société ne l’interdit pas, la tribu va mourir.

 

Si un dictateur prenait le pouvoir et autorisait l’inceste, ça ne marcherait pas, parce que les verrous affectifs liés à l’attachement vont fonctionner.

En revanche, deux jeunes enfants dont les parents meurent en voiture, et qui sont adoptés puis séparés, peuvent par la suite se rencontrer à nouveau, se plaire et se marier.  Ils n’ont ps le vécu de l’inceste.

La question des jeux sexuels dans la fratrie n’est pas considérée comme une faute par la société s’il s’agit de deux sœurs parce que le futur désir sexuel va faire cesser le jeu.  Entre frères et sœurs, c’est considéré comme un jeu s’il ya moins de 5 ans d’écart, mais c’est perçu comme un abus si l’écart excède 5 ans.

Enfin la position des pères face à des relations incestueuses, va dépendre de leur vécu, de leur représentation de la relation.  Ainsi le célèbre coureur cycliste Jacques Anquetil avait-il fait un enfant à sa belle-fille –qu’il n’avait pas élevée- et il a élevé cet enfant avec sa femme sans avoir l’impression d’avoir commis un inceste.  Quand les pères n’élèvent pas leurs enfants, le verrou affectif ne fonctionne pas.  Si l’interdit de l’inceste n’est pas structuré par le lien d’attachement, les représentations sont confuses, c’est le chaos.

Cet attachement fonctionne comme un circuitage neuronal de type « empreinte ».  Il dure 3 heures chez les oiseux, plusieurs semaines chez les chiens et chez les humains, toute la vie.

 

 

Voici quelques extraits de mes notes de congrès dont j’espère qu’elles puissent servir de métaphore réflexive à certains qui n’y étaient pas.

 

 

 

 

                                                                                              Michel Amand

                                                                                               

 

 

 

21:49 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/11/2006

COLLOQUE 2007 de la SSUB, le 28 04 07.

La réunion d'organisation du Colloque 2007 de la SSUB aura lieu au domicile de Michel Amand, le 11 décembre prochain, à 19 heures, juste avant le CA de la SSUB.

 

L'ADES se propose de contribuer à l'organisation et Liesbeth Manalis sera en première ligne pour l'ADES tandis que Marc MALEMPRE y sera pour la SSUB.

12:29 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2006

INTERVISIONS DE LA SSUB

A l'initiative de la SSUB, est organisée une première séance d'intervision pour les sexologues cliniciens ce lundi 20 novembre à 20 heures à la Rue Sur Meuse à Huy.  Pour plus de renseignements, contacter Marc Malempré 0486 89 81 89 ou Michel Amand 0475 43 37 06.

20:46 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/10/2006

L'exemplaire d'automne de la revue québecoise SEXOLOGIE ACTUELLE

Suite aux journées rencontres de l'ASCliF des 7 et 8 octobre 2006, notre collègue québecois Monsieur DUPRAS, nous fait parvenir via la SSUB, le dernier numéro de la revue SEXOLOGIE ACTUELLE.  Une occasion d'ouvrir une fenêtre sur les préoccupations de nos collègues d'outre Atlantique.  Bonne lecture.  Michel Amand.

 

R E V U E O F F I C I E L L E D E L’ A S S O C I A T I O N D E S S E X O L O G U E S D U Q U É B E C

Vol. XV NO 1 - automne 2006

Dossier

Les sexologues à l’unisson...

vers un modèle de santé sexuelle

par Lise Desjardins, M.A. et Mélanie Tremblay, M.A.

INTRODUCTION

Quelle définition commune pourrait-on donner à la profession

de sexologue? Tel est notre défi actuel. En sachant

que les sexologues peuvent s'orienter vers la clinique, la

recherche ou l'éducation, peut-on trouver des éléments

qui nous unissent? Est-il possible de faire une distinction

entre notre profession et les autres professionnels qui,

comme nous, travaillent en relation d'aide? Voilà bien des

questions auxquelles nous devons trouver les réponses. Il

est actuellement urgent que les sexologues de toutes les

orientations, qu'ils soient cliniciens, éducateurs ou

chercheurs, en arrivent à une définition commune de

notre profession afin d'établir clairement notre champ de

compétence.

De façon générale, une profession se définit et se met en

place à partir d'un modèle de fonctionnalité. Par exemple,

pour traiter des personnes aux prises avec divers

problèmes physiques, les médecins ont une idée de la

fonctionnalité globale et spécifique du corps humain. De

leur côté, les psychiatres et les psychologues traitent les

individus à partir d'un modèle de santé mentale qui a été

clairement défini. En sexologie clinique, il nous apparaît

pertinent de pouvoir établir un diagnostic, un pronostic et

un plan traitement qui soient vraiment spécifiques aux

sexologues. Pour ce faire, il est essentiel d'avoir en tête un

modèle de santé sexuelle auquel tous les sexologues

peuvent se référer; l'hypothèse d'un modèle de fonctionnalité

sexuelle qui pourrait devenir un catalyseur central

susceptible de rallier les différentes approches

sexologiques autour d'une définition consensuelle. C'est

précisément ce modèle de santé sexuelle qui nous

permettra d'exister comme profession au même titre que

les autres professions.

D'un point de vu historique, en 1974, l'Organisation mondiale

de la santé adoptait officiellement un modèle de

santé sexuelle différent du modèle de santé mentale. À

cette époque, cette distinction devenait nécessaire

puisqu'on se rendait compte que la très grande majorité

(suite à la page 6)

Mot de la présidente

par Cécile M. Barcelo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

Mot du Comité de la revue

par Véronique Faubert et Cécile M. Barcelo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4

Relève . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

Dossier

Les sexologues à l’unisson... vers un modèle de santé sexuelle

par Lise Desjardins et Mélanie Tremblay . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

Articles

Le couple masculin : ouvert ou fermé?

par Claude Cyr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

La violence conjugale : si c’était une affaire de couple et non de sexe

par Nicole Desjardins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

Partenariat

Clinique de sexologie de l’UQÀM

par Michel Goulet et Josée S. Lafond . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Quoi de neuf à l’ASQ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

Ça bouge. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

La revue SEXOLOGIE actuelle est un organe d’information générale sur

les activités nationales et internationales aussi bien face à la sexologie qu’à la

profession de sexologue. Toute personne intéressée à soumettre un texte pour

publication doit se conformer aux directives publiées dans chaque numéro, ou

communiquer avec la direction générale de l’Association des sexologues du

Québec.

Toute reproduction totale ou partielle d’un article publié dans la présente revue

nécessite l’accord écrit de l’ASQ et doit être suivie de la référence complète. Les articles

publiés dans SEXOLOGIE actuelle n’engagent que les auteurs et

auteures. Ils n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’Association des

sexologues du Québec.

POLITIQUE ÉDITORIALE

Présentation des textes pour la revue

L’usage du masculin sera de rigueur, cela sans aucune discrimination mais

uniquement en vue d’alléger le texte.

Les textes doivent être dactylographiés à double interligne. Ils doivent être

envoyés en trois exemplaires et compter un maximum de dix pages (incluant

la page frontispice et la bibliographie). Lorsqu’un système informatique a été

utilisé, il serait apprécié que l’auteur envoie également une disquette, en indiquant

le type d’ordinateur et le traitement de texte utilisés. La disquette sera

rendue à l’auteur. Ce dernier doits’identifier clairement en joignant à son

envoi son nom, adresse et numéro de téléphone, de même que son statut professionnel,

son titre d’emploi et le nom et l’adresse de son employeur. Les

manuscrits qui ne sont pas conformes à l’une ou l’autre de ces exigences sont

automatiquement retournés à leur auteur.

Critères d’évaluation

Les manuscrits fournis par les non-membres de l’ASQ seront acceptés selon

les mêmes conditions que ceux des membres.

Tous les manuscrits sont soumis de façon anonyme à deux lecteurs qui en

font une évaluation basée sur les critères suivants:

– qualité du français

– réflexion de l’auteur

– nouveauté des concepts amenés par l’article

– approfondissement de concepts déjà connus

– respect de la pensée des auteurs cités par l’auteur du texte.

Acceptation du manuscrit

La décision d’accepter un manuscrit sera prise par le Comité de la revue à la

suite des recommandations des lecteurs. Ce dernier se réserve le droit de faire

des changements mineurs aux manuscrits en vue de rencontrer les normes de

publication.

Pour obtenir d’autres informations ou pour soumettre un manuscrit, veuillez

vous adresser à :

Revue SEXOLOGIE actuelle

Association des sexologues du Québec

7400, boul. Saint-Laurent, bureau 404

Montréal (Québec) H2R 2Y1

Téléphone : 514 270-9289

Télécopieur : 514 270-6351

Courriel : info@associationdessexologues.com

Site Web : www.associationdessexologues.com

PARUTION DATE DE TOMBÉE

Hiver 2007 Chroniques, textes, publicités :

15 décembre 2006

volume XV, numéro 1

automne 2006

Couverture : Above,Titian, Adam and Eve, c. 1550. Madrid, Prado.

Below, Rubens, Adam and Eve, 1628-29. Madrid, Prado.

Comité de la revue : Cécile M. Barcelo, B. A., Véronique Faubert, M. A.

Rédactrice en chef : Cécile M. Barcelo, B. A.

Rédactrice en chef adjointe : Véronique Faubert, M. A.

Graphisme et mise en pages : Sylvie Desrochers, B.A., Babill-Art

Imprimeur: R. M. HÉBERT INC.

Coordination et révision/correction : Johanne Tousignant, M.Ed.

CONSEIL D’ADMINISTRATION 2006-2007

Présidente : Cécile M. Barcelo

Vice-président : Marc-André Juneau

Trésorier : Michel Lemieux

Secrétaire exécutive : Véronique Faubert

Administratrice : Anne-Marie DeKoninck

Administratrice : Geneviève Despatie

Administrateur: Claude Cyr

TARIFS PUBLICITAIRES

Pages intérieures

1 parution 3 parutions

1 page 260 $ 740 $

1/2 page 135 $ 385 $

1/3 page 105 $ 250 $

1/8 page 40 $ 110 $

Pages couverture

Couvert 3 285 $ 815 $

Couvert 4 300 $ 850 $

Insertion dans l’envoi

Publipostage prêt à insérer dans l’enveloppe : 150 $

Réduction de 50 % aux membres de l’ASQ

ABONNEMENTS :

Gratuit pour les membres de l'ASQ

15 $ / an pour les étudiants et les employés du département de

sexologie de l’UQAM ainsi que les membres du RPSQ

20 $ / an pour les non-membres

25 $ / an pour les institutions

© Association des sexologues du Québec MMIV

DÉPÔTS LÉGAUX : Bibliothèque nationale du Québec

Bibliothèque nationale du Canada

ISSN 1192-3814 TIRAGE : 325 exemplaires.

7400, boul. Saint-Laurent, bureau 404

Montréal (Québec) H2R 2Y1

Téléphone : 514 270-9289

Télécopieur : 514 270-6351

2 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

L'Association des sexologues du

Québec (ASQ) existe depuis 1978. L'an

prochain, nous préparerons les fêtes

du 30e anniversaire. À cette occasion,

nous aimerions rendre un hommage

tout particulier à ceux et celles qui ont

contribué depuis les tout premiers

débuts à construire la crédibilité

professionnelle qui caractérise le

monde de la sexologie dans le Québec

d'aujourd'hui. Nos fondateurs

appartiennent aux différents champs

d'application de la sexologie, ils

utilisent différentes approches, ils

s'impliquent dans différents secteurs et

au sein de différentes associations.

Depuis la fin des années 1960-1970, les

sexologues font de la prévention, de

l'éducation, du counselling, de la

recherche, de la psychothérapie et de

la relation d'aide. Finalement, ils ont

mis en place l'infrastructure

professionnelle dont nous héritons

aujourd'hui. Un grand merci à tous!

Je me souviens d'un temps ou la

pluralité de nos champs d'intérêts

professionnels constituait une richesse,

une aventure à découvrir, un terrain à

déblayer… Tout était à faire. Tout était

à construire. C'est ensemble, dans un

enthousiasme empreint d'une vitalité,

souvent bien naïve, que nous avons

relevé nos manches pour nous mettre

au monde professionnellement. Nous

avons compris qu'il ne suffisait pas

d'un baccalauréat ou d'une maîtrise

pour être reconnus professionnellement.

Il fallait être partout à la

fois, avec rigueur, avec intelligence,

avec savoir-faire, mais surtout avec

savoir-être. Avec du temps et beaucoup

d'efforts, au-delà des erreurs de

parcours, nous avons déblayé un

terrain inconnu qui s'est révélé plus

d'une fois plein d'embûches. Faute

d'expérience, nous nous sommes

souvent enlisés en expérimentant les

règles d'un jeu corporatif que nous

maîtrisions mal. À force d'essais et

d'erreurs, de projets et de postmortem,

nous avons fait nos classes à

la dure dans un processus parfois bien

cruel, pour ne pas dire déchirant.

Pendant tout ce processus de

maturation nous menant des crises de

l'enfance à celles de l'âge adulte, nous

sommes devenus plus visibles, plus

expérimentés, plus éloquents. À

mesure que nous devenions plus

présents et plus respectés dans le

Québec d'aujourd'hui, nous

acquerrions notre reconnaissance par

le public, par les médias et par les

autres professionnels de la santé.

Lentement mais sûrement, les

sexologues du Québec se sont taillé

une place crédible au sein du milieu

scientifique à travers le monde. Le

public nous reconnaît, nous apprécie,

nous consulte. Les sexologues sont

invités dans les médias, ils donnent des

conférences, ils font de la prévention,

de l'éducation, de la sensibilisation, ils

travaillent en clinique, ils écrivent, ils

sont invités sur la place publique. Peu à

peu, nous nous sommes reconnus

entre nous et nous avons appris à

apprécier à leur juste valeur nos

particularités distinctives et la pluralité

de nos champs d'intervention. À la

suite de nos crises identitaires de

croissance, nous constatons que notre

plus grande richesse se révèle être ce

que nous possédons en commun, c'està-

dire nos pairs et notre profession. Il

fallait peut-être toutes ces turpitudes

pour mettre nos efforts en commun

dans l'intérêt supérieur des sexologues

et de la sexologie. Mission accomplie!

Depuis plusieurs années déjà, le RPSQ,

le Département de sexologie de

l'UQAM et l'ASQ collaborent au projet

d'incorporation. Plusieurs groupes de

sexologues représentant les différents

champs d'expertise ou différentes

approches sont devenus des

partenaires privilégiés de l'ASQ,

ouvrant la voie à de multiples projets

de collaboration. En 2006, l'ASQ s'est

doté d'un plan stratégique1 afin de

redéfinir à la lumière de nos acquis, la

mission, les valeurs et la vision que

nous désirons mettre de l'avant dans

les prochaines années. Or cette vision

endossée par 97 % de nos membres

ouvre la porte à des échanges soutenus

avec nos pairs sexologues venant de

tous les secteurs du milieu

professionnel. Au cours de 2006-2007,

nous nous proposons d'inviter nos

pairs à une table de concertation visant

à clarifier notre définition du modèle

de fonctionnalité en santé sexuelle.

Nous espérons vivement que tous les

sexologues du Québec auront un

représentant à cette table de concertation

et que les échanges se vivront

dans un esprit de partage, de

convivialité et d'une belle collégialité

enfin retrouvée.

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 3

Mot de la présidente Mot de la présidente Mot de la présidente

L’Association des sexologues en pleine générativité...

Par Cécile M. Barcelo

4Voir l'article Plan stratégique : mission, valeurs et vision de l'ASQ à la page 21

NOUVELLE ADRESSE DE LA PERMANENCE

Plusieurs d'entres vous le savent déjà. Au cours de l'été, l'ASQ a emménagé dans de nouveaux locaux plus

polyvalents pour loger nos services administratifs et accueillir nos membres lors d'événements spéciaux.

L'endroit est facile d'accès par les grands axes routiers qui traversent la ville ainsi que par la station de

métro De Castelneau. L'infrastructure offre des services de location de salles de conférence munies

d'équipement audiovisuel, d'hôtellerie pour les gens qui viennent de l'extérieur lors des formations, etc.

Voici les nouvelles coordonnées :

Association des sexologues du Québec

7400, boul. Saint-Laurent, bureau 404, Montréal (Québec) H2R 2Y1

Tél. : 514 270-9289 - Téléc. : 514 270-6351

Web : www.associationdessexologues.com

Courriel : info@associationdessexologues.com

Relève Relève Relève Relève Relève Relève Relève

4 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Vous avez sans doute remarqué notre nouveau

logo et notre nouvelle présentation. Notre revue

continue à s'améliorer pour mieux répondre à vos

attentes. Cette année encore, vous pourrez lire des

articles de qualité sur des champs d'intérêts qui

touchent de près l'intervention des sexologues.

Nos jeunes maîtrisés, cuvée 2006, nous présentent

à leur tour leur sujet de recherche. Cet automne,

Sandra Chasteney nous fait part de l'impact de la

maturité affective sur le processus sexothérapeutique

lors du traitement de la compulsion

sexuelle; Isabelle Boisclair nous éclaire sur une

étude de cas portant sur l'anorgasmie masculine

selon l'approche sexoanalytique; tandis qu'Émilie

Giroux nous présente les besoins des jeunes

décrocheurs/accrocheurs, lors du vécu amoureux

et sexuel.

Nos partenaires de l'Institut Sexocorporel

International (ISI), Lise Desjardins et Mélanie

Tremblay, nous offrent un dossier de fond sur les

principaux concepts définissant un modèle de

fonctionnalité de la santé sexuelle. Claude Cyr,

pour sa part, nous éclaire sur le vécu du couple

homosexuel ouvert ou fermé, tandis que, de son

côté, Nicole Desjardins nous fait part de son

expertise dans le domaine de la violence

conjugale. Finalement, nos partenaires de

l'UQAM, Josée Lafond et Michel Goulet,

complètent le suivi sur la clinique de sexologie de

l'UQAM à laquelle nous pouvons référer des

clients qui ne pourraient pas se permettre de venir

consulter en bureau privé. Finalement, vous

trouverez dans votre revue d'automne, le détail de

la mission, des valeurs et de la vision, que nous

nous sommes données en tant que membres de

l'ASQ lors de l'AGA de mai dernier en vue de nos

plans de développement présent et futur.

Mot du Comité de la revue Mot du Comité de la revue

Par Véronique Faubert et Cécile M. Barcelo

Rapport déposé en 2006

RÉSUMÉ

Dans le cadre d'un rapport d'activités, exigence

partielle de la maîtrise en sexologie, nous avons

élaboré une analyse de besoins des jeunes décrocheurs/

raccrocheurs en vue d'une intervention

d'éducation sexuelle sur la question du vécu

amoureux et sexuel. Les décrocheurs/raccrocheurs,

en milieu scolaire adulte sont des jeunes adultes dits

en difficulté. Différents écrits scientifiques révèlent

d'ailleurs les vulnérabilités sociales, familiales,

conjugales et sexuelles que rencontrent ces jeunes

adultes et qui justifient la pertinence d'intervenir

auprès de cette population. Certaines démarches

d'éducation sexuelle sont entreprises dans les Centres

de formation générale aux adultes; toutefois, des

lacunes sont observées en ce qui concerne ces

démarches.

Ainsi, afin de palier ces lacunes, les objectifs visés par

cette étude sont de décrire et d'analyser les besoins

des jeunes décrocheurs/raccrocheurs en matière

d'éducation à la sexualité relativement à leur vécu

amoureux et sexuel; de décrire et d'analyser les

besoins relatifs à l'âge et au genre; et enfin, de

dégager les pistes d'intervention quant à la conception

éventuelle d'un programme d'éducation sexuelle sur

la question du vécu amoureux et sexuel. Pour ce faire,

notre étude s'appuie sur une démarche de recherche

qualitative. Ainsi, des groupes de discussion, méthode

de collecte de données privilégiées, ont permis de

recueillir les opinions, croyances, expériences et

réactions, en regard du vécu amoureux et sexuel, de

35 décrocheurs/raccrocheurs âgés de 16 à 29 ans.

L'analyse de besoins a été élaborée à partir du modèle

d'English et Kaufman (1979) qui a permis de dégager

des pistes d'intervention en éducation sexuelle.

Les principaux résultats révèlent des similitudes et des

distinctions quant au vécu amoureux et sexuel des

jeunes décrocheurs/raccrocheurs, hommes ou

femmes, âgés de 16 à 29 ans. On relève, notamment,

chez les participants de sexe masculin, des

questionnements sur l'infidélité, la stabilité et l'avenir

des relations amoureuses, sur la dichotomie

sexe/amour, sur l'attirance physique et sexuelle

comme préalable à la relation et sur les stéréotypes

présents dans leurs relations interpersonnelles.

D'autre part, on relève des thèmes relatifs au discours

des adolescents de 16 à 19 ans, tels que des

questionnements sur la grossesse, des réflexions sur

la contraception et la protection, ainsi que sur

l'hypersexualisation des préadolescentes. Les jeunes

hommes de 20 à 29 ans ont, quant à eux, abordé la

multiplicité des partenaires, la question des

séparations et des blessures amoureuses, ainsi que la

famille et les traditions culturelles. Des pressions

sociales ressenties en regard des premières relations

sexuelles, des expériences sexuelles particulières, la

communication et la maternité sont des similitudes

relevées dans le discours des participantes de sexe

féminin. Les thèmes abordés spécifiquement par les

adolescentes de 16 à 19 ans sont les partenaires

sexuels occasionnels, la sexualité dans les médias et la

mode, les générations antérieures et la dichotomie

sexe/amour. Les thèmes relatifs au discours des

jeunes femmes de 20 à 29 ans sont plutôt la violence

conjugale, les échecs amoureux, l'infidélité, les

préoccupations sur les ITS, le VIH et la protection et

le désir d'entretenir la sexualité du couple.

Finalement, de multiples suggestions quant aux

thèmes à aborder et aux modalités à appliquer dans

l'éventualité de la conception d'un programme

d'éducation sexuelle ont été énoncées par les

participants de tous les groupes.

Ainsi, cette étude illustre les besoins manifestes des

jeunes décrocheurs/raccrocheurs en matière

d'éducation sexuelle et décrit, de façon plus pointue,

ces besoins. Cette démarche permet enfin de cibler

plus précisément certaines pistes d'intervention à

considérer dans la conception éventuelle d'un

programme d'éducation sexuelle s'adressant à ces

jeunes adultes de la formation générale aux adultes et

portant sur le vécu amoureux et sexuel.

Analyse des besoins des jeunes décrocheurs/raccrocheurs en vue d’une

intervention d’éducation sexuelle sur la question du vécu amoureux et sexuel

Élaboré par Émilie Giroux, M.A.

Sexologue (profil recherche-intervention sans mémoire)

giroux.emilie@uqam.ca

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 5

Relève Relève Relève Relève Relève Relève Relève

L’impact de la maturité affective sur le processus sexothérapeutique du

traitement de la compulsion sexuelle

Élaboré par Sandra Chastenay, M.A.

Sexologue clinicienne et psychothérapeute (profil counseling)

s.chasteney@sympatico.ca

Rapport déposé en 2004

RÉSUMÉ

Nous vous présentons le résumé de notre rapport

d'activités réalisé dans le cadre de la maîtrise en

sexologie, au profil counseling, à l'Université du

Québec à Montréal. Ce rapport d'activités est une

recension des écrits portant sur la maturité

affective. Il se veut une réflexion sur le rôle de la

maturité affective dans le processus sexothérapeutique

du traitement de la compulsion

sexuelle. Cette étude vise à définir le concept de la

maturité affective afin de mieux cerner, lors de

l'évaluation clinique, les facteurs affectifs

impliqués dans la problématique sexuelle, et de

favoriser davantage leur maturation dans le

traitement sexothérapeutique dans une

perspective de guérison complète et durable. Cette

étude nous apprend qu'aucune définition explicite

de la maturité affective ne figure parmi les

ouvrages consultés. L'analyse de ce concept,

utilisé par les différents auteurs consultés, a mené

à une énumération de ce que pourraient être les

caractéristiques de la maturité affective. La

discussion porte ensuite sur trois volets : l'analyse

des concepts de maturité affective et de

compulsion sexuelle, le rôle du processus de

maturation affective dans une démarche

sexothérapeutique chez certains patients souffrant

de compulsion sexuelle et une réflexion sur la

nature et l'objet de ce travail clinique.

L'intégration de la notion de maturité affective

dans le processus sexothérapeutique apparaît

comme une démarche pouvant mener à un

rétablissement complet et durable. Cette notion,

bien que couramment utilisée, aurait avantage à

être intégrée explicitement dans les protocoles

sexothérapeutiques pour ainsi mettre en relief la

spécificité de notre discipline.

L’anorgasmie masculine : une étude de cas selon l’approche

sexoanalytique

Élaboré par Isabelle Boisclair, M.A.

Sexologue clinicienne et psychothérapeute (profil counseling)

isabelleboisclair@videotron.ca

Rapport déposé en 2005

La présente étude a été réalisée comme exigence

partielle de la maîtrise en sexologie du profil

counseling. Elle vise, à partir d'un cas clinique, la

connaissance des apports de la sexoanalyse dans

la compréhension et le traitement de l'anorgasmie

masculine. Une attention particulière est portée

sur le sens qu'elle peut prendre dans

l'organisation intrapsychique de ces hommes qui

en souffrent. Nous avons tenté d'identifier les

causes profondes de divers conflits psychiques et

des anxiétés. Des liens sont aussi faits entre les

différents facteurs étiologiques sexoanalytiques et

les trois sphères du sexuel : sexualité/

genralité/rapport à l'autre sexe. Notre analyse

semble démontrer que l'anorgasmie masculine

permet à ces hommes de se protéger contre des

anxiétés profondes liées à leur genralité et à leur

rapport à la femme. Essentiellement, sur le plan

de la genralité, nous avons remarqué une

hypomasculinité ainsi qu'une anxiété de

masculinitude favorisant une déficience de

l'agressivité phallique. Alors qu'au niveau du

rapport à la femme, nous avons mis en lumière

une anxiété d'abandon dominante permettant de

préserver le lien à la mère fusionnelle et madone.

Cette étude est basée sur l'expérience clinique

d'une sexoanalyse d'un homme ayant des

diagnostics sexoanalytiques d'anorgasmie

relationnelle et de dysorgasmie (orgasme

retardé). Les résultats furent recueillis lors des

33 entretiens cliniques sur une période de huit

mois de sexothérapie. L'analyse de ce matériel

clinique est faite en fonction du modèle

sexoanalytique. En dernier lieu, l'étude a essayé

d'améliorer la compréhension sexoanalytique de

l'anorgasmie masculine ainsi que d'identifier

différentes pistes d'interventions cliniques afin de

favoriser une amélioration de la pratique

sexologique auprès de ces hommes.

6 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier

des personnes présentant des problèmes sexuels

correspondait par ailleurs aux critères de la

santé mentale. Cette distinction est très importante

pour nous puisqu'elle nous permet de nous

distinguer des psychologues, médecins et

psychiatres, en plus de nous reconnaître un

champ de compétence bien à nous. Elle ouvre la

voie à la spécificité du travail des sexologues que

nous sommes. D'ailleurs, c'est précisément pour

cette raison que le département de sexologie a

été fondé à l'Université du Québec à Montréal.

Les fondateurs croyaient fermement à la spécificité

et à la pertinence d'une profession de

sexologue. N'oublions pas qu'aujourd'hui, les

sexologues du Québec sont les seuls spécialistes

à travers le monde qui sont dûment formés en

sexologie dans un programme académique universitaire

complet de baccalauréat et de

maîtrise. Que diriez-vous de nous donner les

moyens, par une réflexion commune, de revenir

aux bases et aux fondements mêmes de notre

belle profession?

Cet article se veut une amorce de réflexion afin

de définir ensemble un modèle de santé

sexuelle. Nous vous soumettons ces informations

dans le but d'ouvrir le dialogue entre les sexologues

de toutes les approches et orientations.

Le modèle de santé sexuelle que nous vous

présentons est celui qui a été développé par le

Dr Jean-Yves Desjardins, fondateur de

l'Approche sexocorporelle. Ce modèle de santé

sexuelle complet englobe toutes les composantes

qui interagissent dans la sexualité des hommes et

des femmes. C'est un modèle qui rallie toutes les

approches utilisées par les sexologues et qui

touche à tous les champs de la sexologie.

L'Approche sexocorporelle qui se base sur ce

modèle de santé sexuelle a développé des

moyens très efficaces dans le traitement des

divers troubles sexuels. Son efficacité découle du

fait qu'elle s'attarde directement à la fonction

d'excitation sexuelle, le coeur même de la sexualité

des hommes et des femmes. Grâce à une

sémantique rigoureuse, ce modèle de santé

sexuelle permet également de lever le voile sur

de multiples confusions qui existent dans le

vocabulaire sexologique.

QUI A DÉVELOPPÉ CE MODÈLE DE SANTÉ

SEXUELLE?

La santé sexuelle est un sujet qui a toujours passionné

le Dr Jean-Yves Desjardins, psychologue

et sexologue clinicien qui travaille dans le

domaine de la sexologie clinique depuis plus de

40 ans. À la suite de nombreuses années

d'études, de réflexion et d'approfondissement, il

a décidé de concentrer son travail sur la sexologie

en étant profondément convaincu de la

spécificité du sexologue et de la nécessité de

créer un enseignement spécialement dévolu à la

sexologie clinique. À la fin des années 1960, il a

réalisé l'un de ses grands rêves en cofondant le

département de sexologie à l'Université du

Québec à Montréal. C'est à cette même époque

que l'Approche sexocorporelle a commencé à

prendre forme et à être enseignée à cette université.

Elle y a été enseignée pendant une vingtaine

d'années, jusqu'à la retraite de M. Desjardins. Au

fil des années, Jean-Yves Desjardins a précisé et

structuré sa pensée grâce à l'aide de nombreux

collaborateurs, tant au Québec qu'en France.

Depuis maintenant dix-huit ans, il enseigne

l'Approche sexocorporelle dans différents pays

d'Europe, et la demande ne cesse d'augmenter.

Les connaissances justes et précises qu'apporte

l'Approche sexocorporelle sur l'exercice de la

sexualité des hommes et des femmes ont suscité

l'intérêt des scientifiques et des médecins et ont

permis de développer des outils sexothérapeutiques

simples et très efficaces en clinique.

LA SANTÉ SEXUELLE

La santé sexuelle pourrait se définir comme étant

la naissance, l'interaction et l'harmonisation des

différentes composantes de la sexualité humaine.

Pour mieux comprendre cette définition, il est

important de pouvoir définir chacune de ces

composantes. C'est à partir d'observations

cliniques et d'une longue expérience professionnelle

que ces différentes composantes ont été

définies par Jean-Yves Desjardins et ses collaborateurs.

Il est important de mentionner que le

coeur de la sexualité humaine prend sa source

dans le réflexe d'excitation sexuelle. Sans lui,

nous ne pourrions pas parler de sexualité.

Toutes les autres composantes qui s'y rattachent

sont développementales et sujettes à modification

au cours du développement sexuel d'une

personne. En effet, le réflexe d'excitation sexuelle

étant présent dès la naissance, l'enfant fera

très tôt ses premiers apprentissages à sa sexualité.

Ces apprentissages seront déterminants dans

l'évolution de sa sexualité. Le développement

sexuel de l'enfant est un sujet passionnant, mais

puisqu'il ne constitue pas l'objet de cet article,

regardons plus en détail toutes les composantes

du modèle de santé sexuelle.

LES DIFFÉRENTES COMPOSANTES DU

MODÈLE DE SANTÉ SEXUELLE

La composante fondamentale : l'identité

sexuelle

L'espèce humaine est composée d'individus de

sexe masculin et de sexe féminin. C'est ce qui constitue

l'identité sexuelle. Cette identité biologique

est fixée dès la conception par les gènes (XX ou

XY) et ne changera jamais, de la naissance jusqu'à

la mort. L'identité sexuelle apparaît également

avant même la naissance par la présence du

réflexe d'excitation sexuelle génitale.

Les composantes sexologiques développementales

Mise à part l'identité sexuelle, toutes les autres

composantes du modèle de santé sexuelle s'inscrivent

dans le cadre du développement sexuel

humain. Nous les subdivisons en quatre grandes

catégories :

Les composantes physiologiques : L'excitation

sexuelle et son développement en passant par

ses modes, ses sources et ses courbes.

Les composantes sexodynamiques : Le sentiment

d'appartenance à son sexe biologique, le

plaisir sexuel, le désir sexuel et ses diverses

facettes, l'imaginaire érotique, les codes d'attraction

sexuelle, l'assertivité sexuelle et l'intensité

émotionnelle.

Les composantes cognitives : Les connaissances,

les croyances, les idéologies, les jugements

de valeur et les systèmes de pensée en lien

avec la sexualité.

Les sexologues à l’unisson... vers un modèle de santé sexuelle (suite de la page 1)

Par Lise Desjardins, M.A. et Mélanie Tremblay, M.A.

Sexologues cliniciennes et psychothérapeutes

Membres de l’Association des Sexologues du Québec

Membres fondateurs de l’Institut Sexocorporel International

Les composantes relationnelles : Le sentiment

amoureux, la communication érotique et

amoureuse, la séduction et les habiletés

érotiques.

LES COMPOSANTES PHYSIOLOGIQUES

La fonction d'excitation sexuelle

La fonction d'excitation sexuelle occupe une

place centrale dans l'exercice de notre sexualité.

Le réflexe d'excitation sexuelle est le premier à

apparaître dans le processus de sexualisation de

l'individu et tous les apprentissages à sa génitalité

se feront à partir de ce réflexe.

La fonction d'excitation sexuelle tient compte de

deux aspects : la vasocongestion des organes

génitaux qui se manifeste dès la présence de

toute excitation sexuelle et les trois lois du corps

qui accompagnent toujours l'excitation sexuelle

et qui permettent une action volontaire sur la

courbe de l'excitation sexuelle. Les trois lois du

corps sont les différents rythmes utilisés, les

diverses tensions musculaires impliquées et

l'utilisation de l'espace par l'ensemble des

mouvements effectués (espace externe) et par la

respiration (espace interne). Par le jeu des

rythmes, des tensions musculaires et des

mouvements, il est possible de poser des actions

volontaires sur la courbe de l'excitation sexuelle

en la modulant par la diffusion et en la canalisant

jusqu'à la décharge orgastique1. La naissance

du réflexe de l'excitation sexuelle ainsi que

l'atteinte du point de non-retour sont deux

phénomènes réflexes sur lesquels nous n'avons

pas de pouvoir volontaire. Par ailleurs, nous

verrons à travers l'explication des différents

modes d'excitation sexuelle qu'il est possible de

modifier volontairement la courbe de sa réponse

sexuelle par l'utilisation des différentes lois du

corps. Il est ainsi possible d'influencer la qualité

de l'excitation sexuelle par la gestion volontaire

des réactions qui l'accompagnent.

Les modes d'excitation sexuelle

À partir d'observations et de descriptions

obtenues lors d'évaluations sexologiques de

milliers de patients et de patientes, une typologie

clinique a été établie pour dégager cinq

différentes façons de s'exciter.

Le mode d'excitation sexuelle archaïque

Le mode archaïque est le premier mode à apparaître

chez le jeune enfant. Par ailleurs, on le

retrouve également chez les personnes adultes,

particulièrement chez les femmes. Ce mode

d'excitation sexuelle archaïque consiste à faire

monter une excitation sexuelle par l'utilisation

de pressions, de mouvements et de forte tension

musculaire dans la région génitale. Il a été

appelé ainsi par l'implication importante des

récepteurs internes profonds2 qui caractérise ce

mode. Pour s'exciter, la personne utilise surtout

des pressions en serrant les jambes ou en

plaçant un oreiller ou un coussin entre ses

cuisses. Par exemple, une femme arrivera à faire

monter son excitation sexuelle jusqu'à la

décharge orgastique en contractant les muscles

qui entourent ses parties génitales (périnée) et

en faisant une pression sur son bas ventre et sur

ses parties génitales. Elle peut aussi serrer son

poing ou un objet entre ses jambes, faire des

frottements contre le coin d'un lit ou encore

exercer des pressions sur la région génitale avec

un mouvement de bascule du bassin, allongée à

plat ventre. La personne qui s'excite dans le

mode archaïque n'utilise généralement pas ses

mains. Si elle les utilise, c'est uniquement pour

appliquer une pression sur ses organes génitaux.

Le mode archaïque est limitatif puisqu'il s'adapte

très peu au coït, tant pour l'homme que pour la

femme. Chez les hommes qui utilisent principalement

ce mode d'excitation, des difficultés à

maintenir leur érection lors des pénétrations

pourront survenir. La pression exercée par le

vagin, en comparaison à la pression qu'ils

exercent eux-mêmes sur leur pénis lorsqu'ils

s'excitent, n'est pas suffisante à la montée de leur

excitation. De la même façon, beaucoup de

femmes fonctionnant uniquement avec ce mode

d'excitation auront de la difficulté à atteindre

l'orgasme avec partenaire puisqu'elles ne peuvent

reproduire les stimulations qu'elles

obtiennent lorsqu'elles s'excitent seules.

De plus, puisque le mode archaïque mobilise

principalement les récepteurs profonds, les

personnes utilisant ce mode apprécient

généralement peu les préliminaires et les

touchers superficiels ou délicats. Elles se privent

ainsi de toute une gamme de caresses et de

préliminaires amoureux, ce qui risque d'amener

des conflits relationnels entre les partenaires.

Néanmoins, ce mode d'excitation sexuelle

permet de faire augmenter l'excitation sexuelle

souvent jusqu'au point de non-retour.

Le mode d'excitation sexuelle mécanique

Ce mode excitatoire est appelé « mécanique » en

raison du mouvement rapide et mécanique fait

de façon précise sur les organes génitaux. Dans

ce mode d'excitation, cette stimulation rapide est

nécessaire pour faire augmenter l'excitation

sexuelle jusqu'au point de non-retour.

Contrairement au mode archaïque, qui implique

les récepteurs profonds, le mode mécanique

implique les récepteurs externes superficiels3.

Ce mode d'excitation sexuelle est celui qui est le

plus fréquemment utilisé par les hommes et les

femmes. Les hommes s'excitent habituellement

avec un mouvement rapide et constant de va-etvient

de la main placée en fourreau autour du

pénis. Chez la femme, c'est la stimulation rapide

et continue de sa vulve, le plus souvent près de

son clitoris, qui l'amène à la décharge orgastique.

L'excitation sexuelle monte rapidement et

provoque une forte contraction généralisée des

muscles fessiers, des cuisses et de l'abdomen.

Ce mode d'excitation est lui aussi limitatif

puisque le champ de conscience4 lors de l'excitation

sexuelle se réduit aux sensations de la

zone qui est stimulée. Pendant la montée de l'excitation,

la personne doit être concentrée sur

une sensation bien précise et tous les autres

touchers ou caresses deviennent dérangeants.

De la même façon que pour le mode excitatoire

archaïque, il est impossible pour la personne qui

utilise un mode d'excitation mécanique d'entrer

dans de grandes perceptions de volupté ou de

plaisir sexuel pendant la montée excitatoire,

puisque le corps est généralement figé et tendu

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 7

Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier

1La décharge orgastique renvoie au phénomène physiologique de l'excitation sexuelle qui atteint le point de non-retour. Cela correspond à l'éjaculation chez l'homme et au

déclenchement des réactions spasmodiques chez la femme.

2Les récepteurs internes profonds peuvent être mis en action par des pressions, des palpations ou des pétrissages. Ces récepteurs sont présents dans la musculature profonde interne.

3Les récepteurs externes superficiels peuvent être mis en action par des effleurements ou des caresses légères à la surface de la peau.

4Le champ de conscience fait référence à la perception conscientisée que l'on ressent à partir de nos sensations.

et qu'une grande concentration est nécessaire à

la montée de l'excitation sexuelle. La décharge

orgastique est souvent accueillie comme un

soulagement et non comme un orgasme5. Chez

l'homme, puisqu'il n'a pas appris à moduler6

son excitation sexuelle pour la prolonger et

décider du moment de son éjaculation, des difficultés

du contrôle éjaculatoire peuvent survenir.

Chez la femme, la stimulation génitale doit être

très précise et dans un rythme soutenu pour

qu'elle puisse accéder à la décharge. Parfois,

elle aura des difficultés à atteindre l'orgasme

avec partenaire puisqu'elle n'arrive pas à se concentrer

suffisamment. De plus, la femme qui

utilise uniquement cette manière de s'exciter

aura plus de difficultés à atteindre l'orgasme par

pénétration (sauf avec une stimulation simultanée

de son clitoris pendant la pénétration)

puisque ce mode d'excitation sexuelle ne lui a

pas permis d'explorer ses sensations internes

vaginales. Les femmes ayant mis en place ce

mode sont habituellement favorables aux

préliminaires. Également, les fortes contractions

des muscles entourant son vagin lors de la

stimulation de son clitoris réduisent considérablement

les possibilités qu'elle développe

du désir sexuel coïtal.

Le mode d'excitation sexuelle archaïcomécanique

et en courant continu

On peut aussi observer une façon de s'exciter qui

combine à la fois le mode excitatoire archaïque

et mécanique. Il s'agit du mode excitatoire

archaïco-mécanique. Ce mode implique la

mobilisation à la fois des récepteurs profonds

(par les pressions et les contractions) et à la fois

des récepteurs superficiels (par les stimulations

de type caresses et frottements légers). En

d'autres mots, dans l'autoérotisme, l'homme ou

la femme exerce des pressions et des frottements

concomitants de façon énergique (c'est-à-dire

avec une forte pression) sur les organes génitaux.

De façon générale, la stimulation génitale

est exercée avec la main. On retrouve aussi des

personnes qui vont s'exciter à l'aide d'un jet de

douche ou avec un vibrateur. On dira alors que

c'est un mode d'excitation sexuelle en « courant

continu ».

Le mode d'excitation sexuelle ondulatoire

Dans ce mode d'excitation sexuelle, la personne

vit son excitation sexuelle dans un corps fluide7

et confortable. Puisqu'elle est dans un confort

corporel, elle peut avoir accès à un plus grand

champ de conscience et à des sources de plaisir

et de volupté sexuelle8. Grâce aux mouvements

fluides et ondulatoires, l'excitation sexuelle est

diffusée dans l'ensemble du corps. C'est ce que

nous appelons la diffusion de l'excitation

sexuelle. La montée excitatoire ne nécessite pas

une grande concentration et la personne peut se

mouvoir et laisser aller son imagination au gré

de ses fantaisies.

Ce qui peut poser problème dans le mode d'excitation

sexuelle ondulatoire, c'est une diffusion

trop grande qui empêche la canalisation de l'excitation

sexuelle, c'est-à-dire la capacité de

ramener l'excitation sexuelle au niveau génital et

de la faire suffisamment augmenter pour ensuite

lâcher prise dans une décharge orgastique.

Comme pour le mode excitatoire archaïque,

c'est une façon de s'exciter que l'on retrouve

plus souvent chez les femmes que chez les

hommes. Puisque le plaisir sexuel est grand, ces

personnes cherchent à prolonger leur jouissance

sexuelle. Cela peut les amener à ne pas

pouvoir ou vouloir intensifier leur excitation

sexuelle jusqu'au point de non-retour et jusqu'à

l'orgasme. Cela peut causer des difficultés entre

les partenaires qui ne partagent pas les mêmes

buts dans la relation sexuelle.

Le mode d'excitation sexuelle en vague

Le mode excitatoire en vague consiste en la

stimulation de récepteurs internes et externes en

utilisant le corps dans sa globalité à partir d'un

mouvement appelé « double bascule ». Cela est

rendu possible par des mouvements du bassin

qui bascule d'avant en arrière, associés à une

bascule des épaules et à un lâcher prise de la

tête. Ce mouvement de la double bascule s'articule

autour d'une respiration abdominale

rythmée et profonde. Le mouvement de la « double

bascule » est déjà inscrit dans notre corps à

titre de réflexe que l'on effectue spontanément

lorsque l'on rit, l'on pleure, l'on tousse ou dans

toute autre forme d'expulsion dont la décharge

orgastique fait partie. En sexothérapie, l'apprentissage

de façon plus consciente du mouvement

de la double bascule est une aide précieuse dans

l'amélioration de la qualité de l'excitation

sexuelle et du plaisir sexuel qui l'accompagne.

La particularité du mode en vague est qu'il

permet de canaliser l'excitation sexuelle en utilisant

l'ensemble du corps. Cette mouvance du

corps dans sa globalité rend possible l'association

de la montée de l'excitation sexuelle

(bassin, bas du corps) et de la charge émotionnelle

de plaisir sexuel (haut du corps) pour

aboutir dans l'orgasme.

En résumé

Le mode archaïque et le mode mécanique permettent

d'obtenir une décharge orgastique alors

que le mode en vague débouche généralement

sur une décharge orgasmique9. Le mode ondulatoire

et le mode en vague permettent d'associer

à l'excitation sexuelle génitale le plaisir et la

volupté sexuelle. En matière de santé sexuelle, le

mode en vague offre la possibilité à tout homme et

à toute femme de parvenir à l'orgasme par

8 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier

5L'orgasme fait référence à la décharge génitale (réactions spasmodiques et éjaculation) accompagnée d'une décharge émotionnelle (plaisir sexuel).

6La modulation de l'excitation sexuelle renvoie à la capacité à faire monter et redescendre l'intensité de l'excitation sexuelle.

7La fluidité fait référence au corps qui bouge avec souplesse dans une mouvance diversifiée et avec un tonus musculaire variable.

8La volupté sexuelle est la capacité de ressentir du plaisir sexuel et de la jouissance pendant la montée et le maintien de l'excitation sexuelle.

9La décharge orgasmique renvoie à la fois à une décharge physiologique (réactions spasmodiques et/ou éjaculation chez l'homme) accompagnée d'une décharge émotionnelle qui

renvoie au plaisir sexuel qui y est associé. C'est ce que nous appelons l'orgasme.

autostimulation (stimulation faite par la personne

elle-même), par allostimulation (stimulation faite

par le/la partenaire) et par la pénétration pour la

femme s'il y a association des récepteurs superficiels

et des récepteurs profonds. De plus, c'est un

mode qui permet de jumeler la fonction d'excitation

sexuelle et de la fonction de plaisir sexuel.

Une évaluation attentive de la fonction d'excitation

sexuelle est capitale pour le traitement

sexoclinique qui s'ensuit puisqu'elle est, dans la

grande majorité des cas, en lien de causalité

directe10 avec le problème sexuel qui est présenté.

Une bonne évaluation qui tient compte du

mode d'excitation sexuelle utilisé par la

personne qui consulte permet de comprendre

rapidement la source d'une difficulté sexuelle et

de savoir comment, par des apprentissages

appropriés, modifier la façon dont les hommes

et les femmes gèrent leur excitation sexuelle.

Ainsi, l'amélioration de la qualité de leur vie

sexuelle est possible.

Les sources d'excitation sexuelle

Les sources d'excitation sexuelle sont tous les

stimuli susceptibles de déclencher le réflexe de

l'excitation sexuelle. Parmi les sources d'excitation

sexuelle, on retrouve les cinq sens (la vue,

l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher) et l'imaginaire

érotique. Toutes les variantes possibles de

ces sources d'excitation peuvent être envisagées

en sachant que certaines personnes ont un

registre très large de sources excitatoires tandis

que d'autres se situent davantage dans un

registre limitatif.

LES COMPOSANTES SEXODYNAMIQUES

Le sentiment d'appartenance à son sexe

biologique

Comment un homme perçoit-il et vit-il sa masculinité?

Comment une femme perçoit-elle et vitelle

sa féminité? Le sentiment d'appartenance à

son sexe est un socle de base pour tout le

développement sexuel d'une personne. On peut

le subdiviser en deux sous-composantes : les

archétypes sexuels (intrusivité sexuelle et réceptivité

sexuelle) et les stéréotypes sociaux (féminoïdes

et masculinoïdes). En matière de santé,

on dira qu'une personne est bien ancrée dans

son identité sexuelle de genre si elle érotise son

archétype sexuel et qu'elle a développé un minimum

d'adaptation aux stéréotypes sociaux et

culturels véhiculés relativement au féminin et au

masculin. Ces stéréotypes renvoient à la

morphologie, aux comportements, attitudes et

champs d'intérêts que l'on associe culturellement

aux hommes ou aux femmes.

La fonction de plaisir sexuel

Tous les hommes, femmes ou couples qui

viennent consulter en sexologie rêvent de

volupté et de plaisir sexuel. Il s'agit là d'un rêve

universel. Pour pouvoir les aider adéquatement,

il faut d'abord faire une distinction claire entre

l'excitation sexuelle et le plaisir sexuel. Dans

l'explication des différentes façons de s'exciter,

nous avons pu constater qu'il est possible de

vivre une excitation sexuelle et même une

décharge orgastique sans que cette montée de

l'excitation génitale ne soit accompagnée de

plaisir sexuel (mode archaïque, mode

mécanique, mode en courant continu et mode

archaïco-mécanique). Le soulagement que

procure la décharge peut être vécu comme une

forme de plaisir sexuel même s'il est de très

courte durée. Le plaisir sexuel est une composante

qui est directement liée au mode d'excitation

sexuel utilisé. C'est pour cette raison qu'il

est impératif de bien évaluer la fonction d'excitation

sexuelle des personnes qui consultent et

de distinguer que l'excitation sexuelle est un

phénomène physiologique tandis que le plaisir

sexuel est une perception émotionnelle agréable

qui peut, ou non, accompagner cette excitation.

Une autre condition essentielle à l'émergence du

plaisir sexuel est l'adhésion émotionnelle de la

personne à la rencontre sexuelle avec l'autre ou

lorsqu'elle s'excite seule. Si une personne est

peu favorable à la rencontre sexuelle ou qu'elle

ressent de la culpabilité ou de la honte face à la

masturbation, il est peu probable qu'elle en

retire beaucoup de plaisir sexuel. Le plaisir

sexuel est une composante multidépendante de

toutes les autres composantes de la sexualité. Les

composantes physiologiques, sexodynamiques,

cognitives et relationnelles vont renforcer ou

fragiliser la capacité d'une personne à ressentir

du plaisir sexuel lors de la montée de son excitation

sexuelle et lors de la décharge.

Le désir sexuel

Le désir sexuel est une anticipation positive

d'une relation sexuelle avec soi ou avec une

autre personne, susceptible d'éveiller le réflexe

d'excitation sexuelle. Pour définir la composante

du désir sexuel, on peut la décomposer en

quatre sous-composantes.

L'érotisation de la différence

Capacité d'érotiser la différence morphologique

et/ou la différence au niveau de la personnalité,

de l'attitude et des comportements.

L'érotisation de la distance

Capacité de vivre confortablement une distance

avec l'autre sans ressentir une grande inquiétude

ou une angoisse. La distance peut être

physique ou elle peut être psychologique,

faisant ainsi référence à des besoins de fusion

ou d'individuation. Une personne ayant de

grands besoins fusionnels pourra avoir de la

difficulté à vivre une distance avec la personne

qu'elle aime, puisque cela est synonyme pour

elle d'angoisse face à la peur de l'abandon. Or,

le désir sexuel est un rêve qui prend naissance

dans la distance.

L'attractivité sexuelle

L'attractivité sexuelle est présente lorsqu'une

personne retrouve chez son/sa partenaire des

éléments qui correspondent à ses codes

d'attraction, c'est-à-dire des éléments qui sont

susceptibles de l'attirer sur le plan sexuel.

L'attractivité sexuelle peut évoluer au fil du

temps puisque les codes d'attraction sont en

constante évolution et peuvent se modifier.

Points de repère corporels à son excitation

sexuelle

Capacité de percevoir et de codifier dans

son corps les manifestations et les signaux de

l'excitation sexuelle.

En plus de ces quatre composantes, on peut

définir différentes typologies du désir sexuel. Par

exemple, on retrouve le désir amoureux, le désir

de fusion, le désir d'enfant, le désir de décharge et

le désir sexuel coïtal. Les hommes et les femmes

peuvent désirer un rapprochement sexuel pour

combler des besoins bien différents et c'est notre

évaluation sexologique qui nous permettra de

mettre ces informations en lumière.

L'imaginaire érotique

L'imaginaire sexuel est une composante importante

puisqu'elle est révélatrice des codifications

sexuelles que fait une personne ainsi que de sa

perception d'elle-même dans ses mentalisations.

De manière générale, l'imaginaire érotique

représente tout ce qu'une personne est capable

de rêver ou de scénariser ayant pour effet de

déclencher l'excitation sexuelle. On y retrouve

un contenu qui peut se présenter sous forme de

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 9

Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier

10Le lien de causalité directe nous indique clairement ce sur quoi il faut travailler pour améliorer le vécu sexuel de la personne qui consulte. En sexologie clinique, le lien de causalité

directe est presque toujours rattaché à la fonction excitatoire.

10 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier Dossier

flash, d'images ou de scénarios plus ou moins

élaborés. Ce contenu peut être à connotation

intrusive ou réceptive et à prédominance

amoureuse ou génitale. La personne peut s'y

retrouver en tant qu'acteur ou en tant que spectateur,

génitalement impliqué ou pas. Le niveau

de santé de l'imaginaire sexuel se mesure en

fonction de la richesse des scénarios élaborés

ainsi que de la relation avec sa masculinité ou sa

féminité. L'imaginaire érotique est en relation

directe avec le mode d'excitation sexuelle.

Certains modes dits limitatifs permettent difficilement

l'élaboration de scénarios dans l'imaginaire

puisque la personne doit se concentrer sur

une sensation génitale précise pour faire monter

son excitation sexuelle. D'autres modes permettent

une plus grande émergence de scénarios

érotiques. Cela revient à dire qu'en modifiant

son mode d'excitation sexuelle, il est possible

d'élargir le registre de l'imaginaire érotique.

Les codes d'attraction sexuelle

Les codes d'attraction sexuelle ont pour effet de

déclencher le réflexe d'excitation sexuelle et en

ce sens, ils constituent une source importante

d'excitation sexuelle. Ces codes d'attraction sexuelle

peuvent être à prédominance amoureuse

(s'intéresser davantage aux attributs physiques

ou personnels faisant référence à des qualités

recherchées chez un partenaire amoureux) ou à

prédominance génitale (s'intéresser davantage

aux attributs faisant directement référence à la

génitalité). Le registre des codes d'attraction

d'une personne peut être très varié comme il

peut être limité, voire exclusif comme c'est le cas

pour les fétichistes. En terme de santé sexuelle,

le registre des codes d'attraction doit être suffisamment

varié pour permettre à une personne

d'érotiser à la fois l'intimité et la génitalité.

L'assertivité sexuelle

L'assertivité sexuelle est une composante qui est

étroitement liée au sentiment d'appartenance à

son sexe biologique. C'est la capacité de se poser

dans sa féminité pour les femmes et dans sa masculinité

pour les hommes. Cette composante

peut se subdiviser en deux sous-composantes : le

narcissisme et l'exhibitionnisme11. En matière de

santé, le narcissisme renvoie à la capacité de se

regarder avec fierté, de se trouver beau/belle en

tenant compte de ses lignes de force.

L'exhibitionnisme renvoie à la capacité à se

montrer en tant qu'homme ou en tant que

femme avec fierté et assurance. Comme pour

toutes les autres composantes du modèle de

santé sexuelle, l'assertivité sexuelle peut être

développée et renforcée au cours du développement

sexuel et au cours d'une sexothérapie.

L'intensité émotionnelle

L'intensité émotionnelle se retrouve dans l'expression

de ses rêves, de ses codes d'attraction

sexuelle ainsi que dans son agir érotique. Cette

intensité permet une plus grande implication

de la personne et permet d'amplifier les

sensations et les perceptions vécues dans la

relation sexuelle.

LES COMPOSANTES COGNITIVES

Les composantes cognitives influencent grandement

le vécu sexuel des hommes et des femmes.

Ce sont nos connaissances, nos croyances, nos

idéologies, nos jugements de valeur et nos

systèmes de pensées face à la sexualité. C'est à

partir de son bagage cognitif qu'une personne

jugera ce qu'elle considère bien ou mal dans

l'exercice de sa sexualité et ce qu'elle se permet

de faire ou de ne pas faire. C'est également ce

même système de pensée qui engendra des émotions

positives ou négatives face à la sexualité et

plus particulièrement face à la génitalité. Un système

de pensée favorable au vécu de la sexualité

permettra à une personne de se sentir libre de

faire des apprentissages et des explorations

érotiques sans se sentir bloquée, honteuse

ou coupable.

LES COMPOSANTES RELATIONNELLES

Les composantes relationnelles font référence aux

différentes habiletés qui peuvent se développer

entre deux personnes. Parmi les composantes

relationnelles, on retrouve la communication érotique,

le sentiment amoureux, les habiletés de

séduction et les habiletés érotiques. Pour chacune

de ces composantes, nous pouvons dégager un

modèle de santé permettant de constater quelles

sont les habiletés à mettre en place pour une

meilleure harmonie dans le couple.

CONCLUSION

En résumé, le modèle de santé sexuelle que nous

vous avons présenté est issu de l'Approche sexocorporelle

qui utilise une grille d'évaluation

sexologique précise et complète englobant

chacune des composantes impliquées dans l'exercice

de la sexualité humaine. En matière de connaissances

sexologiques et de compréhension de

la sexualité masculine et féminine, cette grille d'évaluation

constitue une base solide pour pratiquer

la profession de sexologue clinicien.

C'est à ce modèle rassembleur de santé sexuelle

que tous les sexologues intervenants en éducation,

en recherche ou en clinique sont appelés à

se rallier afin d'établir clairement le bien-fondé

de notre profession ainsi que notre place dans

l'échiquier des professions reconnues. En terminant,

rappelons-nous que le sexologue est le

spécialiste de la santé sexuelle quel que soit son

champ de pratique en sexologie.

Pour tout renseignement sur les formations

à l'Approche Sexocorporelle

offertes par le Centre de Formation Sexocorporelle,

n'hésitez pas à nous contacter par téléphone au

514 574-3136 ou par courriel à infos@sexologues.ca

10Narcissisme et exhibitionnisme sont présentés ici en termes de santé et non en termes de pathologie.

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 11

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

Au cours des dernières décennies, le couple gai

fut, en quelque sorte, le réel dans l'invisible. La

libération sexuelle des années 1970 a entrouvert

une première brèche pour les couples gais,

brèche vite refermée par l'arrivée du SIDA. En

2001, Statistique Canada indiquait que 34 000

couples de même sexe vivaient en union libre.

Cela représentait 0,5 % de l'ensemble des

couples canadiens. Depuis juillet 2005, le

mariage civil est accessible pour les couples de

conjoints de même sexe au Canada. Un nouvel

espace conjugal est créé.

Difficile de bien connaître la réalité des couples

gais : trop peu d'études. Les données dont nous

disposons sont issues de petites études et donnent

à penser que les gais et les lesbiennes forment des

rapports conjugaux durables dans une proportion

comparable à la population générale (Commission

du droit Canada, 2001). À ce propos, à la suite

d'un sondage, le magazine gai québécois Fugues

signalait tout récemment que 32,5 % des 700

répondants en couple le sont depuis plus de

10 ans (Fugues, mars 2005). En 2001, la Cohorte

Oméga indiquait que parmi les hommes en couple

à leur troisième visite à Oméga, le quart est avec le

même partenaire depuis au moins deux ans, 15,2

% entre deux et cinq ans et enfin 10,3 % depuis au

moins cinq ans (Otis et al., 2001).

Selon McWhirter et Matisson (1984), les facteurs

les plus importants qui aident à maintenir les

couples ensemble sont l'égalité et la compatibilité,

en particulier dans les relations sexuelles. Les

relations sexuelles sont davantage présentes chez

les couples masculins que chez les couples

hétérosexuels ou lesbiens. Soutenus par ce

sentiment d'égalité dans leur couple, les hommes

gais ont aussi une plus grande ouverture face aux

relations sexuelles extraconjugales. Ces rencontres

hors couple sont possibles puisque les partenaires

masculins vivent moins le sentiment de possessivité

l'un envers l'autre. Ces couples réalisent

rapidement que la possessivité sexuelle peut

constituer une menace interne importante à la

continuité de leur couple. Les hommes qui vivent

ensemble depuis plus de cinq ans ont tendance à

modifier les règles conjugales afin de permettre

des relations sexuelles hors couple, qu'ils

perçoivent comme ayant une influence bénéfique

sur la stabilité et la longévité de leur relation.

Fidélité sexuelle ou émotive?

Plusieurs éléments peuvent expliquer la

fréquence plus élevée de l'infidélité sexuelle

chez les couples masculins. Les besoins tels que

l'indépendance, le maintien d'un désir sexuel

élevé, la recherche de la nouveauté sexuelle et

de partenaires, un accent moins important mis

sur la fidélité sexuelle lors de la socialisation des

garçons, pourraient être autant de facteurs

contribuant à cette réalité. Edwards (1994)

suggère que la communauté gaie soutient peu ou

ne propose pas le modèle de la relation

monogame auprès de ses membres, ce qui

pourrait amener un facteur de stress auprès des

couples gais, puisqu'ils n'ont pas l'approbation

de leurs pairs quant à leur choix d'une relation

fermée. Il est possible de croire que les hommes

gais vivent une grande dualité entre leur désir

d'être fidèles et la grande difficulté à y parvenir.

Cela est d'autant plus angoissant et culpabilisant

pour eux puisque la relation monogame

symbolise l'amour vrai et véritable. Et dans ce

sens, les gais vivent beaucoup d'ambiguïté dans

leurs relations amoureuses; ainsi, l'amour gai

représenterait une épée à double tranchant. Sur

cette même lignée, Worth, Reid et McMillan

(2002) ont aussi dégagé une facette de la fidélité

chez les couples gais. Cette fidélité semble être

plus contemporaine et davantage façonnée sur le

couple hétérosexuel. Ainsi, les couples gais

tentent de prouver à la société qu'ils sont

différents des gais célibataires et désirent vivre

un couple monogame comme pour la

génération de leurs parents. Comme si être

monogame, c'est montrer au reste du monde

qu'être gai n'est pas synonyme de promiscuité

sexuelle. Pour ces couples, l'enjeu de la fidélité

représenterait une loi non dite au début de leur

relation, loi qui s'inscrit dans l'amour ressenti

de l'un envers l'autre.

Dans l'ensemble, la fidélité pour le couple gai

est tout aussi importante que pour tous les

autres couples. Cependant, pour les couples gais

où les relations sexuelles extraconjugales sont

permises, cette fidélité est davantage définie en

termes d'engagement émotionnel que de

comportements sexuels (McWhirter et

Mattisson, 1984). Beaucoup de partenaires ont

commencé leur vie commune dans l'attente,

implicite ou explicite, de la fidélité sexuelle. Ces

attentes ont été modifiées au fil du temps,

puisque la fidélité émotionnelle était beaucoup

plus durable. La sécurité réelle, émotionnelle et

la confiance que l'on peut avoir en son conjoint

remplacent le sexe comme appréciation de la

fidélité. Pour arriver à accepter cette possibilité,

les hommes gais doivent revisiter et modifier

leur propre schéma moral. Cela pourrait être un

moyen d'éviter l'épée à double tranchant que

peut représenter la fidélité pour certains

hommes gais.

Heureux en couple ouvert?

Bell et Weinberg (1978) ont remarqué que les

hommes issus de couples fermés ont une bonne

acceptation de leur orientation sexuelle et vivent

moins de problèmes liés à leur sexualité. De

plus, les couples ouverts vivent davantage de

sentiments dépressifs que les autres couples.

Bien que les couples ouverts aient tendance à

durer plus longtemps (Kurdek et Schmitt,

1987), les hommes gais formant des couples

fermés sont plus heureux, plus stables et

équilibrés psychologiquement que leurs vis-à-vis

en couples ouverts. Ils démontrent aussi un

besoin d'affiliation/dépendance plus grand, une

attitude favorable envers la relation et vivent

moins de tensions relationnelles. Pour

Blumstein et Schwartz (1993), le couple ouvert

peut être perturbateur, voire angoissant pour

certains partenaires. McWhirter et Matisson

(1984) ont observé que malgré l'entente et la

possibilité d'une relation extraconjugale, le

partenaire qui voit son conjoint exercer ce droit

vit fréquemment des sentiments tels que la

jalousie, la peur, l'abandon ou encore la colère.

Heureux en couple fermé?

Pour Worth et al. (2002), la relation monogame

peut générer également de l'anxiété chez les

partenaires, puisqu'elle repose sur un sentiment

de confiance. Cette confiance amène un doute

dans la relation amoureuse, doute dirigé vers

l'autre et vers soi-même. Les auteurs expliquent

ce double sentiment par l'attrait d'une relation

extraconjugale que peut ressentir chacun des

partenaires, et cela même s'il n'y a pas de

passage à l'acte. Il devient alors permis de

douter, de penser, d'imaginer que son

partenaire a les mêmes désirs et qu'il est peut-

Le couple masculin : ouvert ou fermé?

Par Claude Cyr, M.A.

Sexologue

claudecyr@sexomasculin.com

être passé à l'action avec ce désir. Ce doute peut

créer de l'anxiété à l'intérieur de la relation

amoureuse. Et cela d'autant plus que la

monogamie est le symbole de l'amour ressenti

par les partenaires, l'un envers l'autre. Une

croyance qui emprisonne les couples gais.

Plusieurs hommes gais se battent avec cette

croyance et leur désir d'une rencontre sexuelle

hors couple. Quant à l'anxiété vécue dans le

couple, elle serait, à ce moment, la peur de

perdre la confiance du partenaire et peut-être

même la relation. Les couples vivant cette réalité

ont beaucoup de difficultés à discuter de la

possibilité d'une relation ouverte; les partenaires

semblent être partagés entre leur désir d'une

relation ouverte et leur engagement de fidélité

pris au début de la relation. Certains partenaires

vivent des relations extraconjugales et n'en

parlent pas au conjoint par peur de sa réaction.

Ils le font une fois découverts par le partenaire.

Beaucoup d'études n'ont cependant trouvé

aucune différence entre une sexualité non

exclusive et une sexualité exclusive en lien avec

la satisfaction conjugale, l'intimité entre les

partenaires, le sentiment de sécurité et

l'engagement. Il faut signaler toutefois que la

satisfaction conjugale ne semble pas être liée au

type de relation conjugale. Cependant, Kurdek

(1998), comme d'autres chercheurs, remarque

que les couples gais non exclusifs durent plus

longtemps que les couples exclusifs.

Suivre le couple!

La satisfaction conjugale n'est pas en lien direct

avec le type de relation, ouverte ou fermée, mais

davantage avec la transparence entre les

partenaires. Ainsi, ce sont surtout les couples où

les relations extraconjugales sont partiellement

ou pas du tout connues de l'autre partenaire qui

vivent le moins de satisfaction conjugale. Les

couples monogames et non monogames avec

des ententes claires concernant les relations

extraconjugales sont davantage satisfaits de

l'expression émotive du couple et de leur vie

sexuelle que peuvent l'être les couples où les

infidélités sont cachées à l'autre partenaire.

L'enjeu important serait davantage le degré de

communication entre les partenaires et la

possibilité de partager entre eux leur expérience

quant aux relations extraconjugales. Le triolisme

semble offrir la meilleure protection pour le

couple masculin. De cette façon, l'intimité avec

le nouveau partenaire sexuel peut difficilement

émerger et ne peut se faire qu'avec le couple; il

permet également de réduire à son minimum la

possibilité de sentiments amoureux entre les

individus. Dans ce sens, comparativement aux

couples de sexes opposés, les couples gais

s'engagent plus souvent avec des partenaires

anonymes rencontrés dans les lieux publics

comme les bars ou les saunas. Dans leur

intention d'aider les thérapeutes qui travaillent

auprès de couples gais, Wagner et al. (2000)

mentionnent que les couples gais vivant des

conflits quant à la possibilité d'un couple ouvert

trouvent la plupart du temps des solutions et des

ententes satisfaisant chacun des partenaires. Les

auteurs affirment que les couples de même sexe

doivent être rassurés : une relation

extraconjugale ne signifie pas nécessairement la

perte de l'amour du conjoint et elle n'indique en

rien un problème ou une difficulté relationnelle

au sein du couple. Tout comme pour McWhirter

et Mattison (1984), les auteurs partagent la

croyance que la relation ouverte amène un

changement important dans la dynamique

relationnelle et sera probablement mise à

contribution afin de favoriser la longévité du

couple.

Il est important, par contre, de savoir que les

couples masculins qui ont des rencontres

extraconjugales dans la première année de leur

relation sont plus disposés à vivre une rupture

au cours des prochains 18 mois. De plus,

McWhirter et Mattison (1984) ont découvert

que les couples gais non monogames qui sont

ensemble depuis plus de dix ans ont tendance à

s'engager de nouveau dans une relation

sexuellement exclusive.

Le couple gai, plus qu'un choix!

On voit que plusieurs facteurs influent sur le

choix à ouvrir le couple. Cela semble être une

étape souvent commune aux couples gais, et ne

signifie pas nécessairement la fin du couple.

Cependant, il se dégage des éléments importants

qui doivent être considérés par les partenaires

afin que le couple ouvert soit bien vécu par

chacun des partenaires. La franchise,

l'honnêteté et les ententes claires entre les

partenaires semblent être des éléments qui

prédisposent à bien vivre le couple ouvert. On

comprend également que ce n'est pas

nécessairement l'ouverture du couple qui

prédispose à une meilleure satisfaction

conjugale, mais davantage les habiletés des

partenaires à faire face aux changements dans le

couple. Il faut savoir aussi que les couples

masculins semblent plus fragilisés par un

environnement homophobe, par un cohabitation

précoce et aussi par des lieux de socialisation

limités comme les bars, mais aussi par un

manque de soutien de la part de leurs amis et de

leur entourage. Malgré cela, les couples

masculins ont tendance à vivre un bon équilibre

entre les partenaires, une plus grande ouverture

face aux aventures extraconjugales, à être

davantage satisfaits de leur vie sexuelle et à avoir

une plus grande fréquence de leurs activités

sexuelles que leurs vis-à-vis hétérosexuels et

lesbiens.

Bibliographie

Blumstein, P., et Schwartz, P. 1983. American

couples. New York: Morrow, p.656

Bell, A. P. et Weinberg, M. S. 1978.

Homosexualities. New York: Simon and Shuster,

505 p.

Edwards. T. 1994. «Erotics and Politics: Gay

Male Sexuality», Masculinity and Feminism.

London: Routledge

Kurdek, L. A. et Schmitt, J.P. 1987. «Relationship

Quality of Gay Men in Closed or Open

Relationships» In De Cecco, J. P. (éd.), Gay

Relationships. New York: Haworth Press, p.217-234.

Kurdek, L. A. 1998. «Relationship Outcomes and

Their Predictors: Longitudinal Evidence from

Heterosexual Married, Gay Cohabiting, and

Lesbian Cohabiting Couples». Journal of

Marriage and the Family 60: 553-568.

McWhirter, D.P. et. Mattison, A. M. .1984. The

male Couple : How Relationships Develop.

Englewood Cliffs, New Jersey: Prentice Hal, 341p.

Otis, J. et al. (2001). «Le couple chez les

participants d'Oméga. Vivre à deux : un plus ».

Données de recherche de T1 à T3 à partir de la

Cohorte Oméga à Montréal, Les hommes qui ont

des relations affectives et sexuelles avec d'autres

hommes, Communication dans le magazine Fugues

17 (11), 114-116.

12 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 13

« L’amour c’est d’l’ouvrage,

c’est un boulot dangereux;

une seule personne c’est d’l’ouvrage,

imaginez-vous deux »

Jean-Pierre Ferland

Démonstration de l’utilisation de l’approche

systémique et de l’approche psychanalytique

dans les situations de violence entre conjoints.

Introduction

Ce texte se veut le résultat de mon expérience

clinique en psychothérapie de couple, dans

différents contextes de violence entre les

conjoints, et où ce n’est pas toujours la femme

qui est la victime, ni l’homme, le persécuteur.

Loin de moi l’idée de justifier le comportement

de l’agresseur, pas plus que celui de la victime,

d’ailleurs. Mon objectif n’est pas non plus de

départager qui, de l’homme ou de la femme, est

le plus violent. Pour une meilleure

compréhension du symptôme de violence dans

les relations amoureuses, force est de constater

qu’il m’est devenu incontournable de considérer

non seulement les normes sociales en regard au

genre (extrapsychique), mais également les

dimensions inconscientes qui émergent de

« l’intérieur » (intrapsychique) des deux

partenaires, souvent issues de la famille

d’origine. En effet, je m’aperçois dès lors que les

parents ne sont jamais très loin! Derrière les

« contes », la litanie de plaintes de chacun

des partenaires, j’observe un thème fondamental

commun qui est à la source même du conflit

conjugal et qui est issu de leurs conflits

psychiques inconscients d’origine infantile.

L’utilisation juxtaposée des approches

systémique et psychanalytique et, plus

spécifiquement, les principes de collusion et de

double contrainte réciproque, aident à

comprendre ce jeu commun entre les

partenaires où chacun est tour à tour victime et

tortionnaire de l’autre, et qu’ils possèdent

réciproquement quelque chose qui attire le

sauveur. Pour illustrer mon propos, j’utiliserai

l’histoire d’un couple qui a souffert de cette

impasse intime et relationnelle et qui a tenté de

s’en sortir en venant me consulter. Je me

permettrai néanmoins de modifier certaines

données afin de préserver la confidentialité,

mais les détails essentiels demeureront. Seront

ensuite présentés brièvement quelques jalons de

la psychothérapie avec ce couple. En

conclusion, j’aborderai brièvement les avantages

de considérer les aspects systémique et

psychanalytique, mais aussi les contreindications

ainsi que l’aspect autoréférentiel du

thérapeute.

Problématique

Affirmer que des femmes sont capables de

violence conjugale pulvérise quelques

stéréotypes. La plupart d’entre nous connaissent

les scènes du vaudeville québécois avec

« Manda et Ti-Zoune », où ce dernier semble

craindre les attaques de sa bien-aimée et de son

rouleau à pâte! Et l’on peut en rire. Néanmoins,

c’est la métaphore qu’un homme, la voix rauque

et le rire nerveux en la présence de sa conjointe,

utilisait lors d’une séance de couple pour me

décrire les éruptions volcaniques de sa mère à

l’égard de son père. Progressivement, en face de

moi, ces deux protagonistes prenaient

conscience que ladite scène théâtrale,

inlassablement, se rejouait dans leur réalité. La

domination de « Manda » favorise en apparence

la docilité de « Ti-Zoune », tandis que la

faiblesse de celui-ci alimente l’ambition de sa

femme d’exercer sa puissance sur lui.

Raymond Hétu (1988), dans son récit intime

Pour guérir du mal de mère, révèle que non

seulement il a été un enfant victime de la

violence de sa mère, mais aussi un témoin de la

violence de celle-ci envers son père asservi :

Un taxi est venu reconduire papa tard dans la

nuit. Il faisait pitié à voir, la tête enveloppée par

des pansements (...). Il t’excusait presque,

disant que tu t’étais emportée, que bien sûr tu

étais allée trop loin, mais par égarement (...). Il

jugeait sans doute moins coûteux, moins

dangereux de s’incliner devant ta déraison que

de s’y opposer (p. 99).

Il y a très peu de recherches sur la violence des

femmes dans la relation de couple. En 1988, le

magazine Châtelaine, s’appuyant sur une étude

américaine, révélait qu’il y avait autant

d’hommes que de femmes, sinon plus, battus

par leur conjointe. Il n’en fallait pas moins pour

réveiller le grondement des chercheuses et des

féministes qui ont su repérer rapidement

les failles idéologiques et méthodologiques de

cette recherche, sans doute avec raison, et de

rajouter : « Pauvres hommes! ». Depuis une

dizaine d’années, d’autres voiles se lèvent depuis

que des études scientifiques révèlent que la

violence conjugale est également exercée par les

femmes lesbiennes, devenant ainsi une source

d’embarras pour les tenants des théories

féministes (Guay, 1999). Du côté des maisons

d’hébergement pour femmes victimes de

violence, Parent (1992) souligne que certaines

de ces femmes présentent des comportements

dominateurs et parfois violents à l’intérieur de la

relation amoureuse, que celles-ci soient

avantagées ou non par leur statut socioéconomique.

En 1998, La Gazette des femmes

choisissait d’aller à contre-courant dans un

article intitulé La violence des femmes :

derrière le masque, souhaitant ouvrir un débat

de société à savoir : l’homme est-il l’unique

porteur de tout ce mal?

« (...) le nombre d’hommes victimes de

violence conjugale a augmenté de 6 % de 1993

à 1996, alors que celui des femmes battues, tout

en demeurant huit fois plus élevé, a diminué de

9 %! ».

« (...) dans 25 % des couples, c’est l’homme

qui se révélerait violent. Dans un autre 25 %, il

s’agirait de la femme. Dans 50 % des cas, la

violence serait symétrique, c’est-à-dire qu’elle

proviendrait de part et d’autre » (vol. 20, no 4,

p. 20).

En 1999, une enquête sociale générale

commandée par Statistique Canada concluait

qu’une femme sur 40 et qu’un homme sur 57

auraient été victimes d’au moins un incident de

violence conjugale de la part de leur partenaire

ou ex-partenaire dans les douze mois précédant

l’enquête au Québec (Laroche, 2003). Enfin,

d’autres recherches scientifiques (Strauss,

1999; 2001; Archer, 2000; Fiebert, 2003;

Laroche, 2003) révèlent que la violence

familiale serait, dans la population en général,

mineure, interactive et réciproque.

Néanmoins, depuis un peu plus de 25 ans, une

vision trop limitée de l’approche féministe,

situant toujours la femme dans un rôle de

victime et l’homme dans un rôle de bourreau,

représente toujours un courant idéologique et

politique très répandu. Ce courant féministe

transparaît d’ailleurs dans les nombreux

dépliants disponibles dans les CLSC et les

maisons d’hébergement pour femmes victimes

de violence. Dans le cadre d’expertises

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

La violence conjugale : si c’était une affaire de couple et non de sexe

Élaboré par Nicole Desjardins, t.s., M.A., t.c.f.

Sexologue (pratique privée)

Cet article a paru dans la Revue Intervention Numéro 123, décembre 2005 dans la section : Réalités familiales, enjeux actuels pour la pratique, tome

II. Article reproduit avec l'autorisation de l'Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec.

14 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

psychosociales en matière de garde d’enfant, le

quart des situations comporte des allégations de

violence conjugale où malheureusement de

nombreux enfants sont privés à tort, deux fois

sur trois, de la présence de leur père sur de

longues périodes à cause de ces allégations

provenant de leur ex-conjointe avant que

l’évaluation soit complétée (Vidal, 2005). On

perpétue ainsi la croyance qui veut que le

monde soit divisé en deux, soit les bons d’un

côté, et les mauvais de l’autre. Les femmes

deviennent alors intouchables et les hommes

sont messagers de toute cette laideur. Pour

Olivier (1998), ce clivage fait apparaître de

nouvelles hypocrisies, des nouveaux tabous,

notamment autour de l’ombre féminine et de sa

capacité d’être abusive, sinon méchante. Les

femmes sont censées être toujours bonnes,

toujours victimes!

Serrurier (2004), féministe engagée pour la

recherche de l’équité, considère qu’un certain

mouvement féministe radical, ainsi que

l’individualisme exacerbé de nos sociétés et la

recherche prioritaire de l’épanouissement

individuel ont suscité des changements radicaux

des rôles traditionnellement joués par les

hommes et les femmes depuis une quarantaine

d’années. Or, bien que ces changements sociaux

furent essentiels et bienfaiteurs, ils ont eu aussi

des répercussions importantes, voire

inquiétantes, au sein des relations amoureuses

et créent des affrontements intersexuels. Pour

cette auteure, promouvoir l’indifférenciation à

tout prix est une déformation du féminisme et

une application déformée de ses théories. Croire

que les hommes et les femmes ne sont pas

seulement égaux, mais « pareils » crée un

nouveau sexisme qui se révèle dans le

domestique par une ignorance, une intolérance

à l’autre, à l’autre sexe. Il s’ensuit inévitablement

des phénomènes de pouvoir, de rivalité et de

peur, ennemis intimes et ignorés par le couple :

« La lutte contre la domination masculine a

souvent été confondue avec la lutte contre… les

hommes. De nombreuses femmes ayant souffert

à travers leur généalogie, de sujétion ou

d’exploitation par le monde masculin se sont

appuyées sur le mouvement montant de

rébellion collective pour faire la guerre à… leur

homme, au singulier. » (p. 38)

Les principes de collusion et de double

contrainte réciproque

Dans le Petit Larousse, le mot « collusion » vient

du latin colludere, qui signifie « s’entendre avec

quelqu’un au détriment d’un autre. C’est une

entente secrète entre deux ou plusieurs

personnes en vue de tromper quelqu’un ou de

lui causer préjudice ». Le psychanalyste H. Dicks

(1967) fut le premier auteur à utiliser le

concept de collusion pour décrire les conflits

conjugaux, à l’intérieur d’un jeu commun

inconscient entre les partenaires. En 1978, le

Zurichois Jürg Willi a consacré la totalité de son

ouvrage, La relation de couple (1982), à la

définition du concept de collusion. Par la suite,

Lemaire (1979) a repris le concept, suivi de

plusieurs autres auteurs qui l’ont utilisé, parfois

en des termes différents, pour expliquer la

nature des conflits conjugaux (Zinker, 1983;

Scharff et Scharff, 1987; Scarf 1991; Pasini,

1991; 1996).

Dans la théorie générale des systèmes de L. Von

Bertalanfly, l’important est l’organisation

actuelle de l’interaction où l’interdépendance

des individus est mise de l’avant, dans l’ici et

maintenant. Le neuropsychiatre belge Mony

Elkaïm, quant à lui, identifié à la théorie

systémique de la deuxième cybernétique et

jouissant d’une réputation indéniable auprès des

travailleurs sociaux et des thérapeutes

conjugaux et familiaux du Québec, a développé

le concept de double contrainte réciproque

(Elkaïm, 1989) en s’appuyant sur les travaux de

G. Bateson. Il le définit comme étant une « sorte

de collusion implicite » (p. 32), un « noeud

paradoxal » (p.144), une « invite implicite »

(p.173). Pour mieux saisir son mode de

fonctionnement, il fait appel à deux concepts

clés : le « programme officiel » (PO) et la

« carte du monde » (CM). Le premier fait

référence au reproche explicite que chacun des

conjoints adresse à l’autre, tandis que le

deuxième est une demande implicite, laquelle

est élaborée à partir d’expériences et de

croyances issues du passé, le plus souvent de

l’enfance, et à travers laquelle chacun perçoit le

présent. Elkaïm refuse toutefois de s’enfermer

dans un cadre étiologique où il y aurait des faits

objectifs et une vérité quelconque,

contrairement à l’approche psychanalytique, et

c’est pourquoi il précise qu’elle a deux fonctions

interreliées et non réductibles. La première

fonction correspond à une façon de nier une

contradiction à l’intérieur de soi en vivant,

comme imposées de l’extérieur et tour à tour,

les deux demandes de la double contrainte. La

deuxième fonction concerne les attitudes de

chacun des partenaires, lesquelles doivent être

interprétées dans le contexte du système

conjugal où chacun conforte l’autre dans ses

croyances de base, et ce, malgré la personnalité

et l’histoire développementale de chacun. Ainsi,

à l’aide d’un exemple clinique, Elkaïm (1989)

conclut :

« Les tourments qu’ils paraissaient s’infliger

mutuellement pouvaient être décrits comme un

moyen de conforter l’autre dans ses croyances et de

l’aider à éviter de se confronter au déchirement

qu’eût impliqué le changement » (p. 24).

À mon avis, tout comme Willi, Elkaïm met tout

de même en lumière la relation circulaire

et complémentaire qui organise les

caractéristiques individuelles de chaque

partenaire dans le système conjugal tout en

mettant l’accent sur le processus relationnel

du couple.

Dans les relations de couple, il y a toujours

collusion. Elle intervient dans le choix du

partenaire et dans les conflits conjugaux,

chroniques ou non. Hormis son caractère

inévitable, elle n’est pas liée à un processus qui

mène inexorablement à une pathologie. La

collusion n’est en fait ni désirée ni reconnue par

les deux partenaires. Willi (1982) désigne cette

sorte d’intrigue, ce « mensonge de la réalité »

(p.16), de jeu « névrotique commun et

inconscient » (p. 57). C’est un processus

relationnel où chacun a son rôle d’aggravation

de la situation. Le fait de vivre un conflit profond

de même nature unit les deux partenaires,

chacun espérant inconsciemment être délivré

par l’autre de ses anciens conflits intériorisés.

Sans cet espoir invisible, la collusion ne se

perpétuerait pas dans son absurdité récurrente.

Elkaïm croit également que la double contrainte

réciproque, bien qu’elle révèle une vulnérabilité

pathologique, peut être une occasion de

créativité. En effet, dans certains contextes, elle

offre aux partenaires l’occasion d’expérimenter

de nouvelles situations relationnelles, ce que

Gregory Bateson dénomme le « contexte des

contextes » (Elkaïm, 1989, p. 35). Ainsi,

lorsqu’un des partenaires répond à la double

contrainte, il amplifie et maintient certains traits

de la personnalité de l’autre. Par ailleurs, il est

également possible que le partenaire refuse de

répondre à la double contrainte; il se crée alors

une nouvelle dynamique qui est différente de ce

que chacun a vécu isolément dans sa famille

d’origine. Ainsi, pour qu’une cloche sonne en

nous, il ne faut pas seulement qu’elle soit nôtre,

mais aussi qu’un contexte approprié ait pu la

faire sonner!

Tant pour Willi que pour Elkaïm, la collusion et

la double contrainte réciproque offrent d’abord

aux partenaires l’opportunité de s’ajuster et

d’expérimenter plusieurs potentialités collusives

susceptibles de vivifier la relation. Elle revêt

cependant un caractère pathogène lorsqu’il y a

blocage collusif. Les conflits du couple

s’embourbent alors dans la poursuite

irrationnelle de solutions qui les mène vers la

détresse psychologique jusqu’au chemin,

parfois, de la violence.

Le principe de collusion selon Willi (1982) est

essentiellement structuré par deux mécanismes

de défense intimement liés : le retour du

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 15

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refoulé et l’identification projective. Willi croit

qu’en thérapie de couple, les projections ne

devraient pas être interprétées comme de

simples fantasmes. Elles signifient plutôt que

« chaque membre du couple incarne dans son

comportement ce que l’autre refoule comme

possibilité propre de comportement » (p. 162),

puisque chacun « porte en lui la disposition à

incarner ce Moi que l’autre attend et qui

correspond à son propre idéal » (p. 182).

Les comportements de défense régressif/

infantile et progressif/adulte

Pour Willi (1982) et les précurseurs de la

psychanalyse, la relation de couple comporte

beaucoup d’ambivalence, « correspondant

d’une part à la régression, au besoin de revenir

à l’enfance, et d’autre part à la progression vers

un comportement "adulte" » (p.30), la

progression exigeant cependant un Moi

suffisamment différencié, c’est-à-dire une

conscience des limites du Moi et du Non-Moi.

Chacun porte en soi des tendances progressives

(autonomie) et régressives (dépendance) en

même temps que la crainte de la soumission et

de la frustration. Selon Willi (1982), il est

souhaitable pour les partenaires de progresser

et de régresser partiellement, en un « libre

mouvement de balancier » (p. 31). Chacun

bénéficiant de l’attitude compensatrice de

l’autre, il est ainsi possible de se sentir

dépendant de l’autre par moments, sans

craindre la déchéance au niveau interpersonnel,

ou encore de se sentir valorisé dans un rôle de

soutien (indépendance), lequel favorise l’estime

de soi. Une des motivations essentielles à la

formation du rapport amoureux est justement de

se nourrir mutuellement, de profiter d’un

partenaire capable de nous donner un miroir

adéquat et de sentir une présence accueillante,

empathique et chaleureuse à ses côtés :

« L’idéal serait que l’aimé qui nous met à

l’épreuve sache comment limiter la saignée qu’il

provoque. Qu’il ne nous inflige que la juste

blessure par laquelle le passé devra être

remémoré, qu’il ne provoque que la juste

souffrance sans supplément de jugement pour

que l’initiale douleur passe et s’apaise. Que

chacun soit, pour soi comme pour l’autre, la

présence, l’allié, la tendre attention puisque, ce

qui arrive à l’un, advient forcément à l’autre. »

(Stanké, 1997, p. 82).

Analysés d’une façon plus contemporaine, ces

deux concepts psychanalytiques font référence à

la capacité des conjoints de vivre

l’interdépendance sans compétition excessive

(relation symétrique) ou encore, sans une

dépendance excessive telle que l’on retrouve

dans les rapports de domination-soumission

(relation asymétrique). Les conflits conjugaux,

pour Stulberg (1989), résultent d’une

compétition et d’un état d’interdépendance.

Le retour du refoulé

En psychanalyse, le refoulement est un

mécanisme de défense universel, le

dénominateur commun et le précurseur de tous

les mécanismes de défense. Il est

particulièrement actif dans les premières années

de la vie de l’enfant. Lorsque des

représentations, des désirs ou des fantasmes

deviennent une source de déplaisir et menacent

sa sécurité intérieure, les affects désagréables

qui en découlent sont contrôlés, niés ou refoulés

dans l’inconscient. Dans la collusion

dysfonctionnelle, le retour du refoulé opère sur

les attitudes de défense régressives et

progressives. Chaque partenaire à l’intérieur du

couple, dans les interactions qu’il a avec l’autre,

se protège du danger de reconnaître en lui les

aspects qu’il tente de répudier et de désavouer

afin d’éviter l’anxiété par le retour de ce refoulé.

Cet échange implicite permet donc à chacun

d’exprimer pour l’autre des comportements, soit

régressifs, soit progressifs, que l’autre ne

s’autorise pas, chacun se défendant ainsi contre

son angoisse profonde. Chacun des deux

partenaires souhaitant secrètement être délivré

par l’autre de son chaos intérieur, nous

assistons donc au déplacement d’un problème

individuel à un conflit interpersonnel. Pour

décrire ce processus, Willi (1982) parle

« d’équilibre intra-individuel » (p. 157) et

« d’équilibre interindividuel » (p. 161), deux

conditions actualisées par la contribution d’un

autre mécanisme de défense, soit l’identification

projective.

L’identification projective

Dérivée de l’approche psychanalytique et

élaborée par Klein (1959; 1969), l’identification

projective prend sa source dans l’expérience du

nourrisson, plus particulièrement dans son

intégration du bon et du mauvais objet, ainsi que

dans les réactions devant le déplaisir et la

souffrance. De prime abord, l’identification

projective ne sert pas uniquement à la défense

inconsciente, puisqu’elle représente la première

forme d’empathie; elle sert aussi au choix

inconscient des conjoints dans l’éclosion du

sentiment amoureux par l’idéalisation du

partenaire. En ce sens, elle crée le lien, en

améliorant l’objet lorsque les parties projetées

sont bonnes (bon objet). En contrepartie, la

projection sert aussi à attaquer l’autre pour fuir

en soi des émotions désagréables, en lui

attribuant ce qui nous appartient et en projetant

sur lui des fantasmes refoulés dans

l’inconscient. Ainsi, les sensations et les

sentiments douloureux se trouvent ailleurs, à

l’extérieur de soi (mauvais objet). Dans ce

dernier cas, la projection devient une défense.

Willi (1982) croit que, en thérapie de couple,

les projections ne devraient pas être interprétées

comme de simples fantasmes, mais qu’elles

signifient plutôt que « chaque membre du

couple incarne dans son comportement ce que

l’autre refoule comme possibilité propre de

comportement » (p. 162), puisque chacun

« porte en lui la disposition à incarner ce Moi

que l’autre attend et qui correspond à son

propre idéal » (p. 182). La projection se veut

donc un échange des parties niées du Moi sur

lequel se sont entendus, inconsciemment bien

sûr, les deux membres du couple. Ainsi, chaque

partenaire s’identifie aux projections de l’autre.

Ce troc est nécessaire à l’équilibre psychique de

chaque protagoniste et à la survie du système

qu’ils forment. Pour cerner les enjeux de

l’identification projective, il convient de se poser

les questions suivantes : « Qui fait porter quoi à

qui? » ou encore « Qui porte quoi pour qui? ». La

projection et l’identification projective

s’opposent à la différenciation du soi, cette

dernière se référant à la capacité individuelle à

distinguer ce qui appartient à soi de ce qui

appartient à l’autre.

Voyons maintenant, à partir d’un cas clinique,

comment deux partenaires ont fait collusion l’un

avec l’autre et comment ils se sont placés dans

une double contrainte réciproque les menant

ainsi vers une dynamique de violence.

Un couple en psychothérapie : Carmen et

Norbert

Demande initiale

Lors du premier contact téléphonique, Carmen

m’explique avoir déposé une plainte à la police

deux semaines auparavant, car elle a eu très

peur des menaces de Norbert : « Tiens-toi

tranquille, sinon tu ne sais pas ce qui t’attend »,

tout en lui serrant les poignets. Ce n’était pas la

première fois. Elle demande une entrevue de

couple, car son conjoint refuse d’être aidé seul

pour sa violence. De plus, elle veut s’assurer

qu’il dira toute la vérité. Ce serait également la

recommandation du procureur de la Couronne.

Elle dit avoir moins peur depuis qu’il a passé

une nuit en prison. Il y a trois mois, elle s’était

réfugiée quelques jours dans une maison

d’hébergement pour femmes victimes

de violence.

En entrevue, les deux protagonistes expliquent

avoir un problème de communication découlant

de mésententes sexuelles depuis trois ans et ils

s’accusent mutuellement d’attitudes provocatrices

qui les amènent de plus en plus à se

bagarrer physiquement. Les premiers incidents

de violence physique ont débuté il y a environ un

an et demi. Carmen précise qu’elle a accepté la

16 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

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consultation de couple à la demande de Norbert,

mais elle considère que c’est lui qui a davantage

besoin d’aide, d’autant plus qu’il aurait déjà été

accusé de violence conjugale par son exconjointe.

Elle se considère peu exigeante et dit

avoir tout essayé pour régler leurs problèmes. Si

par malheur elle tente de s’affirmer, dit-elle,

parce qu’elle refuse d’être une femme soumise

sans rien dire, c’est à ce moment que Norbert

tenterait de reprendre le contrôle sur elle en la

manipulant et en la menaçant. Elle demande si

son couple est condamné. Ils disent tous les

deux pourtant s’aimer.

De son côté, le ton pausé et inébranlable,

Norbert dit que ça ne va pas dans la tête de

Carmen, mais qu’il est prêt à consulter avec elle

pour l’aider. Il se défend d’être un homme

violent et explique qu’il perd le contrôle malgré

lui parce qu’il se sent persécuté par Carmen qui

ne cesse de l’accabler de tous les maux de la

terre et ne comprend pas pourquoi. Il lui en veut

d’avoir appelé la police, ce qui lui a valu les

menottes et une nuit en prison. Il a une

comparution pour retourner en cour. Il dit

aimer Carmen.

Quelques jalons pour la psychothérapie de

Carmen et Norbert

Évaluation systémique de la violence

Bien que Carmen se décrive comme étant une

victime de violence, sur un ton vindicatif et

parfois en pleurant, elle lui reproche de lui

mentir et de la fuir en s’enfermant dans le

mutisme tout en lui faisant sentir qu’elle est

coupable de tous les maux de leur couple. Du

même coup, elle le dévalorise : « Sans moi

tu ne serais rien »; le culpabilise : « Tu n’as

aucune reconnaissance »; le menace : « Gare

au juge »; a recours au chantage affectif :

« Personne ne souffre comme moi ». De son

côté, Norbert lui reproche d’être une « freek

control ». Il explique être injurié injustement

pendant des heures pour ensuite subir sa

bouderie. Il la dévalorise : « Tu n’es rien qu’un

bébé gâté »; use du chantage affectif « Tu ne

trouveras jamais un autre bon gars comme

moi ». Carmen parle souvent de séparation,

quitte quelques jours, puis se ravise et pleure en

promettant qu’elle ne se plaindra plus et Norbert

s’engage à faire des efforts pour l’écouter. C’est

d’ailleurs souvent à ce moment qu’ils ont une

relation sexuelle. Norbert se plaint que Carmen

l’a déjà critiqué ouvertement sur ses piètres

performances sexuelles devant ses amies.

Carmen, quant à elle, n’en peut plus de

supporter à elle seule tout le poids de la

responsabilité sexuelle du couple. Elle se dit

lasse de porter la responsabilité d’avoir à

prendre l’initiative des rapprochements sexuels,

devant la réaction passive de Norbert et

d’essuyer plus souvent qu’autrement des refus.

Elle en arrive à croire qu’il a une maîtresse, ce

qu’il nie en riant. Enfin, Carmen a le sentiment

d’être plus sa « deuxième mère » alors qu’il se

montre peu disponible pour elle et prend des

décisions sans la consulter. Tous deux âgés dans

la fin trentaine, le couple a commencé à

cohabiter il y a trois ans, après trois mois de

fréquentation, et est marié depuis un an, sur

l’insistance de Carmen. Norbert, en acceptant,

croyait qu’elle serait davantage rassurée de son

amour pour elle.

D’emblée, les deux partenaires sont plus enclins

à admettre qu’ils sont des victimes plutôt que les

auteurs des actes violents. Malgré les propos

tenus par Carmen voulant qu’elle se perçoive

victime de violence, il appert que son langage

non verbal ainsi que le ton sur lequel elle

s’adresse à Norbert traduit qu’elle ne le craint

pas réellement comme dans les situations de

« terrorisme intime » où il y a une femme battue

et un homme dominant (Johnston et Campbell,

1993). Leur dynamique de violence est plutôt «

situationnelle », la forme la plus courante de

violence conjugale et où les deux conjoints

réagissent rapidement aux provocations de

l’autre, allant d’altercations mineures à des

altercations de plus en plus sérieuses.

En aidant ce couple à s’interroger sur ce type de

violence et sur le déclenchement des querelles,

il leur est devenu possible de prendre

conscience de la coresponsabilité dans l’attitude

de chacun. Dédramatiser et déculpabiliser

réciproquement, d’autant plus qu’il n’y avait pas

de dangerosité immédiate, m’est apparu

également nécessaire. J’ai donc suggéré, dès la

première séance, que leur recours à la violence

était l’expression d’une impasse et d’une

tentative désespérée pour en sortir,

accompagnées d’une connotation positive, car

chacun cherchait à protéger l’autre par amour

en résistant au changement, et que nous allions

ensemble comprendre comment ils en étaient

rendus là. En métacommuniquant sur leur

communication symétrique (compétitive plutôt

que de domination), j’ai également été en

mesure de leur faire comprendre qu’ils étaient à

la fois victime et bourreau l’un pour l’autre.

Ainsi, pour ce couple, il n’y avait pas d’un côté

un bourreau (Norbert) et de l’autre une victime

(Carmen).

Dans la mesure où chacun a d’abord présenté

son symptôme comme une conséquence de

l’attitude de l’autre, dont il était victime, mon

objectif fut d’amener les deux partenaires à se

percevoir dans une souffrance commune et de

susciter une demande de compréhension plus

profonde et une remise en question globale des

liens qui les unissaient. Ainsi, la collaboration

des deux partenaires fut rendue possible en vue

de s’engager dans un processus thérapeutique,

tout en leur énonçant certaines règles afin de

contenir, le cas échant, les passages à l’acte dans

la violence physique. J’ai privilégié indubitablement

les séances en couple. Vivre

ensemble est souffrant, mais la souffrance y est

tout autant à l’idée de se séparer. Je n’allais donc

pas les voir séparément alors qu’ils n’étaient pas

prêts à « se séparer psychiquement »!

Au cours des premières séances, j’ai privilégié

des interventions directives pour leur permettre

d’expérimenter certaines habiletés à la

communication, lesquelles leur ont permis de

diminuer les tensions et de vivre des moments

plus agréables, du moins en partie. Cela leur a

également permis d’amorcer une écoute

mutuelle susceptible de diminuer les

comportements défensifs par l’utilisation

d’accusations massives (défenses projectives). Il

fallait les aider à sortir du cercle vicieux « tu me

blesses, je te blesse ». Il s’avérait encore très

difficile de compléter l’anamnèse sexologique.

Nous avons toutefois convenu que nous allions

l’approfondir après avoir exploré leur

génogramme respectif, un outil thérapeutique

utilisé dans l’approche systémique. Celui-ci

permet d’obtenir une lecture transgénérationnelle

de l’histoire développementale et

facilite notamment la compréhension du conflit

collusif. Cette approche m’apparaissait plus

efficace dans un premier temps comme

traitement psychosexuel malgré les mésententes

sexuelles, que de me centrer d’emblée sur les

habiletés érotiques du couple (Desjardins,

1997, Schnarch, 1991; Scarf, 1991).

Histoire développementale

Carmen est séparée depuis cinq mois au

moment de rencontrer Norbert. Elle a eu

précédemment deux relations amoureuses

engagées et tumultueuses où elle a reproché à

ses conjoints de manquer de caractère, mais

aussi de se sentir emprisonnée, contrôlée, et elle

a utilisé de façon très destructrice l’expression

de son ressentiment : « Ces hommes

paraissaient capables d’encaisser tout ce que je

pouvais leur dire, même quand je m’attaquais à

ce qu’ils étaient vraiment. J’avais parfois envie

qu’ils explosent, qu’ils se rebiffent, qu’ils fassent

preuve d’un peu de fierté, qu’ils me parlent. Ils

étaient de grands dépendants affectifs ». Carmen

dit avoir été victime de relations amoureuses

infernales, mais elle ne voit pas encore le rôle

qu’elle y joue!

L’histoire développementale perçue par Carmen

nous apprend que sa mère était une femme

affectueuse, mais souvent malade, et qu’elle est

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 17

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décédée d’un cancer alors que Carmen n’avait

que sept ans. Elle en a gardé très peu de

souvenirs. Son père, entrepreneur en

construction au statut socioéconomique

enviable, s’est occupé seul de ses trois filles en

faisant souvent appel à des « nounous » ou à

certains membres de sa famille. Il avait aussi un

« penchant pour la bouteille et les femmes », de

dire celle-ci sans toutefois vouloir réellement

s’engager. Et comme Carmen était l’aînée, elle a

quitté rapidement le monde de l’enfance pour

assumer un rôle de mère. Elle fut en fait une

enfant « parentifiée ». Elle considère avoir reçu

une éducation plutôt sévère et les encouragements

étaient trop peu fréquents; on

attendait d’elle qu’elle complète des études

universitaires, ce qu’elle a réussi. Bien qu’elle

reconnaisse que son père était quelquefois

bienveillant à son égard, il se comportait de

façon plutôt menaçante et elle en avait peur. En

fait, elle le décrit imprévisible et en a beaucoup

souffert. L’entourage familial lui renvoyait

également l’image d’une petite fille sérieuse,

studieuse et dévouée. Même si elle est

maintenant une professionnelle de la santé qui

réussit bien, elle doute beaucoup d’elle-même et

elle donne toujours plus que ce qu’on lui

demande. Elle vit sporadiquement depuis

plusieurs années des épisodes où elle se sent

très déprimée. Adolescente, Carmen s’est juré de

ne jamais devenir amoureuse d’un homme

dominateur comme son père.

Norbert, quant à lui, raconte qu’il a expérimenté

une seule relation amoureuse pendant huit ans

et il était séparé depuis un an au moment de

rencontrer Carmen. Il se sentait étouffé par les

demandes incessantes d’intimité de son exconjointe

et ne la désirait plus sexuellement. Il

avait également fait l’objet d’une plainte pour

violence conjugale, car, à quelques reprises, il

avait donné des coups de poing dans un mur et

précise qu’il ne lui avait que serré les poignets

au moment où elle se précipitait sur lui pour le

frapper. C’était peu avant leur rupture. Plusieurs

heures auparavant, elle l’avait injurié. Même s’il

lui avait demandé de le laisser tranquille afin

d’éviter l’escalade, elle le poursuivait. Il a passé

une nuit en prison et avait dû passer en cour

avec un mandat de garder la paix. Ce fut à ce

moment la rupture définitive. Il en garde un

souvenir traumatisant.

Après ses études collégiales, Norbert s’est

associé à son unique frère aîné dans la petite

entreprise familiale à la suite de la mort de son

père, il y a trois ans. Sa mère, décédée deux ans

auparavant, travaillait dans l’entreprise familiale

et était perçue socialement chaleureuse, mais

exigeante et distante avec ses enfants. Son père,

un homme au tempérament calme, mais

renfermé, était peu présent à la maison. De

surcroît, il s’intéressait peu à ses enfants si ce

n’est que pour les inciter à prendre la relève de

l’entreprise, tout en leur faisant très peu

confiance. C’était un « homme à femmes », dit-il,

et sa mère tantôt le tolérait en silence, tantôt le

menaçait de le quitter en le « faisant payer ». En

fait, ses parents étaient souvent en instance de

divorce. Il se souvient non seulement des cris et

des tensions qui régnaient dans la maison, mais

aussi de la détresse silencieuse de sa mère. Elle

s’enfermait de longues périodes dans sa

chambre en pleurant et il en faisait de même,

car il ne pouvait l’approcher. Les relations dans

la fratrie furent également difficiles et elles le

sont toujours. Norbert s’est souvent senti

ridiculisé par son frère, plus costaud que lui, qui

le frappait et le manipulait pour qu’il fasse des

tâches à sa place, ce à quoi il s’exécutait. Au

travail, il se perçoit moins bon que lui.

La collusion inconsciente dans le choix

du partenaire

Au moment de leur rencontre, Carmen a une

tendance à la passivité, a plutôt des humeurs

anxieuses et dépressives. Elle se sent soulagée

lorsqu’elle s’attache à Norbert qui est presque

une caricature d’elle-même. Il présente de plus

grandes dispositions qu’elle à la passivité, à la

dépression et à l’anxiété. Elle constate donc avec

satisfaction qu’elle n’est pas aussi passive et

dépressive qu’elle le croyait puisque Norbert

porte cet état inconsciemment pour elle. Aussi,

sa présence la rassure en lui envoyant une

meilleure image d’elle-même. Elle se retrouve

également dans un rôle de sauveuse, ce dans

quoi elle a une excellente formation depuis

l’enfance!

Quant à Norbert, il trouve en Carmen une

représentation de son idéal, où l’autonomie et

l’indépendance se manifestent puisque Carmen

porte inconsciemment son idéal d’autonomie

pour lui. Il la perçoit active, volontaire, capable

de s’affirmer et tellement différente de son ex!

Elle n’a pas besoin d’être sauvée, rôle dans

lequel il a plutôt échoué auprès de sa mère et de

son ex-conjointe. Norbert ressent aussi, dans

l’amour que lui témoigne Carmen, des

satisfactions importantes et des gratifications

narcissiques non négligeables. Cette femme au

statut professionnel enviable se montre

chaleureuse et l’encourage dans son statut

d’entrepreneur. Bref, ces deux enfants devenus

adultes se sont choisis. N’importe qui ne choisit

pas n’importe qui! Il faut se rappeler que les

identifications projectives participent au

développement du sentiment amoureux par

l’idéalisation du partenaire!

La collusion du conflit

Peu après leur première année de vie commune,

Carmen a commencé à vivre des difficultés

importantes à son travail et à éprouver des

problèmes de santé, tandis que Norbert se

sentait un peu plus confiant dans l’entreprise

avec son frère en obtenant de gros contrats.

C’est à cette même période que les premières

tensions conjugales se sont fait sentir. Avec la

contribution de ces événements contextuels,

Carmen est passée du pôle progressif-adulte

(autonomie) à celui de régressif-infantile

(dépendance), tandis qu’inversement pour

Norbert, du pôle régressif-infantile au pôle

progressif-adulte. Il n’en fallait pas moins pour

créer un déséquilibre dans leur dynamique, et

chacun à sa façon cherchait inconsciemment à

retrouver l’équilibre antérieur coûte que coûte,

y compris par la violence!

Carmen a pris conscience que, en choisissant

Norbert, celui-ci lui permettait de se protéger

contre ses besoins de dépendance en les

refoulant et en les déléguant à Norbert. Comme

enfant, personne n’avait vraiment été là pour elle

et elle avait dû se couper de la douleur ressentie

par la perte de sa mère pour survivre. De plus,

elle avait dû s’occuper des besoins des autres

dans un rôle de mère substitut auprès de ses

soeurs pour se sentir aimée et valorisée. Elle

n’avait jamais jusqu’ici conscientisé qu’elle

s’était sentie abandonnée, pas plus qu’elle

n’avait une profonde conviction que, même si

elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour faire

plaisir, elle n’obtiendrait jamais la satisfaction

de ses besoins. Elle ne voulait pas non plus subir

le joug d’un homme comme son père et Norbert

lui offrait une garantie contre ce danger, car, dès

le début, il lui paraissait avoir besoin de son

appui et de sa force, ce dont il la vénérait

par ailleurs.

Norbert, quant à lui, a grandi auprès d’une mère

qu’il sentait démunie, sous des apparences de

« femme forte », en quête d’un appui que son

mari ne lui donnait point. Comme enfant, il s’est

senti incapable, voire coupable, de ne pouvoir le

lui offrir, de ne pouvoir la contenter, et il n’avait

pas réalisé à quel point une présence

chaleureuse lui avait manqué. Aussi, il n’avait pu

se permettre de manifester directement sa

colère, à l’égard notamment de son frère et de

son père, et avait donc appris rapidement à la

refouler, ce qui ouvrait grand la porte à

l’exprimer par procuration! Et n’était-ce pas

justement ce qui se passait avec les femmes de

sa vie? Tout comme Carmen, il s’était senti peu

digne d’être aimé et s’était coupé de

l’expérience d’une peur constante d’être

abandonné quand ses parents se disputaient

18 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

continuellement. En rencontrant Carmen qui lui

apparaissait forte, il croyait aussi

inconsciemment qu’elle compenserait pour son

impuissance et lui éviterait ainsi de se sentir

démuni avec la crainte d’être abandonné. Ainsi,

il refoulait et déléguait à Carmen ses besoins

d’autonomie. Dans la mesure où il cessait d’être

fuyant et acceptait d’être attentionné, il devait

apprendre à se percevoir décevant et frustrant

face aux demandes de Carmen sans se sentir

automatiquement démuni, puis submergé par

une vague de culpabilité et un sentiment

dépressif. Il devait comprendre que son

comportement de retranchement lui évitait de

revivre le sentiment d’impuissance qu’il

éprouvait à l’égard de sa mère inconsolable.

Il s’était donc agi pour eux d’un choix amoureux

narcissique. Tandis que Carmen, idéalisée par

Norbert, se sentait valorisée, celui-ci pouvait

s’identifier à Carmen, grâce à cette idéalisation,

et ainsi se sentir plus valorisé. Ils renforçaient

du même coup leurs défenses régressives et

progressives puisque l’autre leur servait alors

d’écran projectif. Tant qu’ils avaient réussi à

dissimuler mutuellement leurs besoins les plus

profonds, leur couple gardait un équilibre

précaire. Mais la polarisation était grande entre

les deux. Plus les pôles progressifs et régressifs

étaient polarisés, plus on comprend que chacun

avait besoin de l’autre pour exister. Au moment de

leur rencontre, Carmen aurait pu dire : « Je suis

aussi autonome, active et puissante parce

que…. » et Norbert, de dire : « Je suis aussi

passif et docile parce que… ». Dans le conflit

collusif, Carmen aurait pu dire : « Je suis aussi

tyrannique parce que… » et Norbert, de dire :

« Je suis aussi fuyant et négligent parce que… ».

La double contrainte réciproque

Le programme officiel de Carmen peut se lire

ainsi : « Je veux que tu te préoccupes de mes

besoins », mais sa carte du monde est : « Ne te

préoccupe pas de mes besoins, car je ne suis

pas digne d’être aimée et je ne mérite que le

rejet. » Dans la mesure où Norbert répond à son

programme officiel, elle ne peut y croire, car

celui-ci est en contradiction avec sa carte du

monde. Inversement, si Norbert répond à sa

carte du monde, il la réconforte dans sa

croyance profonde, mais elle ne peut qu’en

souffrir, car il ne répond pas à son programme

officiel.

Le programme officiel de Norbert peut se lire

ainsi : « Je veux que tu sois satisfaite de moi »,

mais sa carte du monde est : « Je ne peux

satisfaire personne et je ne mérite que le blâme

et le rejet. » Alors, si Carmen répond à son

programme officiel, Norbert ne peut y croire,

car elle ne peut répondre en même temps à sa

carte du monde. Par contre, si Carmen répond à

sa carte du monde, elle le réconforte dans sa

croyance profonde, mais il ne peut qu’en

souffrir, car elle ne répond pas à son

programme officiel.

On comprendra ici que Norbert et Carmen sont

pris dans une situation où l’autre émet deux

genres de messages dont l’un contredit l’autre.

De plus, ils sont incapables de commenter les

messages qui leur sont transmis, afin de

reconnaître de quel type est celui auquel on doit

répondre. Une réponse à deux demandes

contradictoires paraît forcément incongrue!

Mais ce type de communication n’est pas

forcément incongru, si nous comprenons qu’il

correspond plutôt à une cohérence interne du

système au sein duquel il surgit, puisqu’il

permet la stabilité et évite le déchirement

qu’implique le changement. De là vient

probablement le vieil adage : « Ce que je

souhaite le plus au monde, c’est aussi ce qui me

fait le plus peur! »

Dénouer l’impasse relationnelle

Au cours du processus thérapeutique qui s’est

effectué sur une période d’une année et demie

de séances hebdomadaires en couple, la

violence exercée par chacun a, peu à peu, cédé

la place à des affects anxieux et dépressifs sans

pour autant qu’ils se sentent submergés par le

besoin de s’en défendre. Ils ont compris que la

violence leur permettait d’éviter le retour du

refoulé et d’être confrontés à leur angoisse

profonde reliée à de la colère, de la honte et à

de la culpabilité, à leur sensibilité excessive face

à la critique, à leur peur de l’abandon, ainsi qu’à

leurs attentes infantiles. De plus, ils ont

commencé à développer une gratification

érotique. Lors de la dernière entrevue, Norbert

pensait à se joindre à un groupe de croissance

pour hommes, tandis que Carmen réfléchissait à

la possibilité d’entreprendre une psychothérapie

individuelle. Elle voulait notamment réorienter

sa carrière et vivait beaucoup d’ambivalence

face à la maternité alors que Norbert exprimait

son désir de paternité.

Malgré la richesse des données recueillies dans

l’histoire développementale de chaque membre

du couple, je me suis limitée à ne nommer que

les grandes lignes qui ont servi d’ancrage pour

aider les deux conjoints à sortir de leur

dynamique de violence et à cheminer vers un but

ultime : la différenciation parent/enfant. Il leur

a fallu pour cela résoudre les problèmes du

passé par l’utilisation du dilemme conjugal

actuel, transformer les souvenirs en prise de

conscience afin de « décontaminer » les conflits

intergénérationnels. Carmen et Norbert ont dû

cependant accepter de prendre le risque de

réactiver des conflits ou des deuils issus de leur

famille d’origine. Un travail d’introspection et de

réappropriation, par chacun, des projections où

tous les aspects jugés irrecevables de soi-même

furent refoulés et exprimés par des accusations

les menant à des conduites violentes, a été d’une

grande aide. Enfin, le dévoilement du caractère

paradoxal des reproches faits à l’autre par

l’utilisation de la double contrainte réciproque

et des identifications projectives a permis à

Carmen et Norbert de constater qu’ils se

trouvaient « tous les deux sur la même barque »

avec des blessures communes.

Le dévoilement de soi à l’autre, dans un contexte

sécuritaire qu’est le cadre thérapeutique, a

favorisé l’intimité du couple. Ainsi, ce qu’ils

ressentaient comme les séparant s’est révélé

paradoxalement être ce qui les unissait.

Conclusion

Intervenir avec plus d’équité

J’ai présenté ici l’histoire d’un seul couple pour

illustrer mon propos. Cependant, selon les

récentes recherches et mon expérience clinique

avec les couples, il n’y a pas d’histoire type de la

violence conjugale, mais quelques lignes de

force. Selon ce qui est plus généralement

valorisé en intervention en matière de violence

conjugale, mieux vaut une thérapie centrée non

sur le couple mais sur la femme, si on désire

intervenir le plus efficacement au niveau de la

violence subie. Or, depuis les années 1990, de

nombreuses recherches ont su nous démontrer

qu’un grand nombre de femmes retournent vivre

avec le conjoint violent, ou à tout le moins, que

la violence survit au-delà de la séparation en se

mutant d’une relation à l’autre et que les raisons

ne sont pas toujours d’ordre socioéconomique.

On croit que les terrains psychologique,

sociologique et économique peuvent se

renforcer mutuellement. Selon Laporta, (1996),

« la souffrance ne cède pas à un modèle

réducteur » (p. 527). Ainsi, une approche

multifactorielle de la violence conjugale est

souhaitable, malgré le courant idéologique et

politique qui persiste à souligner que le

patriarcat est le seul facteur explicatif

admissible. (Hirigoyan, 1998; Bélanger, 1998;

Rondeau et al., 2001; Vidal, 2005). C’est

accepter qu’il y ait plusieurs causes différentes,

comme les plantes ont plusieurs racines!

La plupart du temps, les couples que je reçois en

consultation pâtissent de leurs mauvaises

relations et éprouvent de la culpabilité à faire

souffrir l’autre. Même si ces personnes, dans les

meilleurs cas, connaissent la différenciation des

sexes et certaines techniques de communication,

elles ignorent l’origine inconsciente de leur

souffrance. Il s’agit, la plupart du temps, d’une

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 19

Articles Articles Articles Articles Articles Articles Articles

non-rencontre de deux enfances inachevées,

échouées sur une même plage, dont je

suis témoin.

La thérapie de couple systémique, juxtaposée à

l’approche psychanalytique, permet de saisir

l’interdépendance des partenaires dans le

système conjugal, de même que les aspects

développementaux, pour que chacun puisse se

réapproprier la part qui lui revient dans

l’escalade de la violence. Nous intervenons sur

l’ensemble des éléments d’un tout, tout en

intervenant sur quelques-unes de ses parties.

Elle permet ainsi de l’aborder sous un angle

autre que celui d’un seul bourreau et d’une

seule victime, et d’offrir un traitement équitable,

que l’on soit homme ou femme.

Les contre-indications de l’approche systémique

L’agressivité en tant qu’émotion n’est pas

condamnable. Ce qui l’est, c’est de la traduire

par des comportements violents. Il est important

ici de se rappeler que le blâme et la

responsabilité sont deux entités différentes. Si le

thérapeute du couple ne blâme personne, il se

doit parfois d’obliger celui ou celle qui adopte

des comportements pervers à faire face à sa

situation et à choisir les moyens pour y

remédier, surtout quand la violence conjugale

augmente. On peut bien se demander comment

certaines femmes vivent leurs pulsions

agressives « par procuration », en faisant éclater

la colère de leur conjoint (et du thérapeute!),

innocentées par leur sexe féminin. Toutefois,

dans d’autres situations, je ne peux nier que la

victime de « terrorisme conjugal », la plupart du

temps une femme, n’a pas d’autre choix que

de subir. À ce titre, je rejoins la pensée de

Marie-France Hirigoyen (1998), qui écrit

que « résister à l’emprise, c’est s’exposer à la

haine » (p. 117). Chez le réel pervers, la

culpabilité est inexistante et les tactiques de

domination sont sournoises et niées. Le conflit

honnête est impossible. Il a des cailloux plein la

bouche et ne paraît jamais beaucoup souffrir. Si

la victime réagit, elle est génératrice du conflit.

Si elle refuse de réagir, la destruction s’ensuit.

Nous pourrons ultérieurement nous demander

où tirer la ligne dans ce jeu de la surenchère

des défenses perverses, risquant peut-être de se

terminer par la « reddition du moins pervers des

deux » (Hirigoyen, 1998). Dès lors, on

comprendra que la prudence s’impose devant

de telles situations de dangerosité, que celles-ci

soient physiques ou émotionnelles. Même si

l’agression physique est souvent le baromètre de

la violence, la dimension de méchanceté chez le

pervers narcissique qualifie l’agression verbale

et psychologique. Quand la haine est montrée,

que l’autre est acculé, que l’irresponsabilité est

maintenue, nous devons nommer la perversion

et sortir du cadre systémique qui suggère

d’emblée qu’il n’y a qu’une relation pathologique,

car le risque est de faire perdre de vue

la protection de l’individu (Hirigoyen, 1998).

L’auto-référence du thérapeute

Pour terminer, je dirais que la compétence, la

vigilance et le degré « d’acceptation » du

thérapeute sont les éléments clés, ce qui

m’amène à faire mention de la dimension

autoréférentielle (contre-transfert) du psychothérapeute

conjugal dans un contexte de

violence. Nous sommes indubitablement conviés

au dévoilement de notre rapport à l’agressivité

dans la rencontre avec un couple aux prises avec

une dynamique de violence. En effet, il n’existe

rien qu’on ne puisse rencontrer chez l’autre que

nous ne portions potentiellement en nousmêmes,

hommes et femmes, et les enjeux sont

grands. La culpabilité, la honte, la colère, voire

la confusion, sont au rendez-vous des rendezvous

de nos clients. Cette confusion peut être le

reflet de notre propre ambivalence relativement

à notre agressivité et mérite d’être

scrupuleusement scrutée, surtout lorsque

certains « contes » de nos clients ravivent des

expériences personnelles douloureuses. Tant le

bourreau que la victime qui dort en nous peut se

manifester, et ce, sans appel d’offre! Il suffit

d’observer nos attitudes complaisantes ou

retranchées, motivées par nos peurs et notre

hostilité. Quelle que soit l’approche

thérapeutique, la plupart des thérapeutes

éprouvent d’énormes difficultés à gérer les

tensions interpersonnelles (critique, hostilité,

retrait, évitement), tandis qu’une minorité

parvient à intervenir de façon pertinente dans de

telles situations (Binder et Strupp, 1997, cités

dans Lecomte, 2005). Sans cette connaissance

approfondie de notre rapport à la violence, nous

risquons à notre tour de faire collusion. J’invite

donc les intervenants qui travaillent auprès des

couples à réfléchir sur leur rapport à la colère, à

l’agressivité et à la violence et à s’ouvrir à toute

cette complexité, car celle-ci offre des pistes

pour sortir des rôles prédéterminés permettant

ainsi de mieux saisir la violence entre les

conjoints en vue de pouvoir l’éradiquer.

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20 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Partenariat Partenariat Partenariat Partenariat Partenariat

Le 12 février 1980, le Groupe de

Recherche Clinique en Sexologie

(GRCS) a obtenu, par le conseil

d'administration de l'UQÀM, un statut

institutionnel équivalent à un

laboratoire de recherche. Le GRCS

avait comme objectif de devenir un

centre de formation pour les étudiants

et étudiantes de deuxième cycle en

sexologie et d'offrir un service de

consultation clinique à la collectivité. À

l'époque, une équipe multidisciplinaire

constituait l'équipe fondatrice du

GRCS. Dès 1981, l'équipe s'était

enrichie : Jean-Pierre Trempe

(psychanalyse), Raymond Amyot

(gynécologie), Claude Crépault

(criminologie), Édouard Beltrami

(psychiatrie), Michel Lemieux

(conseiller matrimonial), Jules Bureau

(psychologie), André Dupras (sciences

politiques), Jean-Yves Desjardins

(psychologie). Si vous avez complété

vos études de maîtrise au début des

années 1980, vous avez peut-être fait

une partie de vos stages cliniques à

l'UQÀM.

En 2006, le doyen de la faculté des

sciences humaines a procédé à

l'inauguration officielle de la Clinique

de sexologie de l'UQÀM. Plusieurs

milieux de stage externe nous ont

souligné que la compétition était de

plus en plus importante lorsque venait

le temps d'accepter des stagiaires. En

effet, d'autres disciplines académiques

préparent maintenant leurs stagiaires

pour les stages externes en leur

proposant dans leur curriculum de

faire au préalable un stage interne. La

Clinique de sexologie de l'UQÀM vise

précisément à améliorer la qualité des

stages cliniques, à développer un

processus de supervision clinique avec

des outils plus adéquats, à favoriser la

recherche clinique, à mettre sur pied

un service de consultation accessible à

la communauté et à stimuler les

échanges cliniques et de recherche

avec différents partenaires (CHUM,

Centre universitaire de santé McGill,

organismes communautaires). Grâce à

un très bon appui de la direction du

département de sexologie et de tous

les collègues du département, le projet

prend forme et se développe. La

Clinique de sexologie de l'UQÀM fera

partie des moyens qui seront prévus

dans la réforme de la maîtrise afin

d'améliorer la formation professionnelle

des sexologues.

La Clinique de sexologie de l'UQÀM

accepte des demandes de consultation

en individuel ou en couple. Les

stagiaires peuvent recevoir des gens

qui présentent des dysfonctions

sexuelles, des paraphilies (non

judiciarisées) et des troubles de

l'identité sexuelle. Les demandes

seront évaluées par le coordonnateur

de la clinique. Si la demande est

retenue, elle sera dirigée vers un

stagiaire qui prendra en charge la

demande. La clinique est actuellement

en train de considérer la possibilité que

le « dossier client » soit informatisé. Les

différents produits offerts sur le

marché sont actuellement évalués.

L'informatisation des dossiers dès les

premières années de fonctionnement

de la clinique permettrait de faciliter la

recherche clinique. Vous pouvez aussi

sûrement imaginer que la classification,

la localisation et la conservation des

dossiers seraient facilitées.

Les clients peuvent téléphoner

directement au 514 987-3000 poste

4453. Pour l'instant, le tarif horaire a

été établi à 10 $ ou 15 $ par entrevue.

Les honoraires sont versés totalement à

la clinique pour assurer son

fonctionnement. Les stagiaires sont

supervisés par des superviseurs

externes reconnus par le département

de sexologie. Les étudiants et les

étudiantes peuvent faire leurs stages

dans toutes les approches enseignées

durant leur formation clinique. Les

stages débutent en septembre et se

terminent en avril. Au total, la durée

maximale du stage est de 30 semaines.

Les premières stagiaires ont été

rencontrées et elles ont bien hâte

d'accueillir leur premier client. Alors, si

vous croisez des personnes qui ne

peuvent pas défrayer les coûts d'une

sexothérapie, pensez à la possibilité de

les référer à la Clinique de sexologie de

l'UQÀM (514 987-3000 poste 4453).

Vous viendrez en aide aux clients et

vous contribuerez à la formation de vos

futurs collègues.

Clinique de sexologie de l’UQÀM

Par Michel Goulet, directeur des études avancées et Josée S. Lafond, directrice du département

Les administrateurs de l'ASQ dans une session de travail pour la

refonte du site Web.

UN NOUVEAU SITE WEB

L'ASQ travaille présentement à

la refonte et à la mise à jour de

son site Web. Les membres et le

public pourront y avoir accès

dans quelques semaines.

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 21

Quoi de neuf à l’ASQ? Quoi de neuf à l’ASQ?

Lors de l'AGA de mai dernier, les

sexologues membres de l'ASQ

adoptaient les conclusions du rapport

déposé par le Comité de planification

stratégique pour l'année 2005-2006. Le

comité, sous la direction de Michel

Lemieux et de Michel Couture,

consultant externe, était formé de

Michel Goulet, Annie Fournier et

Cécile M. Barcelo. Ce plan énonce

clairement la mission, les valeurs et la

vision que l'ASQ se donne en vue de

promouvoir son développement et son

rayonnement au sein de la société

québécoise dans les années à venir.

Vous trouverez ci-dessous les grandes

lignes du premier volet mis de l'avant

par le Comité de planification

stratégique.

Les membres ont appuyé l'énoncé de

mission, de valeurs et de vision selon

les résultats suivants :

88 % pour la mission

94 % pour les valeurs

97 % pour la vision et les 6 axes

d'activités

97 % pour une structure minimale et

flexible

100 % de satisfaction si l'ASQ se dote

de cette mission, de ces valeurs et de

cette vision.

Au cours des mois à venir (mandat 2006-

2007), l'ASQ se propose d'articuler le

deuxième volet du plan stratégique qui

portera sur les buts, les objectifs, les

politiques, les stratégies et les

échéanciers à respecter pour concrétiser

le plan stratégique dans sa globalité. Ce

deuxième volet fera également l'objet

d'une consultation auprès des membres

au printemps 2007.

Voici dans les grandes lignes le

contenu de la proposition.

NOTRE MISSION.

« Centrée sur ses membres, l'ASQ vise

à maximiser la pratique professionnelle

des sexologues, en leur

procurant des services efficients et sur

mesure ».

NOS VALEURS

• Participation

L'ASQ suscite et encourage la plus large

participation de ses membres.

• Transparence

L'ASQ gère de façon à ce que ses

décisions, ses pratiques et son

fonctionnement puissent être connus

et reconnus de ses membres.

• Partenariat

L'ASQ suscite et encourage les

partenariats avec toute organisation ou

tout groupe susceptible de soutenir sa

mission et de favoriser son

rayonnement aux plans local, régional,

national et international.

• Équité

L'ASQ traite les demandes et les

besoins de ses membres équitablement,

sans discrimination.

• Intégrité éthique

L'ASQ soutient un agir professionnel

empreint d'une intégrité éthique, en

encourageant ses membres à tenir

compte des conséquences de leur agir

professionnel sur l'ensemble des

personnes impliquées, et en

conformité avec la mission, les valeurs

et la vision de l'ASQ.

NOTRE VISION

• une association centrée sur ses

membres (par et pour ses membres)

• un environnement qui favorise la

participation de ses membres

• une organisation qui soutient et

valorise ses bénévoles

• une organisation flexible

• qui s'articule autour de six axes

d'activités :

1. Développement du réseau

interne

Établir et entretenir un système de

réseautage entre les membres afin de

développer un sentiment puissant

d'identité, de partage et d'appartenance

au groupe des sexologues,

tout en favorisant l'implication créative

des bénévoles dans les différents

projets de l'ASQ.

2. Formation continue

Maintenir à jour la qualité du travail

professionnel de nos membres. À cette

fin, et dans le but de maximiser la

qualité des services offerts au public,

l'association stimulera et encouragera

le perfectionnement et la formation

continue de ses membres afin de les

maintenir à la fine pointe des standards

les plus rigoureux d'intervention issus

de la recherche en psychothérapie et

en sexologie clinique. Le programme

de perfectionnement sera enrichi, les

formations plus fréquentes et diverses

formules seront étudiées dans le but de

répondre au plus large éventail possible

de besoins et de disponibilités : session

de week-end, déjeuners-conférences,

formation en semaine, à la demijournée,

etc.

3. Aide à la pratique

Offrir des services et des outils à nos

membres en vue de démarrer et de

maintenir une pratique privée de

qualité. À cette fin, un service

d'encadrement professionnel « multiaxial

»— supervision; parrainage par

les anciens; bureau de conseils

éthiques et déontologiques; protocole

disciplinaire avec bureau du syndic et

comité de discipline; session de perfectionnement;

lien privilégié avec les

universités; conférences et ateliers de

formation disponibles sur le site

Internet — viendront soutenir les

sexologues dans leur pratique, tout en

améliorant la qualité des services

aux clients et la protection offerte

au public.

4. Relations publiques

Représenter les membres sur la place

publique. À cette fin, l'ASQ entend

faire la promotion de la profession, des

sexologues et de l'association :

• en développant une visibilité accrue

dans les médias

• en collaborant activement avec les

recherchistes et les différents médias

Plan stratégique : mission, valeurs et vision de l’ASQ

Par Cécile M. Barcelo

22 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

Quoi de neuf à l’ASQ? Quoi de neuf à l’ASQ?

• en distribuant largement la revue

Sexologie Actuelle

• en formant nos membres en vue

d'assurer une présence plus efficace

et plus dynamique dans les médias

• en prenant position dans les grands

débats de société touchant de près

les problématiques à caractère sexuel

• en multipliant la présence de l'ASQ

aux congrès et aux colloques

• en développant des campagnes de

commandites et de promotions ayant

pour but de nous faire connaître et

de nous faire respecter du public et

des autres groupes professionnels.

5. Création de partenariats

Développer des ententes et des projets

de collaboration avec des groupes

externes pour favoriser notre

expansion et assurer l'atteinte de nos

objectifs corporatifs. À cette fin, l'ASQ

met de l'avant des politiques favorisant

les partenariats avec tout groupe,

société, corporation, ordre

professionnel ou université en vue de :

• stimuler les échanges et les

collaborations avec les communautés

scientifiques québécoise, nationale et

internationale

• favoriser des projets communs

susceptibles d'assurer une visibilité

accrue et de maximiser l'éventail et la

qualité des services offerts aux

membres

• promouvoir l'expansion des

sexologues et de la sexologie

• développer des collaborations et

des échanges interprofessionnels

lorsque nos intérêts professionnels

convergent.

6. Développement de la profession

Stimuler et développer une réflexion

critique sur la pratique. À cette fin,

l'ASQ entend :

• faire connaître les nouveautés

concernant la pratique sexologique

• collaborer activement avec la

communauté scientifique

• encourager les sexologues à exercer

un regard critique autant sur les

pratiques sexologiques généralement

reconnues au sein de la profession

que sur les nouvelles approches

mises de l'avant par la communauté

scientifique

• recenser, critiquer et mettre en

valeur les expertises crédibles

acquises sur le terrain depuis les

débuts de la profession, tant au

Québec qu'à l'étranger

• favoriser les échanges critiques et

constructifs entre pairs

• stimuler les discussions philosophiques

sur le devenir de la

sexologie et sur le rôle social qu'elle

occupe

• encourager la réflexion sur les

valeurs sexuelles à mettre de l'avant

dans le cadre de la pratique

sexologique.

Vous avez sans doute remarqué le nouveau logo de

l'Association des sexologues qui apparaît sur la page

couverture de la revue Sexologie Actuelle. La fleur est

sans doute l'archétype le plus

fréquemment utilisé pour

représenter la sexualité. Tous les

éléments que l'on retrouve dans la

nature sont nécessaires pour

permettre son épanouissement : la

terre nourricière remplie d'oligoéléments,

l'eau sans laquelle aucune

vie n'est possible, l'air (l'oxygène)

pour qu'elle puisse respirer, le soleil

pour sa lumière et son élévation vers

le ciel.

La fleur symbolise à la fois l'amour, la connaissance, la

croissance, la passion et l'épanouissement. Or, la fleur

avec ses rondeurs et ses courbes symbolise

visuellement davantage le féminin et nous voulions

que notre logo représente une vision équilibrée du

féminin et du masculin en plein « devenir ». Nous

avons donc opté pour un symbole épuré, plus

androgénique, qui suggère à la fois une nouvelle vie,

l'énergie dynamique et la vitalité de la jeunesse. Nous

voulions aussi y voir la symbolique des lettres A, S et Q

qui sont les initiales de l'association. Nous avons

finalement choisi une feuille, puisque le pourtour

permet de représenter la lettre A

manuscrite. La nervure symbolise le S

de sexologue, tandis que la tige de la

feuille suggère la lettre Q. Un symbole

est une image qui suggère, qui inspire,

qui fait appel à notre imaginaire plutôt

qu'elle ne révèle de manière explicite.

Finalement dans un symbole, on y voit

bien ce que l'on veut y voir. La beauté

est d'abord dans l'oeil de celui qui

regarde. Quelques-uns y voient une

flamme. Et pourquoi pas? La flamme n'est-elle pas

également un symbole d'énergie, de lumière, de

chaleur, de passion? Nous voyons dans le symbole un

reflet d'une partie de nous-mêmes et de nos

aspirations. Ce logo représente un véritable processus

d'accouchement de notre vision, qui se veut pleine de

promesses pour notre avenir professionnel. Nous

espérons que ce symbole vous révélera une belle

partie du « NOUS » collectif de notre association.

Cécile M. Barcelo, présidente

Le nouveau logo

SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1 23

Ça bouge Ça bouge Ça bouge Ça bouge Ça bouge Ça bouge

PROGRAMME DE FORMATION OFFERT PAR L'ASQ

SAISON 2006-2007

1 - Les troubles douloureux et la physiothérapie

Vendredi 24 novembre 2006, de 9 h 30 à 16 h Avant le 3 novembre Après le 3 novembre

Membres ASQ 120 $ 150 $

Membres étudiants ASQ 70 $ 100 $

Membres partenariat 142 $ 172 $

Non-membres 170 $ 200 $

2 - Gestion d'un cabinet privé

Samedi 3 février 2007, de 9 h 30 à 16 h Avant le 22 décembre Après le 22 décembre

Membres ASQ 120 $ 150 $

Membres étudiants ASQ 70 $ 100 $

Membres partenariat 142 $ 172 $

Non-membres 170 $ 200 $

3 - Trouble du désir et compulsivité sexuelle

Vendredi 23 mars 2007, de 9 h 30 à 12 h 30 Avant le 9 février Après le 9 février

Membres ASQ 60 $ 90 $

Membres étudiants ASQ 35 $ 65 $

Membres partenariat 70 $ 100 $

Non-membres 85 $ 115 $

4 - Le contre-transfert du thérapeute (…)

Samedi 14 avril 2007, de 9 h 30 à 16 h Avant le 2 mars Après le 2 mars

Membres ASQ 120 $ 150 $

Membres étudiants ASQ 70 $ 100 $

Membres partenariat 142 $ 172 $

Non-membres 170 $ 200 $

MEMBRES PARTENARIAT

• Le Regroupement professionnel des sexologues (RPSQ)

• L'Institut canadien de sexoanalyse et l'Institut international de sexoanalyse (ICS-IIS)

• L'Institut sexocorporel international (ISI)

24 SEXOLOGIE ACTUELLE - volume XV, numéro 1

08:10 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

14/10/2006

Offrir des stages en sexo

ADES

Association sans but lucratif des diplômés et enseignantsen sciences de la famille et de la sexualité

Enjeux famille, sexualité, conjugalité

Rue du chevalet 16, B-1348 Louvain-la-Neuve

Tél. 010 68 89 81  Fax 010 68 01 09e-mail : colette.jadot@win.be    CCP: 000-1513647-59

 

 

Si nous voulons une offre de compétences en sexologie il nous faut fournir aux étudiants en plus de leur savoir et de leur culture sexologique dispensée à l'Université, des lieux d'expérience professionnelle en situation réelle de consultation.  Colette attend nos propositions.

 

Objet : la formation pratique des sexologues cliniciens

 

Madame, Monsieur,

 

Notre démarche auprès de vous vise un double objectif dont l’urgence est chaque jour reflétée par l’actualité.

 

Au vu des changements de statut des partenaires du couple et de la prolifération des images et situations à caractère sexuel invitant à la transgression des limites sociales et légales, les sexologues sont doublement sollicités : non seulement comme cliniciens, formateurs et éducateurs mais aussi comme experts auprès des tribunaux.

 

Les tâches et les responsabilités sont sérieuses. La formation des sexologues est donc primordiale.

 

Dans la plupart des consultations individuelles ou de couple la problématique sexologique est souvent présente et essentielle.

Les attentes, les craintes et les nécessités de formation pratique des stagiaires se situent de prime abord au niveau du contact, de la qualité relationnelle et d’écoute dans laquelle s’inscrira l’approche méthodologique relevante.

Les perspectives de stages peuvent donc être plus « généralistes » que la stricte demande sexologique ce qui en accroît nettement le champ.

 

En ce qui concerne le cas particulier des étudiants du certificat universitaire en sexologie clinique organisé par l’Institut des sciences de la famille et de la sexualité (IEFS) de l’UCL les exigences de stages portent sur 30h/année. L’étudiant recherche lui-même une proposition de stage qui doit être approuvée par le comité organisateur.

La supervision des stages est assurée par les cadres du certificat de l’IEFS.

 

Nous venons donc vous solliciter pour que, malgré les difficultés inhérentes, vous acceptiez d’envisager avec nous la meilleure manière de répondre aux nécessités de formation pratique de ces étudiants.

 

Nous serions heureux de pouvoir convenir avec vous d’une date de rencontre pour mieux connaître votre point de vue sur cette problématique qui nous tient à cœur.

 

Dans l’espoir de vous lire nous vous présentons nos meilleures salutations,

 

Pour le conseil d’administration de l’ADES

Colette Jadot, secrétaire du conseil d’administration de l’ADES

15:12 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/09/2006

 

Qu’est-ce que l’ADES ?

L’ADES a été fondée par des professeurs et des licenciés en sciences de la famille et de la sexualité des l’UCL.

Selon ses statuts parus au Moniteur belge le 13.O3.97 ; l'association des diplômés et enseignants en sciences de la famille et de la sexualité a pour objet:

 « De favoriser la réflexion anthropologique au sens large et les pratiques préventives et curatives ayant pour préoccupation la famille et la sexualité, notamment:

1° de promouvoir une convergence entre professionnels, entre ces professionnels et les universités et les institutions officielles et organismes spécialisés, notamment

- par des activités de formation permanente et de recherches multidisciplinaires (séminaires, colloques, publications...)

- par la voie d'un bulletin reprenant des questions posées par la pratique et par la recherche; informant sur les initiatives de recherche et de formation permanente (séminaires, conférences, colloques, publications...) et sur les possibilités de stage et d'insertion professionnelle etc.

2° de  promouvoir et faire reconnaître la spécificité des formations et diplômes universitaires en sciences de la famille et de la sexualité [1] dans ses diverses orientations. »



[1] ou titre(s) assimilé(s)

23:03 Écrit par Michel Amand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |